Togo : Yark, le ministre des enquêtes impossibles (analyse)


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L’Histoire est têtue et, ce n’est pas le ministre Yark Damehane qui en démentirait. L’homme, puisque c’est de lui qu’il s’agit, semble progressivement rentrer dans l’histoire sous un sobriquet : « Le ministre des enquêtes impossibles ».
 
En effet, depuis qu’il a pris le portefeuille de la sécurité au Togo, le Colonel Yark use d’une ruse dont il a seul le secret pour étouffer les affaires qui ternissent l’image de son département. Pour y parvenir, une formule pourtant bien connue par les Togolais est toujours employée : « Les enquêtes sont ouvertes pour situer les responsabilités ». Le hic est que ces fameuses « enquêtes » ne sont jamais bouclées afin de renseigner l’opinion. Mais le ministre n’est pas prêt pour changer de méthodes. Et pour cause !
 
Le 15 septembre 2012, des jeunes qui seraient proches du parti au pouvoir, armés de machettes, de gourdins cloutés, couteaux etc. attaquent des militants de l’opposition au quartier Adéwui. Plusieurs personnes sont blessées et des motos brûlées. Jamais l’on n’en saura plus sur les actes répréhensifs et pourtant le ministre Yark avait promis des enquêtes.
 
Le 14 mars 2013, Younglove Egbéboua Amavi, l’ancien Chef Desk Sports à la Télévision Togolaise (TVT), a vu sa mâchoire fracturée par les tirs des forces de l’ordre, lors d’un sit-in organisé par des syndicats et associations de défense des droits des journalistes. Le ministre a promis des enquêtes.
 
Le 15 avril 2013, les jeunes Douti Sinalengue et Anselme Sinandare sont tués par les forces de l’ordre à Dapaong alors qu’ils manifestaient dans les rues suite au débrayage des enseignants réclamant de meilleures conditions de travail. Le ministre avait encore ouvert des enquêtes.
 
Le 15 janvier 2014, le journaliste Ayité Assiongbo de Radio Océan FM basée à Aného, a été violenté par les forces de l’ordre dans le cadre de «l’Opération Entonnoir» qu’il couvrait. Puis le lendemain, 16 janvier, c’est un autre journaliste Kossi Temanou d’être victime d’une bavure policière. Le ministre avait encore promis des sanctions contre les auteurs de ces actes. Puis, la liste continue.
 
Et lorsque le même ministre de la sécurité et de la protection civile se présente sur le plateau de la TVT pour parler encore d’une ouverture enquête sur le drame de Tabligbo, on peut déjà dire : « Ite missa est », (la messe est dite).
 
source : africa rdv