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Examen du projet de Budget 2015 : 506,638 milliards au Bénin, 803,7 milliards au Togo

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Adji Otèth Ayassor, ministre del’Economie et des Finances


Le gouvernement, malgré un « contexte économique préoccupant », foule encore aux pieds les prescriptions de la SCAPE
 
Ce matin devra commencer l’examen du budget 2015. Vingt-trois (23) jours pour décrypter un budget qui, tout en reconnaissant une activité économique mondiale « fragile », veut s’atteler « à la réalisation des objectifs affichés dans le document de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l’Emploi (SCAPE). Mais dans l’exposé des motifs, le même gouvernement, comme l’année dernière, foule aux pieds les divers axes de la SCAPE et attribue la part léonine aux infrastructures, gages des retro-commissions et des dessous de table.
 
Entre 2014 et 2015, le budget de l’Etat togolais fera un « pas de géant » de 11,5% et passera de 720,9 milliards à 803,7 milliards de FCFA. Les recettes propres estimées à 531,9 milliards sont déclinées en recettes fiscales et douanières d’un montant de 479,7 milliards et en recettes non fiscales de 52,2 milliards de FCFA. La Douane réalisera 270,5 milliards contre 226,6 milliards un an plus tôt. Et les Impôts totaliseront 209,2 milliards contre 190 milliards en 2014. Soit 19,4% et 8,9% d’accroissement. Quant aux recettes extraordinaires, elles passent de 257,3 milliards en 2014 à 271,8 milliards de FCFA en 2015. Rappelons que les recettes extraordinaires sont constituées de dons-projets, d’appuis budgétaires, d’emprunts-projets et d’emprunts obligataires. En somme, ce ne seront pas des acquis. Mais malgré que le budget général dégage un déficit de 271,8 milliards de FCFA qui devra être financé par les ressources extraordinaires, le gouvernement continue de privilégier les dépenses en infrastructures aux urgences sociales. La preuve, les trois axes majeurs de la SCAPE ont vu leurs objectifs inversés.
 
Ainsi, la SCAPE a prescrit 17,45% pour l’axe N°1 qui concerne le développement des secteurs à fort potentiel, mais le budget n’a prévu que 6,24% à ces secteurs. L’axe N°2, Renforcement des infrastructures économiques ne devrait pas dépasser 10,24%, mais les autorités, plus soucieuses d’entretenir leurs os, veulent consacrer le double de ce qui est prévu, soit 20,43% du budget à ce secteur. Le 3ème axe, mais pas des moindres, Développement du capital humain, protection sociale et emploi, ne bénéficiera que de 24,91% du budget alors que selon la SCAPE, c’est 33,86% du budget qui doit lui être accordé. Les dotations non réparties qui ne devraient pas dépasser 8,97% selon la SCAPE, bénéficient de 26% !
 
Lorsqu’on parcourt les lignes du budget, on remarque par exemple que la « fragilité de l’économie mondiale » relevée dans l’exposé des motifs, n’a pas d’effet sur le train de vie de la présidence : les dépenses en personnel, matériel, transferts et investissements cumulent à 13,206 352 milliards de FCFA, et cette année encore, la consommation en électricité dépasse 1,305 milliards de FCFA. Le secteur de la santé dont le chef de l’Etat a reconnu l’état de « mouroir » se retrouve avec une enveloppe de 44,047 347 milliards pendant que le ministère du Développement à la Base, de la Jeunesse, de l’Artisanat et de l’Emploi des Jeunes de Victoire Tomégah-Dogbé aura une enveloppe de 21,092 064 milliards de FCFA. Si seulement la vingtaine de projets et programmes portaient des fruits visibles et mesurables !
 
Le Togo n’est pas en guerre, mais le budget alloué au ministère de la Défense qui est sous l’autorité du chef de l’Etat, est énorme : 41,797 681 milliards de FCFA pour « défendre l’intégrité du territoire national » pendant que la sécurité intérieure se console avec 11,901 068 milliards.
 
Notons que dans les sociétés imposées, un flou réel demeure sur la liste exhaustive. Puisqu’en 2012 par exemple, le gouvernement a acquis des bus pour alléger les frais de déplacement des populations, mais en même temps générer des dividendes. Bizarrement, la société Sotral n’apparaît nulle part dans les sociétés imposées. Si les députés cherchent bien, ils trouveront qu’il existe encore d’autres dont les apports ne seront pas négligeables.
 
Au Bénin, le projet de budget présenté et déposé sur la table des députés depuis début novembre, est de 1.506,638 milliards de FCFA contre 1.127,502 milliards de FCFA en 2014. Et pourtant, ce pays ne dispose pas de « port en eau profonde », ni de phosphates ou encore moins de sociétés de transformation du clinker. Comment cela se fait-il que pendant que le Togo fusionne ses régies financières, le budget en soit encore à tourner presqu’à moitié de celui du Bénin voisin ? L’Office togolais des recettes (OTR) dont on ne cesse de rebattre les oreilles des citoyens serait-il un colosse aux pieds d’argile ? Nous avons encore souvenance que lorsque le Ghana par exemple a lancé son guichet unique pour la première fois, les recettes avaient bondi de 48%. Pourquoi ces prouesses ailleurs, mais pas au Togo ?
 
Ce matin, les élus du peuple, toutes tendances confondues vont plancher sur l’état des finances du pays en 2015. Combien seront-ils à porter des avis très critiques sur les chiffres ? Combien prendront-ils de la hauteur pour interpeller des ministres qui ont outrepassé les prescriptions de la SCAPE, prescriptions qui ont convaincu des partenaires en développement à accompagner le Togo ? Mais on ne sera pas surpris que malgré les recommandations des partenaires en développement qui ont porté un regard critique sur la loi des finances 2014, des députés préoccupés par « l’image du Togo à l’extérieur », votent, tels des moutons de Panurge, le budget 2015. Puisqu’ils seront toujours prêts à « revoter » des rectificatifs budgétaires.
 
Abbé Faria
 
source : Liberté Togo
 

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Publié le 8 décembre 2014


Catégorie(s) : Economie
Tags :

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