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MOUVANCE PRESIDENTIELLE ET OPPOSITION AU TOGO : Où sont les programmes de Gouvernement de l’après-mars 2015 ?

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Faure Gnassingbé applique sa Constitution à la lettre. Lors d’une visite au Ghana le 25 novembre 2014, celui qui est à la tête du Togo rappelle que « sa » Constitution, – et non celle acceptée par le peuple Togolais en 1992-, sera « rigoureusement respectée ». A quoi fait-il allusion ? Au nombre illimité de mandats présidentiels qui lui garantirait de se présenter à nouveau pour les élections présidentielles de mars 2015, 2020 et 2025 sans avoir au préalable réalisé les élections communales, ni procédé aux réformes constitutionnelles et institutionnelles permettant de croire à la vérité des urnes au Togo.
 

1.    FAURE GNASSINGBÉ : L’ASPIRATEUR

 
En déclarant que la « la Constitution sera respectée » et que « le plus important c’est la stabilité et le respect des institutions 1 », Faure Gnassingbé considère indirectement que la vérité des urnes au Togo, non seulement est secondaire, inutile et superfétatoire, mais que sans lui le Togo ne peut fonctionner. Les militants et militantes de son parti Union pour la République (UNIR), qu’ils soient des véritables soutiens, des arrivistes ou des opportunistes y croient fermement et se sont alignés sur cette position. Mais la surprise vient de l’ex-farouche opposant  Gilchrist Olympio, Président de l’Union des Forces du Changement (UFC). Certains Togolais et Togolaises le qualifient aujourd’hui de « vrai » faux opposant tant il apparaît comme l’allié inconditionnel du pouvoir en place et n’hésite plus à s’aligner sur les mêmes positions que Faure Gnassingbé.
 
Cette dépendance qui frise l’hypnose est qualifiée même d’envoûtement par les langues fourchues qui mélangent allègrement la thaumaturgie et la sorcellerie au point d’engager à son insu des séances d’exorcisme dont les résultats peinent à devenir réalité. En réalité, il a toujours existé des accords secrets permettant au premier de garder le pouvoir et au second de fonctionner comme un éternel opposant. La contrepartie payée pour un tel accord demeure inconnue, si contrepartie il y a eu. Le vrai problème est que ce genre d’accord peut être contagieux et certains n’hésitent plus à voir dans l’attitude de tel ou tel opposant, des velléités de dupliquer un tel accord.
 
Embourbé volontairement dans un « accord de gouvernement » avec le pouvoir en place, Gilchrist Olympio sert de caution à Faure Gnassingbé qui lui parle de réconciliation nationale en associant depuis plus de 10 ans tout ce qui peut être qualifié d’oppositions, avérées ou pas, à son action politique. Faure Gnassingbé emmène régulièrement Gilchrist Olympio dans sa délégation, comme au demeurant au Ghana, comme preuve de sa plus grosse capture de « gros poisson dans l’opposition ». Mais, quand on va à la pêche, on ne choisit pas toujours ce que l’on capture. Le positionnement et le récent alignement sur Faure Gnassingbé d’Agbéyomé Kodjo 2, le Président du parti de l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS), rend de nombreux citoyens togolais dubitatifs sur la volonté réelle de servir les populations ou d’avoir un poste dans les arcanes du pouvoir togolais. En effet, celui dont les positions varient au gré de ses propres intérêts a choisi, aujourd’hui de s’aligner sur les positions du Parti UNIR en réclamant officiellement un 3e mandat pour Faure Gnassingbé. Mais il n’y a rien d’étonnant à cela puisque l’essentiel de sa carrière politique passée s’est opérée au sein du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), le parti du père de Faure Gnassingbé.
 
Aussi,  les électeurs togolais devront redoubler de vigilance pour comprendre qu’il est difficile au Togo de ne pas retourner vers ses amours politiques pour de nombreux politiciens togolais affichant le verbe d’une opposition de façade. Il est vrai que la faim, la soif, les pressions, les harcèlements, les bannissements des affaires et des réseaux décisionnels peuvent avoir contribué à forger les positions de certains. C’est donc bien au peuple togolais en tant que détenteur de la souveraineté individuelle et collective sur l’avenir du Togo de faire la différence entre le « vrai » et le « faux », entre celui qui veut le pouvoir pour « servir le peuple togolais » ou  pour « se servir d’abord ».
 
Pour faire avaliser le refus planifiée de respect de l’accord politique global et amener le parti UNIR et les partis satellites connus ou moins connus d’y adhérer, Faure Gnassingbé a mis en place la gouvernance de l’aspirateur. Il s’agit d’aspirer tout opposant passé, présent et à venir dans le moule de la « réconciliation ». Mais il ne s’agit pas uniquement des opposants. Les ecclésiastiques de tous bords  prônant déjà dogmatiquement la paix et l’alignement sur le pouvoir en place servent souvent d’éclaireurs, non sans des contreparties. Attention aux confessions et autres partages de nourriture dont la traçabilité du financement pourrait faire vomir plus d’un.
 

2.    L’ILLÉGALITÉ DE LA MODIFICATION DE LA CONSTITUTION DE 1992 : UN VIDE JURIDIQUE

 
Le changement unilatéral de la Constitution de 1992 approuvée par peuple a bien eu lieu avant les 6 derniers mois. Donc, au plan du droit, Faure Gnassingbé a choisi de ne pas respecter le parallélisme des formes. Ce qui a été adopté par un Référendum par le peuple togolais devra de nouveau être modifié ou aménagé par le même peuple togolais, ce, dans la transparence. En fait, c’est  le parlement togolais où le clan Gnassingbé détient une majorité héritée de la contrevérité des urnes qui a été instrumentalisé pour  abroger la limitation à deux mandats du Président et les élections à deux tours. Ce vice dans le droit n’a pas fait l’objet d’un contentieux de la part de l’opposition qui serait avisée de faire corriger cet oubli, même si chacun sait comment fonctionnent les tribunaux du Togo.
 
Mais sur le fond de la revendication principale de l’opposition togolaise, à savoir l’application de la Constitution de 1992 – et non celle unilatéralement et illégalement réformée par le pouvoir Gnassingbé avec son parlement « caisse d’enregistrement » -, il y a un problème de droit. L’opposition estime que la modification partielle de la Constitution de 1992 s’est faite de manière illégale, mais n’intente pas de procès pour valider sa position juridiquement. Et le pouvoir présidentiel estime que cette modification a eu lieu avant les six mois précédant les élections présidentielles de 2015 et qu’à ce titre, il n’y a rien à changer à ce qui est « légal » selon eux.  Alors, qui a raison ?
 
Vraisemblablement, c’est celui que les Occidentaux et plus particulièrement la France politique de François Hollande, mais aussi la France des Affaires des Bolloré et Compagnie choisiront… Oui la souveraineté du peuple togolais n’est pas nécessairement uniquement dans les urnes, ni dans le choix « libre »  des populations, étant entendu qu’au Togo la liberté de choix est toute relative en raison de la culture persistante de la contrevérité des urnes. Cela dépend aussi, parfois très fortement, de la préservation des intérêts bien compris. A ce jeu, il faut comprendre que chacun se positionne selon ses intérêts : soit pour les uns accéder à la mangeoire en apprenant la science de la ventrologie 3, soit pour les autres accepter les sacrifices qu’exige l’éthique individuelle. Mais personne ne vit d’eau fraiche et du tam-tam de la bouche.
 
C’est donc bien de la responsabilité de chaque Togolais et Togolaise dont il est question. Si, en catimini, une grande partie de ce peuple considère l’éradication de la contrevérité des urnes comme une priorité seconde, et préfère faire silence, sous couvert d’une « fausse paix », alors il se peut que le système politique dont a hérité le Togo depuis 1963 – avec l’assassinat resté impuni du premier Président togolais, Sylvanus Olympio -, soit la résultante de tant d’hypocrisie collective. Alors est-ce qu’un peuple mérite le Président qu’il a ? Peut-être, car il reflète ses contradictions qu’elles soient  visibles ou non visibles. La pauvreté, la peur, l’ignorance, le gain facile, la corruption et l’instrumentalisation par des forces exogènes n’y sont pas étrangers.
 

3.    OÙ SONT LES PROGRAMMES DE GOUVERNEMENT ?

 
Même si Faure Gnassingbé et ses soutiens militaro-civils s’organisent pour rester au pouvoir indéfiniment, le sursaut d’un peuple tout entier ne se décrète pas. Il se construit dans la transparence, l’exemplarité des dirigeants de l’opposition et dans le sérieux des programmes de gouvernement. Mais où sont-ils ces programmes de gouvernement de UNIR ou de l’opposition dite unique sous la nouvelle appellation du Combat pour l’Alternance Politique en 2015 (CAP 2015) ?
 
Non, un peuple ne mérite pas toujours le Président qu’il ne s’est pas choisi. Le peuple burkinabé vient de faire la démonstration qu’un peuple uni et voulant faire reposer son avenir démocratique sur la vérité des urnes peut grâce à une transition intelligente, se choisir son futur dirigeant tout en contrôlant les militaires opportunistes. La réalité là-bas, est que le rejet de Blaise Compaoré a été unanime, y compris au sein de l’armée. Les militaires républicains sont enfin sortis de leurs revendications catégorielles d’amélioration de leurs conditions de travail  pour embrasser la cause de la démocratie au service du peuple.  Au Togo, les militaires républicains ne sont pas légion. Entre préserver le statu quo pour en tirer des avantages personnels, de pouvoir et de promotion d’une part et  d’autre part, défendre l’avenir démocratique du Togo et servir la volonté du peuple, il y a au mieux, une confusion, au pire une trahison, c’est selon.
 
Aujourd’hui au Togo, la Loi fondamentale togolaise modifiée pour préserver le pouvoir d’Etienne Eyadéma Gnassingbé puis de son fils Faure Gnassingbé, est un abus du droit constitutionnel et une discrimination mise aujourd’hui au service de Faure Gnassingbé et ses affidés en optant pour la non-limitation du nombre de mandats présidentiels. Il est vrai qu’en Allemagne, rien n’empêche la Chancelière, Mme Angela Merkel de se représenter pour la 4e fois. Donc le problème n’est pas tant la limitation du nombre de mandats, mais bien la transparence des élections par la vérité des urnes et l’exercice démocratique du pouvoir politique. Car si les Allemands ne voulaient plus de Mme la Chancelière, ils le feraient savoir dans les urnes. Au Togo, l’électeur Togolais n’a pas la même marge de liberté et de sécurisation des élections, et le niveau de pauvreté peut le conduire aussi à opter pour la devise : « manger d’abord, la vérité des urnes après ». Cette approche schizophrène permet de faire perdurer le système de contrevérité des urnes au Togo, au point de faire croire que la seule issue ne pourrait se faire que par la violence d’un coup d’Etat perpétré par des militaires.
 
Pour l’opposition togolaise, n’avoir comme seule ambition de clamer qu’un Président qui n’aurait pas fait les réformes institutionnelles et constitutionnelles promises ne puisse pas se présenter une troisième fois en mars 2015, pose aussi le problème de la méthode de lutte politique choisie par cette opposition. Pour invalider valablement les modifications de la Constitution de 1992 que le peuple a choisie par référendum, il faudrait nécessairement, obtenir une décision en justice, en principe d’un tribunal compétent pour statuer. Cette décision devrait s’appliquer de manière rétroactive.
 
A défaut, il faut craindre que les manifestations régulières de l’opposition depuis 2010, ne focalisent in fine un ras-le-bol qui pourrait déboucher sur un bain de sang à l’issue duquel  personne ne sait qui resterait vivant au sommet de l’Etat, tant la confusion et la panique engendrées pourraient avoir pour effet de mettre tout le monde d’accord au Togo en faisant couler le sang innocent. Il est utile ici de rappeler, que lors du bain de sang engendré par la crise post-électorale de 2005 lors de la première élection de Faure Gnassingbé, c’est ce dernier qui est resté vivant à la tête de l’Etat et plus de 1000 citoyens togolais qui sont morts, sans compter les blessés, les handicapés et les humiliations diverses et les viols. L’impunité et la bénédiction de certains ecclésiastiques offrant le pardon comme du « pain béni » a fait le reste. Entretemps, les manifestations de l’opposition à l’appel du CAP 2015 avec Jean Pierre Fabre, Président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et de la société civile, notamment sous la houlette de Maitre Zeus Ajavon, le coordinateur des Organisations de Défense des Droits de l’Homme (ODDH), pour amener Faure Gnassingbé à la raison et procéder aux réformes constitutionnelles et institutionnelles se poursuivent à Lomé et à l’intérieur du pays (Sokodé le 19 décembre 2014) en toute indifférence de la communauté internationale, dont la France 4.
 
Pourtant, il suffit de mettre cartes sur table et faire publier les programmes de gouvernement, d’une part de la mouvance présidentielle (UNIR) élargie à l’UFC et OBUTS et quelques autres, d’autre  part, celui de CAP 2015 élargi à ceux qui souhaiteraient rejoindre ce groupe et demander aux citoyens de se positionner pour choisir la solution, réaliste au plan budgétaire et non populiste, qui servira de fondement à la gestion du Togo de l’après 2015. Bien sûr, le travail en électrons libres de quelques-uns comme par exemple Koffi Yamgnane, Président de Sursaut-Togo à qui Faure Gnassingbé refuse toujours la création d’un parti politique ou d’Alberto Olympio, Président du Parti des Togolais, n’a de sens que si, pour une fois, tous les opposants s’accordent sur le fait que le vrai problème du Togo est bien l’absence de « vérité des urnes » et que pour cela, il faut bien une candidature commune et non une candidature unique.
 
Ce candidat et son équipe élargie, y compris avec l’apport de la Diaspora, doit apprendre à surmonter les critiques en répliquant avec un programme commun fondé sur la transparence, la crédibilité de l’alternance proposée, surtout au plan économique. Pour ce faire, ce groupe devra apprendre à anticiper, en ayant déjà prête son équipe pour la transition d’une douzaine de mois, car alternance rime avec transition. Celle-ci est inéluctable face à une gestion discriminatoire de l’Etat par Faure Gnassingbé qui a fait passer le Togo de – 13,4 % de déficit de la balance commerciale en 2005 à – 21,9 % en 2014 5 avec des estimations autour de – 21,8 % en 2015. Si Faure Gnassingbé reste au pouvoir, le Togo court le  risque du doublement  du déficit de la balance commerciale d’ici 2025.
 
Alors où sont les programmes économiques de gouvernement des uns et des autres ? Une fois ceux-ci exposés et débattus, chacun des protagonistes en commençant par Faure Gnassingbé, devra annoncer, si possible au cours des vœux de fin d’année, que si la vérité des urnes ne lui accorde pas la victoire, il acceptera les résultats et félicitera son adversaire. Jusqu’à ce jour, personne ne se rappelle que cette promesse ait été tenue par Faure Gnassingbé qui n’accepte jamais les recomptages des bulletins de vote, notamment au niveau des bureaux de vote, surtout dans la partie nord du pays.
 

4.    RECOMMANDATIONS DE CVU-TOGO-DIASPORA

 
CVU-Togo-Diaspora souhaite vivement que le programme politique et économique de chacun des principaux candidats soit rapidement mis  à disposition et consultable par tous. Les candidatures communes doivent prêter serment de respecter leur programme dans l’esprit comme dans la lettre. En cas d’imprévus, les mêmes candidats doivent se rappeler qu’ils ou elles ne sont que des représentants du peuple et à ce titre, trouver les solutions sur la base de la concertation avec ceux qui les auront choisis. Avec une candidature « unique », le risque de voir un nouveau « roitelet » dicter sa vision du monde au peuple togolais pourrait se répéter.
 
CVU-Togo-Diaspora rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire.  Les risques de dérapages plus ou moins violents peuvent encore être évités… La fin de l’impunité pourrait alors être pacifique en cas de départ ou « kidnapping » inopiné de Faure Gnassingbé par des forces exogènes.
 
Que les réformes institutionnelles et constitutionnelles se fassent, les choses iront mieux. Mais si celles-ci ne se font pas, alors Faure Gnassingbé aura roulé tout le monde dans la farine de manioc. Ainsi, CVU-Togo-Diaspora exhorte chaque Togolais à agir par tous les moyens démocratiques pour faire respecter le principe de la vérité des urnes. Chacun doit commencer à s’organiser d’ores et déjà pour être présent dans et aux abords de chaque bureau de vote pour compter et recompter les bulletins de vote et annoncer par téléphone portable le résultat aux médias indépendants qui pourront alors les publier avant toutes fraudes.

 
Dr Yves Ekoué AMAÏZO
Coordonnateur général
 

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Publié le 15 décembre 2014 dans Envoyez cet article à un ami

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