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La carrure et le leadership d’un dirigeant s’apprécient à l’aune des périodes difficiles ou des malheurs qui frappent son pays. Crise économique, catastrophes naturelles, acte criminel d’ampleur, attentats terroristes, sont des occasions pour des responsables politiques et autres gouvernants de prouver leur capacité à être à la hauteur de leurs fonctions.
 
Depuis bientôt deux semaines, le Togo traverse une situation apocalyptique marquée par une série d’incendies des marchés et autres habitations privées. Tout a commencé le 10 janvier par l’incendie du grand marché de la ville de Kara qu’on avait dans un premier temps cru accidentel. Faure Gnassingbé s’était précipité sur les lieux, juste pour contempler les dégâts. Moins de deux jours plus tard, le grand marché de Lomé, le plus grand et le plus important du Togo de par son poids économique est à son tour ravagé par les flammes. Au-delà des pleurs et des malheurs de ces femmes qui ont tout perdu, c’est tout le système économique du pays qui prend un sérieux coup. Une tragédie d’une telle ampleur ne peut laisser un dirigeant sérieux et responsable indifférent.
 
Mais depuis une dizaine de jours que le grand marché de Lomé est parti en fumée, pas la moindre apparition du jeune monarque sur les lieux du drame, pas de discours, pas de Conseil des ministres extraordinaire, pas de sanctions contre les premiers responsables en charge des marchés. Le Prince bien aimé n’a que faire des douleurs de ces femmes dont la plupart sont des militantes de l’opposition. La preuve, baladées à gauche et à droite, ces femmes ont été surprises de se voir demander dans les locaux de la Gendarmerie nationale, alors qu’elles ont été invitées pour se faire recenser, si elles voteront Fabre ou Faure aux prochaines élections. C’est cynique, le traitement qu’on réserve à ces pauvres dames, désormais à la merci de la précarité. Notre Prince national est au couvent. Depuis son sanctuaire, il compatit à la douleur de ses compatriotes par des tweet et les fameuses « instructions fermes » que peinent à matérialiser ses serviteurs. La seule maladie dont souffre Faure Gnassingbé aujourd’hui a pour nom l’agoraphobie, lui qui a pourtant été « brillamment » élu à la présidentielle frauduleusement claire du 4 mars 2010 à plus de 60% des suffrages.
 
Un vrai paradoxe ! Le jeudi dernier, il était annoncé pour l’ouverture du colloque international de la Fondation Pax Africana du Premier ministre Edem Kodjo. Pendant que le dispositif sécuritaire de la Présidence a été mis en place, le Prince a renoncé à se présenter sur les lieux, ordonnant à sa sécurité de replier. Le week-end dernier, s’est tenu un important sommet de la CEDEAO sur la situation militaire au Mali. Le chef de l’Etat togolais qui se trouve être le premier à envoyer des soldats de notre pays dans la guerre du Mali sans l’autorisation de l’Assemblée Nationale, comme le prévoit l’article 72 de la Constitution, a brillé par son absence à cette importante rencontre d’Abidjan. Pourquoi Faure Gnassingbé, le miraculé d’Israël se replie-t-il sur lui-même et refuse-t-il de parler à son peuple en détresse ?
 
Pourquoi est-il si sourd lorsqu’on a besoin de lui ? Il est temps qu’il sorte de son Palais pour faire face à la dure réalité des évènements qui endeuillent le pays. Se barricader dans son Palais n’est pas la solution, et nous sommes d’accord avec le regretté Ouyi Tassane lorsqu’il disait : « Un chef qui n’a pour trône qu’un rocher et pour royaume un coin dans le maquis, combien de temps restera-t-il caché ? ». Nous espérons que Faure Gnassingbé n’est pas devenu un Président fantôme, comme l’ironise un internaute sur tweeter : « Les Zangbéto sortent la nuit, même parfois le jour, mais Faure Gnassingbé, c’est carrément l’homme invisible.
 
Ferdinand AYITE
 
source : lalternative-togo
 

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