Une date, un événement : Quid des généraux qui ont imposé Faure aux Togolais ?

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Le 5 février est devenu, depuis 2005, une date « fétiche » dans la mémoire des Togolais. C’est en effet le jour où le Général Gnassingbé Eyadéma, qui a régné sur le Togo pendant 38 ans sans partage, avait rendu l’âme. A l’annonce de sa disparition, les Togolais avaient pensé couper le pont avec ce règne qui ne se terminait pas. Mais à peine l’on se rendait compte de la véracité de la mort de celui qu’on prenait pour immortel qu’une horde de généraux commettait le coup d’Etat du siècle.

En effet dans la nuit de ce 5 février, cinq (05) généraux avaient décidé, contre les dispositions constitutionnelles, de remettre le pouvoir au fils du Général défunt, Faure Gnassingbé. Ces généraux (Séyi Mèmène, Zakari Nandja, Atcha Titikpina, Zoumarou Gnofam et Assani Tidjani) ont tout simplement fait leur allégeance au fils du père tout en jurant leur fidélité à lui garantir le fauteuil. Aujourd’hui, Faure Gnassingbé lorgne un quatrième mandat en 2020, mais on se demande où sont ces généraux.

Beaucoup d’autres officiers ont soutenu l’« exploit » de ces généraux. Mais le peuple togolais, comme un seul homme, s’était levé pour se dresser contre ce coup d’Etat qui mettait en danger les institutions de la République. Il a payé le prix fort de ce soulèvement, avec des morts (500 selon le rapport de l’ONU, plus de 1000 selon la LTDH). Et les noms de ces généraux ont été cités dans ces rapports, comme étant les instigateurs de ces tueries. Juste pour garantir le fauteuil à Faure Gnassingbé.

Zakari Nandja

Il avait eu des privilèges dans le gouvernement, comme pour récompenser sa fidélité. Mais au fur et à mesure que les gouvernements se succédaient, son portefeuille perdait de la substance. Il a été finalement débarqué et vit aujourd’hui dans l’anonymat.

Séyi Mémène

Personne n’entend plus parler de lui aujourd’hui. Ce grand général qui a joué le tout pour le tout pour installer Faure Gnassingbé au pouvoir, n’est plus en odeur de sainteté avec celui qui était son « chouchou ». Aucune charge officielle aujourd’hui dans la sphère du régime. Même son occupation de président d’honneur de la Confédération africaine de football (CAF) est une coquille vide, selon certaines sources.

Atcha Titikpina

Il a été dans les bonnes grâces de son « protégé » pendant un bout de temps. Ses déboires ont commencé lorsqu’il a commencé par lorgner le ministère de la Défense, portefeuille qu’il réclamait avec insistance à Faure Gnassingbé, selon des informations de sources crédibles. Mais Atcha Titikpina a été tout simplement enlevé de la tête de l’Etat-major, débarqué du gouvernement et mis au garage. Il a perdu ses privilèges auprès du « fils ». Des informations avaient même indiqué qu’il était mis en résidence surveillée.

Zoumarou Gnofam

Dans l’affaire d’assaut contre le domicile de Kpatcha Gnassingbé, demi-frère de Faure Gnassingbé, par un commando dirigé par le général Félix Kadanga le 9 avril 2009, le général Zoumaro Gnofam était la personne qui a appelé le chef de l’Etat pour lui exprimer son indignation vis-à-vis de cet acte qui visait à éliminer le député de la Kozah. Mais ce courage a valu à Gnofam le courroux de Faure Gnassingbé qui l’a isolé de son pouvoir. Il est aujourd’hui tombé dans l’anonymat total.

Assani Tidjani

Lui, dégoûté par l’ingratitude et la méchanceté de ceux qu’il a protégés en endeuillant le peuple togolais, il a finalement préféré ne pas être enterré sur la terre togolaise après sa mort. Il s’est senti humilié et abandonné, notamment dans l’affaire de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat où il a été emprisonné. Sérieusement malade en prison, il était sorti pour se rendre à l’hôpital pour des soins. Mais il n’en ressortira malheureusement que les pieds devant. Déçu, il avait demandé qu’on l’enterre au Nigeria, son pays d’origine.

Comme on peut le voir, ces généraux ont tout perdu. Leurs derniers compagnons sont la déception, l’humiliation et sans doute le regret. Ils n’ont pas pu offrir la chance aux Togolais de vivre une alternance démocratique à la mort du Général Gnassingbé Eyadéma. On peut dire sans nul doute qu’ils ont payé cher le prix.

I.K
 
source : icilome
 

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