TOGO : une commission technique pour une omerta sur les fraudes électorales ?

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Communiqué de presse du 28 janvier 2011
 
Le Bureau Politique d’OBUTS a suivi avec intérêt la communication relative à l’évaluation des processus électoraux au Togo, faite au Conseil des ministres le 26 janvier 2011 par le Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des collectivités locales, porte-parole du Gouvernement. Il se réjouit de ce que la coalition au pouvoir semble se préoccuper du cadre électoral au moment où se fait de plus en plus fort sur le continent africain l’exigence de vérité des urnes.
 
OBUTS rappelle que l’impasse politique actuelle que connaît notre pays n’est que la conséquence directe de la contre vérité des urnes issue de l’élection présidentielle du 4 mars 2010, et que le contentieux électoral est loin d’être clos à ce jour comme en témoigne la poursuite de la Résistance citoyenne. C’est pourquoi elle s’étonne qu’au moment où Faure GNASSINGBE annonce un dialogue inclusif pour débattre de la crise sociopolitique et institutionnelle à laquelle est gravement confronté notre pays, son Gouvernement choisit la continuité dans l’unilatéralisme et l’impasse politique. Sinon, comment interpréter cette précipitation à mettre en place une « mission d’appui technique » chargée « d’évaluer la qualité des élections en termes de conformité aux meilleures pratiques électorales telles qu’établies par les institutions internationales et les ONG actives dans le secteur, et dresser le bilan du fonctionnement de la CENI, de ses relations avec le ministère en charge de l’administration territoriale, du rôle de celui-ci dans le processus électoral ainsi que des voies et moyens de tirer profit de cette expérience » ?
 
OBUTS met en garde le Gouvernement contre toute velléité de maintenir le statu quo et la fraude électorale par quelque manœuvre politicienne visant à duper l’opinion nationale et la Communauté internationale. Elle réitère sa proposition contenue dans le plan de sortie de crise du CVU du 9 novembre 2010 pour la mise en place d’une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) technique et non partisane. Elle insiste pour ce faire sur l’impérieuse nécessité de désigner à la tête de la CENI un représentant de l’Union Africaine (UA) en vue de la sécurisation des prochains processus électoraux dont les résultats provisoires doivent être certifiés par l’Organisation des Nations Unies (ONU) avant toute proclamation par la Cour Constitutionnelle. Les Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI) doivent être présidées par des représentants de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), et l’Union Européenne doit se charger de désigner dans chaque bureau de vote deux observateurs qui doivent y rester durant les opérations de vote jusqu’à la consolidation des résultats, avant de rejoindre leur quartier général.
 
Dans cette perspective, il y a lieu de procéder à un nouveau redécoupage électoral sur des critères démographiques, de restructurer la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) et la Cour Constitutionnelle, qui sont des organes clés impliqués dans le processus électoral, afin de garantir sa transparence et la vérité des urnes. La question du financement équilibré des partis politiques avec un pouvoir de contrôle garanti pour la Cour des Comptes est indissociable de l’épineuse question de la transparence du processus électoral dans notre pays.
 
OBUTS estime donc que la gravité de la question n’autorise guère une approche unilatérale et partisane comme tente de le faire le Gouvernement, et nécessite davantage une approche systémique à laquelle semble bien correspondre le cadre du dialogue inclusif annoncé. OBUTS demande donc au Gouvernement de surseoir à cette fuite en avant à laquelle il procède, et de prendre la mesure de la gravité des crises actuelles sur le continent pour ouvrir un véritable dialogue constructif avec tous les acteurs sociopolitiques du Togo de même que les représentants de la diaspora pour sortir notre pays de l’ornière.
 
OBUTS réitère son appel lancé le 12 novembre 2010 à toute l’opposition pour se fédérer en une plateforme sur des bases contractuelles claires et consensuelles en vue de mettre en échec les viles manœuvres en préparation par le Pouvoir RPT/AGO.
 
OBUTS lance un vibrant appel à toutes les filles et à tous les fils du Togo tout entier et de la diaspora à plus que jamais redoubler de vigilance pour que soit mis fin à l’arbitraire et à l’imposture du Pouvoir RPT/AGO.
 
Que Dieu nous donne le regain d’énergie nécessaire pour qu’ensemble, dans un élan commun, nous ouvrions la voie à une société démocratique, de confiance et de prospérité partagée sur la Terre de nos Aïeux !
 
Vive la République !
 
Le Président National Obuts Togo
 
Agbéyomé KODJO

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