Togo : Statu quo 4 mois après la présidentielle

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Faure Gnassingbé (d) et son valet de zélé de PM Sélom K. Klassou (c) | Photo : DR

« Voici que s’avance l’immobilisme et, nous ne savons pas comment l’arrêter » (Edgar Faure)

Le Togo des Gnassingbé est décidément unique en son genre. Plus de quatre mois après le scrutin présidentiel du 22 février 2020 qui a permis à Faure Gnassingbé de s’octroyer un 4ème mandat contre la volonté de son peuple, le Togo ne dispose pas toujours d’un nouveau gouvernement.

Le 3 mai 2020, Faure Gnassingbé a prêté serment et devrait donc s’atteler à l’exercice de ses hautes fonctions à lui conférées par les Togolais. A cette cérémonie, curieusement, c’est le président de la Cour Constitutionnelle, Aboudou Assouma qui s’est fait le porte-parole du gouvernement en chantant des éloges à Faure Gnassingbé pour les succès qu’il aurait accomplis depuis qu’il a pris les rênes du pays et en proférant par la même occasion des menaces à l’endroit de  l’opposition qui conteste la victoire de son champion.

Après cette parenthèse, on s’attendait que le Premier ministre rende son tablier ainsi que celui de son gouvernement afin qu’une nouvelle équipe soit formée pour se mettre au travail et relever les défis auxquels fait face le pays. Mais depuis quatre mois, c’est toujours le statu quo.

 Le chef du gouvernement Selom Komi Klassou aussi rechigne à jeter l’éponge. Trois semaines après l’entrée en fonction de Faure Gnassingbé pour son nouveau mandat, des rumeurs avaient été distillées dans l’opinion annonçant Sélom Klassou démissionnaire. Mais il n’en fut rien. C’est toujours l’ancienne équipe formée en janvier 2019 qui est aux affaires, comme si le pays n’a jamais connu d’élection présidentielle entre-temps. Il est vrai que le Togo fait face à une crise sanitaire comme d’ailleurs tous les pays au monde, mais la pandémie de la Covid-19 est-elle une raison suffisante pour expliquer cette impasse ?

 Certains observateurs répondent par l’affirmative. Ces derniers croient savoir que la formation d’un nouveau gouvernement ne serait pas pour aujourd’hui à cause de l’Etat d’urgence sanitaire prorogé jusqu’à mi-août. Devant l’urgence donc, la nouvelle équipe peut attendre.

Dans cette histoire de pandémie, le Togo ne tient pourtant pas la comparaison avec son ancienne colonie. Avec 166.960 cas confirmés dont 29. 893 décès, la France fait partie des pays les plus touchés par la pandémie. Tout le contraire du Togo qui compte à ce jour 680 cas confirmé dont 15 décès.

En France, moins d’une semaine après le second tour des élections municipales, le Premier ministre Edouard Philippe a remis le 3 juillet la démission de son gouvernement à Emmanuel Macron qui a nommé dans la foulée son successeur Jean Castex. Là-bas, pas de navigation à vue ni de pilotage automatique. On n’a pas de temps à perdre. Il faut s’atteler à l’essentiel. Le nouveau chef du gouvernement a annoncé dimanche mettre les bouchées doubles avec Emmanuel Macron pour annoncer au plus vite le nouveau gouvernement. Ce qui fut fait hier.

Le président français annonce déjà ses priorités pour les mois à venir : « relance de l’économie, poursuite de la refondation de notre protection sociale et de l’environnement, rétablissement d’un ordre républicain juste » ou encore « défense de la souveraineté européenne».

Ici plus de 4 mois après les élections présidentielles, le pays est confronté à une crise managériale et fonctionne par tâtonnement. Faure Gnassingbé et son gouvernement, apathiques et ne sachant quoi faire, prorogent l’état d’urgence et la vie continue…

Médard AMETEPE / Liberté Togo

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