Togo : Une pauvreté endémique dans Vo et Yoto malgré la présence des entreprises minières

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A Kini-Kondji, Tokpli, Vogan et Hahotoé, ces cantons hôtes des entreprises d’extraction minière au Togo mais dont les populations croulent sous le poids de nombreuses violations de droits de l’homme et où règne une pauvreté endémique, rien ne sera plus comme avant.

Les chefs cantons de ces cantons de la préfecture de Yoto et de Vo, à la suite d’une journée de réflexion avec l’ONG Solidarité et action pour le développement durable (SADD), ont dénoncé pour la première fois ce mardi à Lomé en conférence de presse, l’inapplicabilité de la loi relative à la contribution des entreprises minières au développement local et régional et la faible applicabilité de la loi cadre sur l’environnement au Togo.

« Les populations subissent le joug d’investisseurs puissants et désinvoltes et les effets néfastes de l’exploitation sauvage des ressources qui se font durement ressentir au niveau social, sanitaire et environnemental », révèlent dans une déclaration liminaire, Togbui Agbolété Kodjo Kini V, chef canton de Kini-Kondji et Togbui Dega Ehé Apawou, représentant du chef canton de Vo et leurs collègues.

Les exemples sont légion selon eux. Ils vont des habitations détériorées par les explosifs utilisés par les mines, des terres arables transformées en montagnes, lacs artificiels et des trous de profondeurs inouïes remplis de crocodiles et de serpents venimeux qui causent des accidents mortels à l’absence de routes praticables, d’électricité, des installations sanitaires et scolaires et sans équipements adéquats.

Dans ces entreprises, poursuivent-ils, même les travailleurs togolais vendent leurs forces de travail contre des salaires de misère. Quant aux violations des droits de l’homme, elles sont tout aussi nombreuses au vu de la législation nationale et des instruments internationaux auxquels le Togo est partie.

Le plus difficile, selon eux, c’est que la participation financière annuelle et la réalisation d’œuvres socio-économiques et communautaires que ces entreprises sont appelées à réaliser aux termes des articles 1er et 2 de la loi sur la contribution des entreprises minières, sont inexistantes. « Les industries extractives ne donnent rien aux communautés et toutes les démarches faites à ce propos n’ont rien donné », a déploré le chef canton de Kini-Kondji.

Pour remédier à cette situation ‘invivable’, les chefs cantons demandent la création d’un cadre de dialogue social permanent entre les communautés hôtes, les entreprises minières et les autorités locales pour la transparence et la redevabilité dans le secteur minier au Togo.

Ils demandent également la prise et la publication d’un décret d’application de la loi relative à la contribution des entreprises minières au développement local et régional et la prise des dispositions contraignantes pour la mise en application effective de la loi cadre sur l’environnement.
 
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