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Jonathan Fiawo et Elvire Grünitzky détenus dans l’affaire de détournement de 2,6 milliards FCFA d’Ecobank

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Ce scandale financier aux aspects balzaciens, a débuté en avril 2014 et implique les familles les plus représentatives de la politique et de la bourgeoisie d’affaires du Togo.
 
Tombée dans la journée du 26 août, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre dans la capitale et sur les réseaux sociaux. Jonathan Fiawo, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCIT) et sa maîtresse, Elvire Blanchette Grunitzky, responsable des comptes VIP à Ecobank, ont été déposés par le juge d’instruction ce 26 août, sur plainte d’Ecobank. Mme Grunitzky est accusée d’avoir détourné 2,6 milliards FCFA, un siphonage des comptes de dépôts à terme (DAT) des clients d’Ecobank au profit de son amant.
 
L’affaire défraie la chronique depuis plusieurs mois dans les colonnes de la presse locale, au point que tous les exemplaires du dernier numéro du bi-hebdomadaire L’Alternative- qui a réalisé un excellent dossier sur le sujet- avait mystérieusement disparus dès le matin de la parution du journal, achetés par un client tout aussi mystérieux, dans une ultime tentative de brouiller les pistes.
 
Bourgeoisie politique et d’affaires
 
A travers les détentions, les déclarations, les témoignages, les démentis et les intox, l’opinion ne savait plus à quels saints se vouer en ce qui concerne la vérité sur cette affaire. Elvire Blanchette Grunitzky malmenée par la justice depuis des mois a avoué la semaine dernière avoir effectivement effectué des transferts de fonds douteux sur le compte de Jonathan Fiawo. Ce que dément ce dernier.
 
Ce mardi 25 août, à la suite d’une longue confrontation entre Ecobank, Jonathan Fiawo et Elvire Blanchette Grunitzky, le juge d’instruction est intimement convaincu de leur culpabilité. Jonathan Fiawo est déposé au Service de renseignement et d’investigation (SRI) de la Gendarmerie nationale tandis que son amoureuse est expédiée à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).
 
Ce dépôt intervient à un moment où Faure Gnassingbé est mis à l’index pour l’impunité criarde dont jouissent plusieurs personnalités publiques et son entourage. L’affaire est à la fois excitante, car elle mêle sexe, argent et pouvoir, met aux prises des personnalités symboliques de l’histoire politique et économique du Togo.
 
Elvire Blanchette Grunitzky, comme l’indiquent ses prénoms et noms, descend de la haute bourgeoisie métisse togolaise. Elle est la fille de feu Nicolas Grunitzky, le deuxième président du Togo indépendant, du 16 janvier 1963 au 13 janvier 1967 et ancien Premier ministre de la République autonome, du 12 septembre 1956 au 16 mai 1958. Sa famille, quoique quelque peu sur le déclin, est prospère dans les affaires et détient de puissants intérêts financiers.
 
Personnage balzacien, Elvire Grunitzky tient d’Eugénie Grandet, l’amour aveugle pour son Jonathan Fiawo. On dit de cette femme laborieuse qu’elle a trois choses dans sa vie : son travail, sa maison et son Jonathan. A qui elle reste toute attachée et qui va causer sa perte. Comment comprendre la déchéance de cette bourgeoise, éprise d’un homme marié qui ne lui a même pas fait un seul enfant ?
 
Quant à son ami, la cinquantaine, dandy toujours tiré à quatre épingles, Jonathan Fiawo est fils d’une célèbre “Nana Benz”, aujourd’hui décédée. Il dirige deux deux entreprises – Omnium des services du Togo (OST) et Africaine de béton industriel (BTP). Il a été nommé en juillet 2008 à la tête de la CCIT et s’y accroche après avoir effectué plus du nombre de mandats réglementaires, au point de caresser l’idée de modifier les statuts pour y rester ad vitam aeternam.
 
Ce franc-maçon s’appuie à la CCIT sur une équipe de “frères de lumière”, souvent consultée par le président togolais Faure Gnassingbé. Des relations haut placées qui lui valent peut-être les couvertures dont il a bénéficié dans de nombreuses affaires qui jalonnent son parcours.
 
Cet épicurien tient à la fois de Fouquet et du cardinal Retz, voluptueux, ami des plaisirs et amoureux des femmes, extrêmement luxueux. Il flambe la vie et l’argent. Surtout l’argent.
Crimes économiques et impunités
 
Une suite de scandales le caractérise. Le premier scandale a été celui des chantiers de la cité de l’OUA. Des centaines de millions de contrats jamais exécutés, avant qu’une brigade financière de l’Etat l’amène à rembourser les sommes indûment perçues.
 
Notre confrère l’Indépendant Express décrit un peu son passage à la tête de la CCIT et la situation conflictuelle au cours d’une Assemblée générale tenue le vendredi 20 décembre 2013.
 
Des discussions houleuses ont émaillé l’assemblée générale vendredi dernier[20 décembre 2013] sur des questions sensibles, notamment, la limitation de mandat qui devrait ôter au président l’aveugle obsession d’être élu à vie, la question du budget 2014 qui a grimpé de 40% avec un budget de voyage évalué à plus de 90 millions de FCFA, le traitement inhumain et dégradant infligé au personnel de la chambre, les investissements non productifs et hasardeux engagés par la chambre, sont entre autres les sujets qui fâchent à la chambre consulaire.
 
Jonathan Fiawo symbolise la corruption et l’impunité des milieux politique et des affaires au Togo. Depuis quelques années, en tout cas depuis l’arrivée de Faure Gnassingbé, s’installent dans le coeur du système des hommes politiques et des dirigeants de société d’Etat soupçonnés de plusieurs détournements de fonds estimés à des centaines de millions voire de milliards, sans que le régime fasse un effort d’y mettre un terme. Des dirigeants convaincus d’avoir pillé des entreprises d’Etat qui ont fait faillite, sont juste repris et recyclés dans le système, nommés à d’autres postes, tandis que leurs entreprises abolies, sont créées sous d’autres formes. Ferdinand Tchamsi, Sam Bikassam, entre autres, sont symboliques de ces chevaliers d’industrie à qui tout est permis.
 
Le pillage du pays est estimé à 2 milliards de dollars US selon les experts de la Banque mondiale et du FMI, soit l’équivalent du budget 2014. Et le président Faure Gnassingbé lui-même s’est plaint d’une telle situation en accusant une minorité de s’accaparer des ressources du pays.
 
En attendant de voir la fin de ce feuilleton judiciaire qui vient de débuter, il semble que les relations de Jonathan Fiawo au sein du pouvoir ont fini par le lâcher. Dans ce cas sa chute sera rude.
 
Le Temps
 

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Publié le 27 août 2014 dans Envoyez cet article à un ami

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