Université de Lomé : Les recherches sur la Covid-19 en péril faute de moyens

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La mise en œuvre des essais cliniques dans le cadre des recherches menées par l’Université de Lomé sur la Covid-19 est à l’arrêt. Les 70 millions nécessaires à la poursuite des travaux n’ont pu être mobilisés par la Commission de l’Université de Lomé contre la pandémie de COVID-19 (Comul-19).

Le 1er juillet 2020, les premiers résultats des recherches de la Commission de l’Université de Lomé contre la pandémie de COVID-19 (COMUL-19) ont été présentés. La Comul-19 a indiqué avoir effectué des tests sur des molécules présentées par les praticiens de la médecine traditionnelle, dans le but de trouver le meilleur phyto-médicament capable de booster l’immunité des personnes atteintes de la Covid-19.

Dans son intervention, Prof. Kouami Kokou, Président de la Comul-19 a précisé que suite à des tests in vitro et in vivo sur des animaux, quatre phytomédicaments ont été identifiés pour être testés sur des humains. Il s’agit de Imunitum, de Immu-Top, de Secure et de Biocire qui seront utilisés pour le traitement des patients, en plus de l’association Hydroxychloroquine-Azithromycine qui sera utilisée comme le traitement de référence en vue de comparer l’efficacité des quatre phyto-médicaments sur le plan clinique et virologique.

D’après le calendrier, la mise en œuvre de la phase des tests cliniques devrait débuter le 1er août 2020, avant l’étape de première inclusion le 1er septembre prochain. Cette phase d’inclusion devrait durer 12 semaines au cours desquelles chaque patient sera soumis à un traitement spécifique pendant 28 jours. Le 15 janvier 2021 est fixée comme date de la dernière visite du patient, et le 15 avril 2021 sera présenté le rapport scientifique. « A partir du 1er août 2020, l’équipe de mise en œuvre des essais cliniques doit se mettre en place. Des formations sont prévues dans cette étape pour que la prise en charge des patients qui seront enrôlés soit efficace. C’est une série de procédures qui doivent être rigoureusement suivies pour s’assurer que les résultats qui seront obtenus sont des résultats 100% fiables », explique une source proche de la Comul-19.

Malheureusement, la phase de mise en œuvre est bloquée, et ce n’est pas la faute à la Comul-19. Selon les informations, la Commission n’est pas encore arrivée à mobiliser les fonds nécessaires pour poursuivre la mise en œuvre du projet. Déjà, la formation et le recrutement des patients n’auraient pas encore démarré. « Pour préparer et réaliser les essais cliniques, la Commission a besoin d’au moins 70 millions FCFA, mais l’Etat ne réagit pas. Les bonnes volontés ne se manifestent pas non plus. Dans le privé comme dans le public, personne ne semble vouloir répondre à l’appel de l’Université de Lomé », se désole la source.

Dans ses efforts pour trouver un produit capable de sauver des vies, « Le Temple du savoir » se retrouve seul. Et pourtant, ce ne sont pas les ressources qui manquent. A travers les sociétés étatiques, le Togo peut mobiliser en une journée les 70 millions nécessaires pour la poursuite des travaux de recherches de l’Université de Lomé. Le gouvernement peut aussi prendre des initiatives pour lever des fonds. Dans le cadre de la participation du Togo aux compétitions internationales, de telles initiatives ont été organisées. C’est mieux que d’investir dans l’achat de matériels de répression et d’espionnage de la population. C’est encore mieux que de gaspiller des millions pour faire publier des tribunes dans des journaux étrangers.

Au Togo, il y a de nombreux milliardaires qui ont la capacité de financer à eux seuls les recherches de l’Université de Lomé pour sauver des vies dans le cadre de cette pandémie qui continue de faire des victimes. Rien qu’à voir les montants impressionnants qui sont injectés dans les campagnes électorales au cours desquelles des affiches géantes du fils d’Eyadéma trônent dans les différents carrefours, et le refus de soutenir l’UL, on se dit que le Togolais a perdu le sens des bonnes œuvres. Ceux qui s’offrent le privilège de soutenir la campagne électorale de Faure Gnassingbé en mettant à sa disposition des hélicoptères et des jets privés peuvent aussi s’engager aux côtés de l’Université de Lomé et injecter une infime partie de leurs fortunes dans ses recherches.

En dehors de l’Etat et des nouveaux riches que compte le pays, les partenaires techniques et financiers du Togo qui multiplient les dons à l’endroit du gouvernement peuvent aussi soutenir les efforts de l’Université de Lomé et l’aider à rattraper le retard accusé dans la mise en œuvre de son projet.

source : Géraud A. / Liberté Togo

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