Togo, Rétrospective: 15 Années de Négativisme

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Le refus systématique de la démocratie, du bien être du peuple et le non respect de l’État de droit, ont amené, à n’en point douter, Faure GNASSINGBÉ et son clan aux confins de l’abîme dans lequel ils sont actuellement.

Il n’est un secret pour personne, sauf les incrédules, qu’à vouloir tout pour soi et rien pour les autres, on finit toujours par tout perdre. Inexhaurablement, le régime plus que cinquantenaire est sur sa pente la plus glissante au point où sa boulimie débordante du pouvoir s’effiloche sans qu’il ne s’en rende compte.

Sans coup férir donc, la junte au pouvoir poursuit sa descente aux enfers, en mettant en place une Cour constitutionnelle incomplète en toute violation de la Constitution qu’il s’est taillée seul sur mesure par une Assemblée nationale qui n’est rien d’autre que sa fabrication..

Comment le chef de l’État a-t-il pu arriver à une telle prouesse, lui qui est le garant de la Constitution de par ses prérogatives si ce n’est la frilosité qui le gagne, lui son entourage ? A vrai dire c’est le serpent qui se mord sa queue montrant par ce fait, que le bateau est entrain de prendre de l’eau et suffisamment.

Il revient donc aux soutiens internes et externes de ce régime, devant pareille démonstration, au risque de devenir ridicules, dire stop à Faure GNASSINGBÉ et son clan en vue du respect, par eux, des lois de la République.

Pour mémoire, c’est donc par un triple coups d’État que le fils du père se saisit du pouvoir en 2005 au mépris de la loi fondamentale qui prescrivait un mode de dévolution du pouvoir par élection en République Togolaise.

Le premier de ces trois coups d’État est militaire. L’opinion se souvient que c’est sur la télévision nationale et en direct que les togolais ont suivi éberlués le quarteron d’officiers d’opérette se mettant au garde-vous devant Faure GNASSINGBÉ affublé de son demi frère Kpatcha GNASSINGBÉ. Ces officiers qui n’avaient aucun mandat du peuple, se sont substitués à celui-ci pour mettre les rênes du pouvoir entre les mains indues de gens qui n’avaient aucune qualité pour ce faire.

Au passage, la dépouille de GNASSINGBÉ Eyadéma décédé ce 05 février 2005 était abandonné par ses fils qui ont préféré aller s’accaparer indument du pouvoir d’État au lieu de pleurer leur pater.

Le deuxième est un coup d’État parlementaire et constitutionnel

La même nuit du 05 février 2005, dans un cirque au parlement, le putschiste Faure fait réviser la Constitution surtout en son article 144 et devint coup sur coup, député de la nation sans être élu, président de l’Assemblée nationale et président par intérim de la République. Le tour est joué et Faure prêtera serment devant une Cour constitutionnelle dirigée par Atsou Koffi AMÉGA qui, pour se donner bonne conscience, dira «  » qu’il préférait l’injustice à l’anarchie » », oubliant que c’est l’injustice qui créé l’anarchie.

Le tollé soulevé par la prise inique de pouvoir en ce 05 février 2005 au Togo a obligé Faure GNASSINGBÉ à rétropédaler. Mais c’est mal connaître l’homme. Abass BONFOH, un faire valoir fut propulsé à la tête de l’Assemblée nationale et devient président de la République par intérim avec mission d’organiser l’élection présidentielle anticipée.

Le troisième du triptyque des coups d’État est électoral. En effet, de dénies de droit aux violations des droits de l’homme, le scrutin présidentiel fut tenu le 24 mars 2005 avec sa suite funeste. Alors que le peuple souverain s’est prononcé sur Emmanuel Bob AKITANI , le candidat de l’opposition, Kissem TCHANGAÎ WALLA alors présidente de la CENI, proclama contre toute attente, Faure GNASSINGBÉ gagnant de cette élection. A peine cette proclamation faite que le pays tout entier s’est embrasé. La Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) dénombrera 1114 personnes fauchées par des balles tirées par des forces de défense et de sécurité togolaises.

Faure GNASSINGBÉ entame, de ce fait, un quinquenat sur fond de crise ouverte dans le pays. Une crise qui a conduit les acteurs politiques et deux organisations de la société civile à un dialogue politique sous l’égide de Blaise COMPAORÉ mandaté par la CEDEAO.

De ce dialogue naît l’ Accord Politique Global (APG) jamais respecté par Faure GNASSINGBÉ qui en a tiré profit pour se maintenir au pouvoir 15 ans durant avec la complicité sans cesse renouvelée de la CEDEAO et l’entièreté de la communauté internationale qui n’avait aucun égard pour le peuple togolais meurtri et blessé dans son amour propre.

La suite, tout le monde le sait. Depuis 15 ans, Faure GNASSINGBÉ se permet tout, décide de tout sans un regard bienveillant envers le peuple qu’il dit diriger.

En 2010, cinq ans plus tard après la sanglante épopée de 2005, Faure GNASSINGBÉ se présente à la présidentielle avec une victoire à la pyrus sans satisfaire aux conclusions de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR). Il botta à la touche, les réformes constitutionnelles et institutionnelles. Il bâcle l’indemnisation des victimes, met en quarantaine l’organisation parfaite des élections et pire, dresse de nouveau l’armée et les forces de sécurité contre les populations togolaises.

En 2015, battu une seconde fois par Jean Pierre FABRE de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), Taffa TABIOU, président de la CENI d’alors, proclame Faure vainqueur malgré qu’il soit pris la main dans le sac et en direct entrain de vouloir proclamer des résultats qui ne correspondent pas à la réalité des urnes.

Ce n’est plus un secret que les trois mandats de Faure GNASSINGBÉ sont assis sur du faux. Ces trois mandats ont nuit fortement au développement et à la paix dans notre pays en plus des 42 ans de son père qui lui aussi a assassiné Sylvanus OLYMPIO, le premier président du Togo pour s’emparer du pouvoir.

C’est dire que la gouvernance de Faure GNASSINGBÉ a impacté négativement le vivre ensemble national ces 15 dernières années sur plusieurs plans, notamment, socio-économique et culturel sur lesquels je reviendrai.

Francis Pédro Amuzun

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