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Togo : Comment le RPT/UNIR remercie l’Église catholique

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Il a fallu que les évêques disent la vérité sur la situation actuelle pour qu’ils soient traités de tous les noms d’oiseaux. Des invectives et des critiques infondées de la part du pouvoir en place pleuvent sur eux. C’est la face cachée d’un régime qui a toujours abusé de l’Église catholique. De l’humiliation des prélats à la profanation de l’église Saint Augustin d’Amoutivé, le RPT/UNIR démontre qu’elle n’a pas de respect pour cette communauté religieuse.
 
De l’ingratitude
 
Maintes fois, l’Eglise catholique a été sollicitée dans les différentes crises que le pays a eu à traverser. Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro a dirigé la Conférence nationale souveraine qui a accouché d’un Premier ministre de l’opposition. Plus tard, c’est au tour de Monseigneur Nicodème Barrigah-Benissan de présider les travaux de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) dont l’une des recommandations est le retour à la Constitution de 1992. Peu de temps après, c’est ce même prélat qui a conduit les dialogues de Togotelecom 1 et Togotelecom 2. Mais au finish, l’Eglise est payée en monnaie de singe. Comme c’est le cas depuis quelque temps.
 
Quand Gnassingbé Eyadéma commençait à reprendre du poil de la bête lorsque la transition échouait à le faire partir, sa réaction n’avait pas eu de limite. Le peuple a payé de sa vie. Des morts et des exilés ont été enregistrés. Dans sa revanche, il n’a pas non plus épargné l’Eglise catholique. Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro a connu la foudre du Général. Le prélat a été humilié par ses soldats. Une décennie plus tard, sous le règne de son fils Faure Gnassingbé, ces hommes de Dieu sont accusés d’ « hérésie ». Leur péché est d’avoir appelé les autorités à opérer les réformes constitutionnelles selon les aspirations du peuple ! A cette allure, si le RPT/UNIR en avait le pouvoir, il aurait déjà « excommunié » les prélats.
 
« Vivement préoccupée par la situation sociopolitique que nous vivons depuis quelques semaines, elle a jugé opportun d’organiser dans tous les diocèses, une prière de supplication en faveur de la paix, plus précisément en faveur des réformes institutionnelles et constitutionnelles. Son objectif est d’implorer la lumière de l’Esprit Saint sur les plus hautes autorités de notre pays afin qu’elles opèrent urgemment les réformes demandées par le peuple conformément à la Constitution de 1992. La Conférence des Evêques du Togo attache une importance particulière à ces réformes sans lesquelles il est impossible de ramener la paix et la cohésion sociale dans notre pays », lit-on dans leur déclaration rendue publique. Depuis cette sortie, une avalanche de réprobations de la part du parti au pouvoir tombe sur les prélats. Les Evêques sont voués aux gémonies. N’importe quel quidam au service du pouvoir s’en prend à ces hommes de Dieu, comme si les réformes demandées ne profiteraient pas à tous les Togolais. Ils montent au créneau et vilipendent les évêques.
 
Ce déchaînement sur les hommes en soutane traduit en réalité l’autre face du régime cinquantenaire : le RPT/UNIR n’a jamais eu de considération pour les évêques, l’Eglise catholique et son souverain pontife. Les voyages de Faure Gnassingbé au Vatican ne sont que des coups médiatiques. Sinon, il aurait longtemps traduit dans les faits les conseils du Pape François. Lors de son récent voyage, en plus des cadeaux offerts par le souverain pontife, ce dernier lui a dit d’écouter son peuple. Et c’est ce que dit la déclaration que la Conférence des Evêques du Togo a rendue publique. C’est-à-dire les réformes constitutionnelles selon les désirs du peuple. Les prélats ne sont pas que des observateurs de la scène politique togolaise. Ils ont toujours pris une part active dans les différentes convulsions politiques au Togo en vue d’une décrispation. Et c’est pour cela que leur déclaration n’a rien d’offensant. Ils n’ont fait qu’une lecture objective de la tension actuelle qui règne dans le pays. « Par ailleurs, la Conférence des Evêques du Togo exprime sa vive inquiétude face aux nouvelles qui lui parviennent au sujet de répressions en cours dans notre pays ainsi que d’appels à la haine ethnique à travers les réseaux sociaux. De telles attitudes ne font que compromettre davantage la paix sociale déjà si fragile dans notre pays », a indiqué la CET.
 
La vérité, c’est que le pouvoir cinquantenaire RPT/UNIR a de tout temps fait croire qu’il a toujours raison. Or on ne peut avoir raison tout le temps. Sinon le peuple ne serait pas là onze (11) ans après la signature de l’Accord politique global (APG), à réclamer les réformes constitutionnelles et institutionnelles et à compter les multiples dialogues qu’il y a eu depuis l’avènement du multipartisme au Togo. Le pouvoir aime baigner dans des panégyriques. Il n’aime pas les critiques. Même les plus constructives. Et c’est malheureux. Car il ne peut gouverner indéfiniment et ne peut non plus indéfiniment réprimer le peuple et le forcer à voir dans la direction qu’il ne veut pas. Cette vérité, certaines confessions religieuses ont manqué de la dire à la dynastie cinquantenaire dont les méthodes anachroniques commencent à fatiguer en Afrique et partant, le monde entier.
 
La complaisance nuisible
 
Dire que le religieux ne fait pas de la politique ou ne doit pas s’immiscer dans les affaires politiques, c’est tenter de faire croire que ces deux entités (religion et politique) qui régissent la vie de toute forme d’organisation sont dissociables. L’affaire de la cité interpelle tout le monde sans distinction. Aussi dire la vérité à un homme, fut-il un méchant, c’est sauver son âme. Et c’est pourquoi l’Union musulmane du Togo a tout faux dans sa dernière sortie.Elle n’a rien d’impartial comme certains petits esprits ont voulu le faire croire en tentant d’opposer les évêques aux dirigeants musulmans.
 
« Si vous êtes neutre dans les situations d’injustice, vous avez choisi le côté de l’oppresseur », a dit l’évêque anglican et sud-africain Desmond Tutu. Et c’est pourquoi, il faut plutôt voir dans la démarche de l’UMT, une sortie partiale visant à fermer les yeux sur les répressions des manifestants. En réalité, la sortie n’a rien d’étonnant. De par le passé l’un des dirigeants de l’Union musulmane avait dit :« Vengez-moi », à la suite de la disparition d’un cacique du régime. On se demande si à cette époque-là, il ne faisait pas de la politique. Ou les temps ont-ils changé ?
 
Source : L’Alternative No.643 du 22 septembre 2017
 

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