Togo : Qui pour recadrer Faure Gnassingbé et sa CENI ?

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DĂ©cidĂ©ment, Faure GnassingbĂ©, le prince hĂ©ritier du Palais de la Marina, n’est pas encore prĂȘt Ă  jeter l’éponge comme son homologue Joseph Kabila. Pendant que toute la sous-rĂ©gion ouest-africaine vogue insensiblement dans le vent de la dĂ©mocratie et de l’alternance politique, le fils du GĂ©nĂ©ral GnassingbĂ© Eyadema, lui, mobilise encore toutes ses forces et toute son Ă©nergie pour s’accrocher au pouvoir. AprĂšs trois mandats controversĂ©s Ă  la tĂȘte du Togo, le « champion » en veut encore. Et il se donne les moyens de ses ambitions avec sa Commission Électorale Nationale IndĂ©pendante (CENI) unijambiste qui sĂšme actuellement une vĂ©ritable polĂ©mique et risque de ramener le pays Ă  la case dĂ©part.
C’est Ă  croire que le rĂ©gime RPT-UNIR n’a aucun respect pour la communautĂ© internationale qui fait feu de tout bois pour sortir le Togo de la crise politique nĂ©e de l’entĂȘtement de Faure GnassingbĂ© Ă  briguer un quatriĂšme mandat au sommet de l’Etat. MalgrĂ© les consignes de la confĂ©rence des Chefs d’Etat de la CommunautĂ© Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le systĂšme cinquantenaire et sa Commission Ă©lectorale nationale indĂ©pendante (CENI) poursuivent unilatĂ©ralement le processus Ă©lectoral. Et ce, sans les rĂ©formes nĂ©cessaires requises.
AprĂšs avoir annoncĂ© le 14 aoĂ»t dernier la nomination des membres de la Commission Électorale Locale IndĂ©pendante (CELI); les dĂ©membrements locaux de la CENI dans les prĂ©fectures du pays, le Professeur Kadanga Kodjona, prĂ©sident de cette machine Ă  fraude Ă©lectorale, selon de nombreux observateurs, dĂ©crĂšte unilatĂ©ralement le dĂ©but des recensements en octobre prochain.
Cette course effrĂ©nĂ©e du pouvoir de LomĂ© II et de sa CENI prend dĂ©sormais une allure suicidaire et risque de catapulter le pays Ă  des mois en arriĂšre. La date du 20 dĂ©cembre 2018, loin d’ĂȘtre une obligation, est une proposition de la CEDEAO pour la tenue des lĂ©gislatives. Malheureusement, ceux qui rĂ©gentent le pays depuis un demi-siĂšcle en trouve l’occasion pour lĂ©gitimer un processus Ă©lectoral bĂąclĂ© et unilatĂ©ral, afin d’organiser des Ă©lections gagnĂ©es d’avance.
Ce n’est un secret pour personne. Les Ă©lections au Togo, depuis le rĂšgne des GnassingbĂ©, ont toujours fait objet de contestation. Et en ce 21e siĂšcle, seulement les ennemis de l’alternance politique accepteront qu’on organise des Ă©chĂ©ances Ă©lectorales au Togo sans la rĂ©vision intĂ©grale du fichier Ă©lectoral, la recomposition de la CENI et le dĂ©coupage Ă©lectoral…
« Ce sont des conditions indispensables à remplir pour une élection crédible et transparente », a déclaré Jean-Pierre Fabre, lors de la conférence de la Coalition des 14 tenue jeudi dernier à Lomé.
Le rĂ©gime de Faure GnassingbĂ© et sa CENI n’inspirent aucune confiance aux Togolais. Et les responsables de la Coalition des 14 partis politiques l’opposition ne diront pas le contraire.
Dans une lettre rĂ©ponse adressĂ©e rĂ©cemment au prĂ©sident de la CENI, Me Isabelle AmĂ©ganvi, dĂ©putĂ©e de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC, parti membre de la Coalition des 14), a rappelĂ© la nĂ©cessitĂ© de recomposer la machine Ă  fraude du rĂ©gime. « Je voudrais vous rappeler que dans le but de mettre en place une institution inclusive et crĂ©dible pour l’organisation des prochaines Ă©lections au Togo, le dialogue politique en cours envisage, sous l’égide du ComitĂ© de suivi, une recomposition de la CENI. Cette recomposition vous disqualifie et rend nulle et non avenues les initiatives intempestives, au demeurant provocatrices, par lesquelles vous tentez de mettre en place le dispositif habituel de fraude et de coup de force Ă©lectoral du RPT-UNIR », lit-on dans le courrier.
Visiblement, la CEDEAO qui se veut une communautĂ© sous-rĂ©gionale des peuples doit prendre ses responsabilitĂ©s, taper du poing sur la table et recadrer le pouvoir et sa CENI dans leur course sans issue. Le silence sĂ©pulcral des Facilitateurs vis-Ă -vis des manƓuvres unijambistes du Prof. Kadanga Kodjona laisse transparaitre que l’institution sous-rĂ©gionale cautionne le drame Ă©lectoral en prĂ©paration. Toutefois, il est encore trop tĂŽt pour juger cette institution de la sous-rĂ©gion.
Dans le mois de septembre, les Ă©missaires des Facilitateurs seront Ă  LomĂ© pour rencontrer les deux protagonistes de la crise. L’on espĂšre que ces reprĂ©sentants des Facilitateurs chargĂ©s de mettre en Ɠuvre la feuille route de la CEDEAO n’encourageront pas le rĂ©gime dans ses dĂ©rives en demandant Ă  la Coalition des 14 d’envoyer ses 4 membres Ă  la CENI.
En tout cas, prĂ©vient Mme Brigitte Adjamagbo Johnson, Coordinatrice de la Coalition des 14, « nous ne nous laisserons pas distraire. Et nous disons attention, qu’on ne se mette pas au travers de notre chemin. Sinon, les Togolais veulent un changement pacifique (…). Mais le jour oĂč nous allons constater que cela nous mĂšne Ă  autre chose que le Changement, ça va ĂȘtre un ouragan que personne ne pourra contenir ».
Godfrey Akpa
 
source : icilome
 

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