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88% des Togolais et 87 % des Gabonais n’ont jamais connu qu’une seule famille au pouvoir.

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Dans un rapport collectif d’une dizaine d’auteurs basés en France et en Afrique, intitulé «Tournons la page ». Il est démontré le désir des peuples africains à plus de liberté et de démocratie. De longue date, et dans chaque pays, les aspirations démocratiques y sont vives, mais on les passait sous silence, à l’instar des manifestations réprimées au Togo en 2005, au Cameroun en 2008, en Ouganda en 2011. Après les mobilisations victorieuses au Sénégal (2012), au Burkina Faso (2014), en République démocratique du Congo (janvier 2015), le monde devra l’entendre : les citoyens d’Afrique veulent tourner la page des régimes autoritaires. Et prendre leur destin en main. Affirme le rapport.
 
Le cas de bon nombre de pays est évoqué dont le Togo dont 88% des citoyens n’ont connu qu’une seule famille au pouvoir. « L’absence d’alternance, ce n’est pas une question de culture, comme voudraient le faire croire les dictateurs. Ce sont des systèmes politiques organisés autour de l’accaparement du pouvoir et des richesses. Dans ce système, qui profite aux dirigeants en place et à leur clientèle, mais aussi à bien des États et des investisseurs étrangers, la population est prise en otage ». Rappelle le rapport.
 
On ne peut démocratiser une dictature soutien à raison les auteurs de ce rapport, le Togo reste un exemple vivant d’un régime réfractaire à toute norme démocratique. Le régime togolais de père en fils avec près de 50 années au pouvoir reste le champion toute catégorie des holdups électoraux, des violations des droits humains avec la torture comme sport favori. Les crimes les plus ignobles sont commis sans que les auteurs ne soient inquiétés au nom du règne de l’impunité. « De tels régimes ne peuvent être dégommés que par les armes ou la rue. Prétendre démocratiser des régimes autoritaires par d’amicales pressions étrangères relève, au mieux, de l’illusion », ironise le rapport.
 
Au Togo, le pouvoir dynastique n’a pas encore compris que la soif de démocratie est universelle. Le régime a gardé des réflexe d’oppression et de répression en ce 21èm siècle en foulant aux pieds les règles élémentaires des droits humains qu’il viole allègrement au grand dam de la communauté dite internationale, c’est d’ailleurs à juste titre que le rapport se demande, « Qui se souvient en effet qu’en 2005, plus de 500 Togolais ont perdu la vie en protestant contre la succession dynastique de la famille Gnassingbé, tout comme au moins 139 Camerounais en février 2008, pour avoir contesté la modification constitutionnelle permettant à Paul Biya de rester au pouvoir à vie ? Or les régimes en question – au même titre que ceux de Cuba, de Corée du Nord ou d’Asie centrale – sont bel et bien des archaïsmes. C’est ainsi qu’ils apparaissent aux yeux des Africains : plus de la moitié des Togolais, des Gabonais, des Tchadiens, des Congolais, des Burundais, des Ougandais, des Angolais, des Zimbabwéens, des Camerounais… n’ont jamais connu qu’un seul homme ou une seule famille au pouvoir « !
 
Le rapport n’oublie pas de rendre hommage au peuples d’Afrique qui sans aucune affiliation politico partisane décident de faire le ménage à la tête de leur état. Le dernier exemple salué de par le monde reste le Burkina Faso. Ce n’est pas cette communauté internationale qui a balayé le tout puissant Compaoré mais le peuple du Faso qui a réussi a déjoué les petits calculs des politiques et des puissances étrangères.
 
Après les indépendances en 1960, la tendance des conférences nationales avec l’apprentissage démocratique dans les années 1990 il est tant que la jeunesse africaine écrive son histoire et se prenne en charge en dehors des chapelles politiques. Le rôle de la société civile est plus qu’important en ces périodes. Entre 2015 et 2017 plus de la moitié des pays du continent connaitront des échéances électorales certains de ces pays en profiteront pour se débarrasser des rois éternels qui ont pris le fauteuil présidentiel pour un trône.
 
Le rapport fait bien de mettre en garde la jeunesse qui a soif d’alternance, « Tourner la page ne suffit pas. Encore faut-il écrire la suite ! Car la démocratie ne se conquiert pas en un jour, elle se conquiert tous les jours. Faire de l’alternance un pilier de la construction démocratique, faire de la mobilisation pour l’alternance un catalyseur de l’engagement citoyen, voilà l’enjeu. Au Sénégal, le mouvement « Y en a marre », initialement mobilisé dans un front du non au coup d’État constitutionnel, forme désormais les jeunes à la citoyenneté ».
 
C’est à cela que doit s’atteler la société civile togolaise, pour qu’après l’alternance tant rêvée la joie ne soit de courte durée parce qu’on aura confié le Togo à des citoyens sans vision ni idéal. Le parcours politique du Togo ces 25 dernières années comporte beaucoup de leçons pour se projeter dans l’avenir sans aucune illusion. Beaucoup de ces leaders politiques se réclamant des forces démocratiques ne sont pas aussi différents de ceux qui incarnent la dictature qu’ils soutienent combattre, c’est de la responsabilité de la jeunesse et des sociétés civiles d’éviter ce piège en analysant froidement la situation socio politique du Togo.
 
Dans le classement des familles tenant le pouvoir avant la naissance de la majorité des jeunes, le Togo est deuxième juste derrière la Corée du nord. Triste réalité que le peuple du Togo a l’obligation de changer.
 
« Quand on classe les pays du monde en fonction de la part de population née alors que la même famille était déjà au pouvoir, 14 des 20 premiers sont africains. Il faudra bien sûr en ôter le Burkina, laissé ici pour le symbole. Mais passés les vingt premiers, la « liste d’attente » est à l’envi : Rwanda, Djibouti, Azerbaïdjan, Burundi… Dans dix-sept cas (dont douze en Afrique), plus de la moitié de la population est née sous les auspices d’un même pouvoir. Jamais ils n’ont connu l’alternance. Le Congo fait ici exception, avec la parenthèse Lissouba de 1992 à 1997. Reste que le quintet de tête de ce classement fait froid dans le dos de tous les défenseurs des droits : 1. Corée du Nord, 2. Togo, 3. Gabon, 4. Syrie, tandis qu’Angola et Cuba partagent la cinquième marche. Dans ces pays, la succession, qu’elle ait bénéficié au frère (Raul) ou au fils (Jong-un, Faure, Ali, Bachir), a maintenu le pouvoir dans le giron familial, instaurant une véritable dynastie ». Fait remarquer un rapport, œuvre collective d’une dizaine d’auteurs en France et en Afrique.
 
Plus qu’un rapport c’est un appel aux peuples sous ces régimes dictatoriaux à s’affranchir.
 
A bon entendeur….
 
source : Fabbi Kouassi
 

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Publié le 12 avril 2015


Catégorie(s) : Politique
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"Je suis Jean-Pierre FABRE, je ne suis pas à vendre ni à acheter. Je ne vénère pas l'argent."



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