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Togo : Zone rouge pour Transparency International: La face cachée des 15 ans de gouvernance de Faure

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FEG | Archives : DR

Le 23 janvier 2020, Transparency International a publié l’indice de perception de la corruption (Ipc) 2019. Sur 180 pays touchés par cette étude cette organisation internationale, le Togo occupe la 130ème place avec une moyenne de 29 sur 100. Classant ainsi le pays de Faure Gnassingbé dans la zone rouge. À l’analyse, ce classement cache si mal un malaise.

Ipc 2019: que dit la VAR?

Comme chaque année, l’organisation internationale Transparency International a publié l’indice de performance contre la corruption (Ipc) de 180 pays à travers le monde, pour le compte de l’année 2019. Cette évaluation a pris en compte les niveaux perçus de corruption dans le secteur public, en s’appuyant essentiellement sur 13 évaluations d’experts et enquêtes menées auprès de chefs d’entreprises. Cet indice utilise une échelle de zéro (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu).

À l’arrivée, l’Ipc 2019 révèle que plus des deux tiers des pays ont un score inférieur à 50, le score moyen se situant seulement à 43. Au rang des satisfactions, Transparency International révèle que seuls 22 pays ont considérablement amélioré leurs scores depuis 2012. Il s’agit entre autres de l’Estonie, la Grèce et la Guyane. Pendant ce temps, 21 pays ont sensiblement régressé, parmi lesquels l’Australie, le Canada et le Nicaragua.

Togo, une moyenne très insuffisante

Dans le lot, figure le Togo. Classé 130ème sur 180, avec une moyenne insuffisante de 29 sur 100, le pays de Faure Gnassingbé fait route avec d’autres pays du continent comme le Soudan ou encore la Lybie, des pays instables sur le plan politique. Ceci, pendant que d’autres pays de la sous-région ont été, par contre, bien cotés dans ce classement, avec des notes beaucoup plus encourageantes. Le cas notamment du Benin (80ème) ou encore du Burkina Faso (85ème ).

L’analyse des résultats révèle que les pays dans lesquels les élections et le financement des partis politiques sont perméables à une influence indue de la part d’intérêts particuliers sont moins en mesure de lutter contre la corruption. « La frustration face à la corruption du gouvernement et le manque de confiance dans les institutions témoignent de la nécessité d’une plus grande intégrité politique », a déclaré Delia Ferreira Rubio, Présidente de Transparency International. Et de poursuivre en précisant que les gouvernements doivent s’attaquer de toute urgence au rôle corrupteur des grosses sommes d’argent dans le financement des partis politiques et à l’influence indue qu’elles exercent sur les systèmes politiques.

Le reflet des 15 ans de gouvernance de Faure

Loin de surprendre, ce classement moins honorant du Togo est perçu par nombre d’observateurs comme le reflet de la gouvernance quelque peu approximative axée sur l’impunité et le favoritisme instaurée par Faure Gnassingbé depuis son accession au pouvoir en 2005. En effet, malgré les dénonciations de la presse et des organisations de la société civile sur des cas de mauvaises gouvernance et de détournement de deniers publics, le gouvernement n’a jamais pris la mesure d’agir pour y voir clair. À ce jour, les cas comme ceux de la route Lomé -Vogan-Anfoin, le contournement Aledjo, la participation du Togo à la CAN 2013 et 2017, le FER se succèdent sans qu’aucun des présumés n’ait été inquiété. Même la mise en place de la Haute autorité pour la lutte contre la corruption et les infractions assimilées (Haplucia), ajoutée à la Cour des comptes et l’Inspection générale du contrôle n’ont point changé la donne.

L’administration togolaise reste fortement gangrené au point où les services publics sont monnayés au prix de la concussion et autres marchés arrière -boutique. Le laxisme de l’Etat face aux nombreux cas latents amènent plusieurs analystes à ne pont accorder du crédit à la récente loi instituant la déclaration des biens de tout agent de l’Etat, élus locaux et autres hauts cadres de l’administration publique aspirant à une haute fonction.

Le constat selon lequel la grande majorité de pays dont le score de l’IPC a considérablement diminué depuis 2012 n’engagent pas les acteurs politiques, sociaux et économiques les plus pertinents dans la prise de décision politique se veut un point essentiel, mieux un signal fort à Faure Gnassingbé dont les plus proches collaborateurs sont à la fois politiques, directeurs de société,  Directeur généraux et centraux.

La nouvelle Bible de Faure

D’où justement l’urgence pour le Président Faure qui, malgré ses 15 ans  à la tête du Togo, rêve encore d’un quatrième mandat, contre la norme en cours dans la sous-région, de s’approprier les recommandations de Transparency International, si tant est qu’il en est conscient de la gravité de la situation et a la volonté d’y remédier. Il s’agit, entre autres, de  réduire la corruption et restaurer la confiance dans la politique, renforcer les systèmes de redevabilité et promouvoir la séparation des pouvoirs, s’attaquer au traitement préférentiel pour assurer que les budgets et les services publics ne soient pas motivés par des relations personnelles ou orientés par des intérêts particuliers,

contrôler le financement politique pour éviter un excès d’argent et d’influence en politique et gérer les conflits d’intérêts et s’attaquer au phénomène du pantouflage.

Aussi, Transparency International recommande-t-elle aux gouvernements de réglementer les activités de lobbying en favorisant un accès ouvert et constructif à la prise de décision, renforcer l’intégrité électorale, prévenir et sanctionner les campagnes de désinformation, puis donner plus de pouvoir aux citoyens et protéger les activistes, les lanceurs d’alerte et les journalistes. Voici donc la nouvelle bible que devra lire religieusement, au quotidien, Faure Gnassingbé.

source : Fraternité

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