Pour une opposition rassurante et gagnante

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cst_conf_22mai2014

La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse, nous apprend la bible. Shakespeare va plus loin. La meilleure sauvegarde, c’est la crainte, nous dit-il. La crainte, comme il apparaît dans ces deux citations est une qualité qu’il faut savoir cultiver. Surtout quand il s’agit de la crainte de se tromper, de conduire une multitude à la catastrophe.

Au dialogue qui s’achève et dont on attend les résultats, les uns et les autres sont allés sans nulle crainte, campés sur des positions tranchées. L’heure de la vérité approche, et les uns et les autres commencent à rendre publique leurs contributions à la réussite du dialogue. Pourquoi ces contributions n’ont-elles pas été remises directement au Président de la République, et pourquoi a-t-on réclamé un dialogue ?

Me Zeus AJAVON semble avoir découvert sur le tard que tout ce que le dialogue demande peut dépendre de la volonté d’un seul homme, l’autre dimension de l’alternative étant le recours au peuple.

Demandez et l’on vous donnera, enseigne le Christ. Il est évident que ce que l’on demande est aussi important que la manière dont on le demande. Si vous demandez sans vous mettre à la place de l’autre pour savoir ce qu’il peut vous donner, vous perdez votre temps. Si vous demandez ce qui est raisonnable, sans y mettre la manière, vous perdez aussi votre temps. C’est valable avec Dieu. C’est encore plus valable pour l’homme, qui pense plus en fonction des rapports de force, qu’en fonction de la miséricorde. La grande crainte qui doit habiter chaque homme politique dans ses choix, c’est que le rapport de force ne lui soit pas favorable.

GANDHI pensait que le plus difficile est de vaincre la dureté de cœur des gens cultivés. C’est précisément cette dureté de cœur que chaque homme politique doit vaincre s’il veut vraiment servir l’intérêt général. Pour y parvenir il faut commencer à ne pas être complaisant avec soi, à mettre ses défauts dans les poches de devant et ceux d’autrui dans les poches de derrière.

Si l’opposition se regardait telle qu’elle a été, assez aveugle pour ne pas faire intégrer un verrou comme la nécessité d’un référendum pour abroger la limitation des mandats inscrite dans la constitution de 1992; assez aveugle pour boycotter les législatives de 2002 et ouvrir un boulevard permettant au RPT de modifier seul la constitution, à sa guise, elle devrait comprendre que face à de telles fautes historiques, la compensation attendue du peuple et surtout de ses adversaires est une profonde humilité et une grande maturité, qu’on ne trouve pas encore dans les dialogues togolais. Cette profonde humilité et cette grande maturité seules peuvent rassurer. Elles doivent prendre la forme d’une stratégie et d’une vision, qui remodèlent d’abord l’opposition elle-même pour la transformer en un ensemble uni, organisé, compréhensible et respecté de tous, y compris de ses adversaires.

Ce chantier là est celui d’un dialogue, dont on n’a jamais parlé au Togo, celui des partis se réclamant de l’opposition, pour peut-être parvenir par exemple à un nombre respectable de partis politiques. Les coalitions de partis sont un premier pas, mais il reste encore beaucoup de choses à faire pour construire une opposition rassurante et gagnante.

 
Dy Gilid
 
La Passerelle
 

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