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Togo, Projet de riziculture à Djagblé : Les sans-abris de attendent leur recasement

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Ils n’ont plus leurs toits, ils ont perdu leurs terrains qu’ils ont acquis à coût de fortune. Ils se retrouvent sans domicile fixe. A Djagblé, depuis (04) quatre ans, les acquéreurs et les propriétaires vivent le calvaire. Ils sont en réalité victimes de la retenue par l’Etat de la plaine de Djagblé pour la réalisation d’un projet de riziculture financé à hauteur de 9,6 milliards F Cfa par la Banque islamique de développement (BID) et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA).

Alors que les travaux ont été lancés en février 2015 par Faure Gnassingbé, les habitants sont toujours restés sans aucune mesure compensatoire. Malgré plusieurs démarches effectuées pour être indemnisés, ces derniers ont plutôt subi la roublardise des autorités. Sur le terrain, les travaux d’aménagement avancent. Pendant ce temps, aucune solution intermédiaire n’est trouvée pour le recasement des victimes ou pour compensation. « Des maisons sont détruites. Ils ont réussi à persuader les riverains à casser eux-mêmes leurs maisons, avec promesse de les recaser après. Mais ce n’étaient que de fausses promesses. Puisque depuis, les gens sont sans abri », a raconté l’un des acquéreurs.

En effet en avril 2018, de sérieux échanges et discussions ont eu lieu entre le Comité des acquéreurs et des propriétaires terriens dans la zone du projet et les autorités dont le préfet du Zio accompagné du Comité interministériel d’indemnisation et Ildevert-Honoré Kouawo Tchawalassou, Directeur du PDRD (Programme de développement rural de la plaine de Djagblé). A l’issue de la rencontre, il a été demandé « à tous les acquéreurs de constituer leurs dossiers d’achat de terrain et de les déposer auprès du Comité qui les transmettra au comité interministériel d’indemnisation ». Ce qui a été fait. « Il est recommandé à la Direction du projet de travailler dorénavant avec le comité mis en place par les acquéreurs, le seul comité qui est le porte-parole des acquéreurs », rapportent les victimes. Mais c’est le statu quo. Le dossier est resté sans aucune évolution significative.

Des démarches entreprises par le comité des victimes « sont infructueuses et aucune information concrète n’est donnée de la part de la direction du projet pour les procédures d’indemnisation ». « Suite à ce silence inquiétant, une assemblée générale de tous les acquéreurs a été convoquée par le comité le 04 juin 2018. C’est au cours de cette rencontre que certains acquéreurs déclarent avoir été appelés par une équipe dirigée (Ndlr, du comité d’indemnisation) par M.Edoh pour discuter en catimini et à la tête du client. Ce qui a créé un mécontentement général des acquéreurs », rappellent les victimes.

De manipulation en manipulation, le comité d’indemnisation qui a tenté de diviser pour mieux régner, a réussi à attirer dans son filet le chef canton lui aussi victime. Autoproclamé président des victimes, ce dernier dans ses magouilles, a voulu entretenir le flou. Mais le Judas a été vite démasqué par les siens. Mais toujours est-il que jusqu’ aujourd’hui, il n’y a aucun compromis entre l’Etat et les acquéreurs dans cette affaire. Sinon rien que du dilatoire de la part des autorités qui ont en charge ce dossier, malgré les multiples démarches entreprises envers la direction du projet.

Lors d’une réunion en avril dernier, la direction du projet a refusé de travailler avec les victimes sous prétexte qu’elle doit renouveler son bureau qui, à l’en croire comportait des personnes à qui leurs terrains ont été retournés. Le Comité ainsi renouvelé, une nouvelle rencontre a eu lieu avec les autorités en charge de ce dossier. Reçu le 31 mai dernier par la Direction du projet, le nouveau Comité a voulu en savoir sur l’évolution des dossiers. Selon l’information qui a été servie par la Direction du projet, les dossiers ont été déjà transmis au Comité interministériel d’indemnisation. « (…)De plus, elle nous dit qu’elle ne pourra pas nous fournir ses adresses si nous n’apportons pas le rapport général des activités de l’ancien comité et le procès-verbal de la réunion qui a servi à l’élection des nouveaux membres du Comité. Nous avons considéré cette manière de traitement comme peu déplacée à l’encontre des détenteurs de droit d’acquisition sur les terrains devant abriter ledit projet», s’indigne le Comité des victimes. Le 3 juillet 2019, le rapport exigé a été transmis avec les mêmes exigences : l’indemnisation et le recasement des victimes. Mais c’est resté sans suite.

« Plus de deux semaines, la Direction du projet ne nous a pas donné de suite. Nous avons tenté de la contacter pour prendre les adresses du Comité interministériel d’indemnisation. Nous avons dit à la Direction du projet, à défaut de tenir leurs promesses, de nous trouver au moins des terrains à Djagblé ou à Aveta. Nous lui avons fait savoir que nous sommes disposés à discuter d’autres options pour pouvoir rentrer dans nos droits, nous étions obligés de s’y rendre. C’était le 19 juillet 2019. Mais le Directeur (Ndlr, Ildevert-Honoré Kouawo Tchawalassou) du projet ne nous a pas donné les adresses, mais a dit qu’il allait nous revenir », indiquent les victimes qui attendent toujours d’être remises dans leurs droits.

Du 11 au 22 mars 2019, les autorités ont procédé à l’identification des parcelles. Mais depuis, rien ne se fait pour l’indemnisation des victimes qui attendent de savoir l’état d’avancement du dossier, trouver un consensus sur les procédures de compensation ou rentrer en possession de leurs propriétés. Fatigué d’être balancé entre la Direction du projet et le Comité d’indemnisation, le Comité des acquéreurs et des propriétaires ont écrit au ministre de l’Economie et saisi Faure Gnassingbé pour faire entendre leur cause. « Nous soulignons que les acquéreurs vivent dans les conditions de précarité. Certains sont sous des prêts bancaires qu’ils ont faits pour l’achat de ces terrains et la construction. Aussi continuent-ils de payer encore des loyers, ce qui impacte considérablement leur pouvoir d’achat », confient les responsables du Comité des victimes.

Source : L’Alternative

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