Togo : Présidentielle 2020 et appel à une stratégie commune de l’opposition, les Togolais vous observent

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Extrait de La Une de L’Alternative No.858 du 21 janvier 2020
Extrait de La Une de L’Alternative No.858 du 21 janvier 2020
Extrait de La Une de L’Alternative No.858 du 21 janvier 2020

La Cour constitutionnelle a validé la semaine dernière la liste des candidats qui doivent prendre part à la présidentielle du 22 février 2020. Sept candidats dont 6 de l’opposition et un du parti au pouvoir sont retenus pour la compétition. Faure Gnassingbé, en quête d’un 4è mandat après 15 ans de règne et 38 ans de son père, s’est donné tous les moyens de verrouiller le dispositif électoral. La CENI, la structure chargée d’organiser les élections est entièrement sous son contrôle. La Cour Constitutionnelle, incomplète donc illégale, selon certains acteurs de la société civile, est également aux mains du régime.

Il faut ajouter le fichier électoral qui est totalement bidouillé depuis les dernières élections législatives. Le pouvoir en place s’oppose à toute observation électorale indépendante, notamment venant de l’UE, de l’OIF, de la société civile ou de l’Eglise catholique. En lieu et place, il préfère les observateurs alimentaires de la CEDEAO, de l’UA, de l’UEMOA qui sillonnent certains pays avec un rapport préfabriqué avant même la tenue du scrutin. Il faut ajouter à tout ceci le rôle de l’armée qui est le socle même du régime RPT /UNIR. Depuis plusieurs mois, certaines villes de l’intérieur du pays sont quasiment en état de siège avec les bastonnades, les arrestations arbitraires, les intrusions dans les domiciles dans le silence total. Le pouvoir de Faure Gnassingbé s’est opposé à toute idée de réforme du cadre électoral pouvant garantir la transparence du scrutin.

C’est avec ce système électoral totalement verrouillé par le pouvoir que 6 candidats de l’opposition se lancent dans la course. Agbeyome Messan Kodjo, le candidat désigné par Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, Jean-Pierre Fabre de l’ANC, Komi Wolou du PSR, Tchassona Traoré du MCD, Dr Georges Kuessan du parti Santé du Peuple, Aimé Tchaboré Gogué de l’ADDI sont les candidats de l’opposition qui affrontement Faure Gnassingbé. Un combat à 6 contre 1 avec l’ensemble des conditions du jeu fixées et controlées par le candidat du régime. Face à cette réalité, plusieurs acteurs politiques, leaders d’opinion invitent les 6 candidats de l’opposition à se mettre ensemble pour définir une stratégie commune face au candidat du régime.

L’ancien ministre de l’Intérieur, Me François Akila-Esso Boko, empêché de rentrer au pays par le régime mais qui garde toujours un œil sur l’actualité politique, s’est adressé aux candidats de l’opposition via Tweetter : « En invalidant les candidatures des 2 faux-nez du RPT/UNIR, le régime vient d’offrir une chance historique au peuple pour faire bouger les lignes et obtenir les meilleures conditions de transparence et le cas échéant une transition pour l’avancement de la démocratie au Togo. Je convie d’urgence les six (06) candidats de l’opposition démocratique à un conclave en vue de définir les meilleures stratégies face à cette situation. Que les acteurs de la société civile et le peuple togolais tout entier accompagnent et imposent une dynamique unitaire pour le succès d’une telle démarche». Cet appel pressant à un sacrifice de soi pour s’entendre sur l’essentiel afin de mettre en difficulté le pouvoir sera-t-il entendu par les 6 candidats de l’opposition ou l’estime de soi, l’égoïsme, la jalousie, etc. vont prendre le dessus?

En politique, comme dans la guerre, le leader est celui qui transforme les pièges de l’adversaire en opportunité de victoire afin de déjouer tous les plans. Bien que de nombreux Togolais estiment que le pouvoir fera tout pour forcer le passage et déclarer Faure Gnassingbé vainqueur au premier tour, ils sont aussi nombreux à être convaincus qu’il existe une possibilité pour l’opposition de déjouer le plan du pouvoir. La balle est donc dans le camp des six candidats de l’opposition, et les Togolais qui désirent depuis des lustres une alternance au sommet de l’Etat les observent.

Source : L’Alternative No.858 du 21 janvier 2020

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