Togo : Le pouvoir donne un coup de relance au processus Cvjr


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Fruit du hasard ou expression d’une volonté de redonner une chance au processus de réconciliation nationale, le gouvernement vient de relancer la mise en œuvre des recommandations de la CVJR. Une relance qui intervient au moment où la société civile interpelle le Chef de l’Etat sur la question.

Le gouvernement a tenu ce jeudi (au lieu de mercredi d’ordinaire) un conseil des ministres au cours duquel d’adopté, l’avant projet de « Livre blanc » relatif aux recommandations de la Commission ‘Vérité, justice et Réconciliation). « Le Livre blanc permettra de rendre encore plus opérationnelle la mise en œuvre des recommandations de la CVJR car il en énumère les acteurs, indique les mesures urgentes et les mesures symboliques et apporte des précisions utiles, le cadre institutionnel de cette mise en œuvre ainsi que les partenaires techniques et financiers impliqués », explique le communiqué sanctionnant le conseil des ministres.

L’adoption du « Livre blanc » intervient deux ans, jour pour jour, après la remise officielle par la CVJR au Chef de l’Etat. Faure Gnassingbé s’était engagé à créer le Haut-commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale (HCRRUN), dont la mission sera de « procéder à la mise en œuvre des recommandations et du programme de réparation préconisé par la CVJR ». La Commission présidée par Mgr Nicodème Barrigah avait rendu un rapport assorti de 68 recommandations majeures. Hormis la publication du premier volume, trois autres volumes qui devraient faire la lumière sur les crimes, ne sont toujours pas publiées.

A ce jour, les membres du HCRRU ne sont pas encore nommés, ce qui provoque la réaction des organisations de la société civile. En effet, la Plateforme Citoyenne Justice et Vérité (PCJV), a adressé ce jeudi 03 avril 2014, une lettre ouverte au Président de la République Faure Gnassingbé. Dans cette correspondance, elle se félicite des initiatives déjà prises en vue de la mise en œuvres des recommandations de la CVJR, mais à « rappeler que les victimes attendent réparation et apaisement car les différents acteurs sont unanimes à dire que la vérité, un des piliers de la justice transitionnelle, n’est que partiellement connue à ce jour ; en outre, les trois autres piliers que sont la justice, la réparation et la garantie de non répétition tardent aussi à se traduire dans les faits ».

La PCJV a vivement recommandé au Chef de l’Etat :

– La publication rapide de Livre Blanc censé traduire l’appropriation par le gouvernement, des recommandations de la CVJR et tracer le chronogramme pour leur mise en œuvre ;
– la nomination des membres du HCRUUN et son opérationnalisation ;
– la création d’un fonds d’aide à la réconciliation afin d’octroyer aux victimes identifiées et recensées par la CVJR une justice et équitable réparation ;
– l’adoption des réformes institutionnelles et constitutionnelles par l’ensemble de la classe politique et sous votre (Faure Gnassingbé) impulsion, pour poser les bases du renouveau et de la revitalisation des institutions consensuelles de garantie de l’Etat de droit au Togo.

Le même jour où la PCJV adressait cette lettre ouverte à Faure Gnassingbé , le conseil des ministres a donné une réponse favorable au premier point relatif au Livre Blanc. Restent les autres points dont la mise en œuvre des réformes dont l’approche divise profondément la classe politique.

Créée en 2009, en 2009 pour faire la lumière sur les violences politiques qu’a connues le Togo de 1958 à 2005, la CJVR a officiellement terminé sa mission le 03 avril 2012, date à laquelle elle a officiellement remis son rapport au Chef de l’Etat.

 
koaci