Togo : Les Togolais qui rêvaient de l’alternance et de la démocratie, ont vite déchanté avec Faure Gnassingbé

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« La pomme ne tombe pas loin du pommier » – Proverbe

 

Faure-vi | Caricature : Donisen Donald / Liberté
Faure-vi | Caricature : Donisen Donald / Liberté


A son avènement au pouvoir, Faure Gnassingbé avait prétendu vouloir marquer la rupture avec son père qui avait dirigé le pays d’une main de fer pendant 38 ans. Il avait laissé un passif tellement lourd que les frêles épaules de Faure ne pouvaient supporter. «Lui c’est lui, et moi c’est moi!», tel était le slogan que le jeune président avait lancé dans l’opinion pour tenter de faire croire qu’il y a une ligne de démarcation entre ce qui se faisait avant son arrivée au pouvoir et ce qui devra se faire.
 
Avec la mise à mort du RPT et la création de son parti UNIR, il entendait ainsi rompre avec les mauvaises pratiques qui ont tristement illustré l’existence de l’ex-parti unique. Mais, surtout, à faire enterrer un lourd passé fait de graves entorses à la démocratie et de violences diverses. Lors des consultations électorales, il avait aussi tenté, à maintes reprises, de renier son patronyme « Gnassingbé ». Sur les affiches de campagne, ne figurait que son prénom « Faure ».
 
Contrairement à son père qui a fait l’école primaire dans toute sa globalité et servi dans l’armée coloniale avec le grade de « Cordon bleu », Faure Gnassingbé, lui, a fréquenté de grandes écoles en occident, notamment aux prestigieuses Universités Paris Dauphine et Georges Washington où il a fait des études de finances et de gestion sanctionnées d’un Master of Business Administration (MBA). Les différences avec son père s’arrêtent là.
 
Le soir du 5 février 2005, c’est un Faure Gnassingbé d’une timidité déconcertante, fuyant le regard des Togolais et du monde entier que les Togolais avaient découvert. Avec le temps, on a cru naïvement qu’il suffisait de confier une mission de réforme de l’Etat et un projet de refondation de la République Togolaise pour qu’en cinq ou dix ans, Faure Gnassingbé, qu’on nous dit intelligent, avoir fait de prestigieuses écoles occidentales, mette en œuvre ce projet et cède le pouvoir dans une transparence absolue.
 
Mais à l’aune de sa gouvernance, Faure Gnassingbé se comporte exactement et même pire que son géniteur. Il est la photocopie conforme et certifiée de son père.
 
Les Togolais qui rêvaient de l’alternance et de la démocratie, ont vite déchanté avec Faure Gnassingbé. La jouissance et les privilèges du pouvoir l’ont transformé en apprenti-dictateur qui utilise les mêmes méthodes hideuses et décriées de son père pour conserver ad vitam aeternam le pouvoir. Il a développé un tel appétit pour le pouvoir qu’il piétine toutes les valeurs universellement admises pour rester au trône qu’il considère d’ailleurs comme un legs familial.
 
Il a verrouillé tout l’appareil de l’Etat plus que son père ne l’avait fait durant son règne au long cours. Il a largement militarisé et endetté le pays que Gnassingbé Eyadema ne l’avait fait pendant quatre décennies.
 
L’économie togolaise, dans le rouge, peine à se relever. L’embellie d’une croissance dite à 5% n’arrive pas à freiner la pauvreté. Au même moment, des pans entiers de l’économie nationale sont mis en coupes réglées par la minorité au pouvoir.
 
Sur le plan politique, Faure Gnassingbé a exacerbé la crise que traverse le pays depuis des décennies par son refus obstiné d’opérer les réformes constitutionnelles et institutionnelles.
 
En 11 ans de règne, Faure Gnassingbé a suffisamment démontré aux Togolais qu’il n’est en rien différent de son père…
 
Source : Médard Amétépé, Liberté
 

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