Togo, Projecteurs sur un gang dangereux : Attila Mawuko, un larron prédateur des terres à zanguera

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L’escroc Attila Mawuko | Photo : MMK
L’escroc Attila Mawuko | Photo : MMK


Depuis l’année 2012 un gang de prédateurs de parcelles de terres sévit dans la localité de Zanguera. La zone des rapines du gang couvre précisément le lieu dit Wugome, situé du côté ouest de la voie Lomé-Kpalimé entre le grand magasin de matériaux de construction Maco et la route non bitumée près du marché de Zanguera allant vers Ségbé. Le chef connu du gang est le nommé Attila Mawuko. Il traite en sous main avec un autre petit chef de gang nommé Issifou Mitan.
L’escroc Attila Mawuko | Photo : MMK
 

Un greffage fictif et crapuleux du faux sur du vraisemblable

 
1 – Le Vraisemblable
 
Il existe dans la localité de Wugome à Zanguera un litige foncier vieux de 38 ans, il date de 1978. Le Litige oppose la collectivité Attila Gah à la collectivité Atandji Djisseko. L’objet du litige est un domaine unique et compacte en un seul morceau de 6 hectares. L’affaire a été introduite en justice depuis 1978 et a connu différents jugements, appels, renvois et reprises. En notre connaissance, la décision la plus récente concernant cette affaire est un arrêt de justice provisoire datant de 2014 (arrêt No 209/2014 du 11/09/2014) qui donnerait droit de propriété à la collectivité Attila Gah sur ce domaine bien défini, identifié et délimité de 6 Hectares.
 
Mais cette décision de justice est toujours dénoncée comme injuste et contestée par l’adversaire, la collectivité Atandji Djisseko, qui occupe les lieux depuis plus 38 ans et refuse de se plier à la décision présente de justice qui l’enjoint de déguerpir. Elle croit que cette décision fait entorse à l’histoire réelle et à la vérité ancestrale connue de toute la communauté Aflawu jusqu’à Sagbado, Ségbé, Gakli et Djidjolé.
 
Au stade actuel du litige, les mandataires de la collectivité ATTILA Gah requérante sont Mrs Attila Koami et Attila Yao. Du côté des adversaires le mandataire est Mr Atandji Djisseko Kini.
 
Les Avocats Maitre Gahoun Hegbor, Me Devotsou Koffimessa et Me Sodji Ahliba ont plaidé dans ce dossier. Des huissiers tels que Deckor Dzidjonou et autres, des juges et des notaires tournent et retournent autour du dossier. De nouveaux avocats se substituent aux anciens dans le même dossier au fil des temps.
 
Les chefs coutumiers tels que Akama Eklu Missadji de Wugome Dekpor et Innocent Semekonawo (chef canton) de Sagbado, le chef Djidjolé (en partie) sont de grands acteurs témoins dans le litige pour avoir jugé cette affaire à plusieurs reprises dans des audiences coutumières. A présent ces chefs coutumiers semblent moralement et techniquement dépassés par les faits et n’arrivent pas à rendre justice à qui de droit. En audience, ils trouvent des manières pour laisser les séances en suspension sans rien décider ou rien signer malgré des procès verbaux dûment dressés.
 
Le dossier a pris des ramifications inquiétantes et a faits beaucoup de victimes innocentes déjà. Des dépossédés rendus misérables, des traumatisés physiques sont nombreux. Le drame continue, et si rien n’est fait dans l’immédiat, il y aura plus de débordements. De grands méfaits irréparables risquent fort d’être commis. Cette querelle née d’un fait historique familiale ordinaire et vraisemblable, il y a près de 50 ans, crée de réelles victimes innocentes avec des dommages irréparables dans le présent sans trouver une solution adéquate.
 
2 – Le faux
 
Le faux qui vient se greffer sur cette affaire complexe mais soluble est qu’un jeune adulte de la collectivité Attila Gah requérante a mis en place un malin montage d’arnaque pour se faire beaucoup d’argent facile au sein du litige, sur le dos de ses parents. Il s’appelle Attila Mawuko, géomètre non certifié et fils insoumis de l’un des mandataires requérants, Attila Yao.
 
La combine de Mawuko consiste à étendre frauduleusement la dimension de la parcelle litigieuse au delà de la limite réelle et officielle reconnue par les documents de justice dans les arrêts de 2009, de 2012 et de 2014.
 
Pour ce faire, il se déplace en dehors du périmètre des 6 hectares et émet à l’endroit des résidents des environs des ordres de cessation de travaux ou de payement de redevances de compensation sur leurs propriétés immobilières.
 
Dans cette arnaque, Attila Mawuko joue sur une corrélation subtile. Il cible les propriétaires qui avaient acquis leurs biens immobiliers chez un membre quelconque de la collectivité adverse mais objectivement situés en dehors du domaine litigieux. Les victimes peu vigilantes tombent dans cette arnaque et souffrent ensuite des douleurs inimaginables.
 
Pendant ce temps le jeune malfrat Attila Mawuko se sucre et leur extorque des centaines de milliers voire des millions de franc CFA. Et dans tout ce flou bien artistique il se sert des documents de justice dont l’objet jugé ne concerne pas ces parcelles de terrain et ces maisons construites dont il s’accapare. Il fait du faux et usage de faux. Près de 20 propriétés immobilières sont déjà tombées sous son coup de poker de rançonnage abusif.
 
Les victimes de cette arnaque demeurent impuissants devant la complexité des procédures et la grande incertitude des décisions du système judiciaire du Togo. Cette désolation injuste, très grave, les étouffe comme une dague qui transperce leurs gorges.
 
L’Organisation du Crime
 
Dans le montage du faux, Attila Mawuko se procure d’abord des papiers de justice au nom des mandataires de la Collectivité Attila Gah. Il faut préciser qu’il n’est pas mandataire et n’a ni procuration reconnue de qui que ce soit pour agir au nom de la Collectivité Attila Gah.
 
Les fameux papiers de justice, il se les aurait procurés, supposément soit chez le cabinet de l’avocat Me Sodji Ahliba conseil des Attila Gah à travers un dénommé Kini, démarcheur immobilier sis à Djidjolé dans le cabinet Sodji; ou chez le huissier Me Alaza Ibrahim situé au quartier Adewi près du marché; ou chez quelque juge du tribunal de Lomé ou chez un autre auxiliaire de justice au tribunal de Lomé ou encore il les aurait subtilisés, supposément, chez son père mandataire, Attila Yao ou par autres moyens frauduleux.
 
Par exemple une signature du juge Awoulmere Nayo figure sur l’une des ordonnances de cessation de travaux qu’il avait présenté à des victimes ciblés au cours du mois de mars 2016. Or cette ordonnance s’est révélée non requise par les mandataires officiels dans le litige, Attila Yao et Attila Kwami. En effet, confronté avec ce document, le mandataire officiel Attila Kwami l’a déclaré faux, et inconnu de lui.
 
Dans tous les cas d’hypothèse sur la provenance des documents de justice que Attila Mawuko use, il s’en sort avec un montage de flou artistique difficile à démasquer par le citoyen ordinaire qui ne saurait pas lire un plan global de lotissement topographique et identifier des lots sur le terrain, puis lire et comprendre en complément le vocabulaire technique d’un arrêt de justice.
 
Dans ses actes répréhensibles Attila Mawuko est appuyé par un gang bien organisé. Dans cette organisation il joue le rôle de parrain ordonnateur et rétributeur. Il cite à volonté des opérateurs économiques et des personnalités de la place parmi ses clients qui rachètent ou préfinancent les fruits de sa rapine.
 
Recommandations
 
Nous nous sommes retrouvés proche de quelques-uns des victimes innocentes. A cet égard nous avons eu à rencontrer plusieurs des protagonistes dans cette affaire. Des avocats, des chefs coutumiers, des huissiers, les mandataires, des victimes, des employés de l’administration judiciaire, Attila Mawuko lui-même à plusieurs reprises. Nous avons participé à plusieurs audiences coutumières dans la zone pour saisir la source et la vérité du litige, nous avons demandé et obtenu des documents auprès du parquet.
 
Notre constat essentiel est que les chefs coutumiers cités connaissent la vérité historique sur le vraisemblable mais ils ne veulent pas se prononcer pour être en marge des décisions du système judiciaire basé sur le code civile qu’il ne maîtrisent pas. La collectivité Attila Gah quant à elle est divisée en son sein à cause des actes répréhensibles que leur progéniture Attila Mawuko fait greffer sur le litige. Néanmoins puisque certains parmi eux reçoivent des ristournes du rançonnage, ils se taisent. Les Atandji Djisseko ne démordent pas et sont résolus à rester sur place au prix de la mort et au nom des ancêtres.
 
Au cas extrême nous proposons pour le problème des 6 Hectares une solution Salomonienne car l’histoire racontée sur le peuplement du milieu à Wougome Dekpor dans la localité de Zanguera montre que les deux collectivités se sont entrecroisées déjà dans des liens de parenté. Dans ce sens il faudra envisager une assise coutumière générale. Elle devra rassembler en même temps tous les principaux notables ayant intervenues ou ayant une responsabilité administrative locale dans la résolution du litige, les chefs de collectivités, les mandataires, une délégation de la justice civile et une organisation de défense des droits de l’homme. Cette assise tranchera le litige dans un sens salomonien sans appel. Pour éviter le pire.
 
Quant l’arnaque d’Attila Mawuko qui consiste à greffer sur le domaine litigieux principal de 6 Hectares d’autres parcelles de terrains extérieurs en créant des victimes innocentes, il faut que la justice fasse diligence pour commettre une expertise de topographie afin d’obtenir un constat objectif et définitif pour situer ce qui est en dehors des 6 Hectares puis rendre justice à qui de droit.
 
Michel Mensan K.
 
lomévi (www.togoactualite.com)
 

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