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Police nationale : Neuf mois sans salaire depuis le recrutement d’un millier de candidats

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Adji Otèth Ayassor, ministre del’Economie et des Finances


Ils étaient des Commissaires, des Officiers de police (OP), des Officiers de police adjoints (OPA) et des Gardiens de la Paix (GP) heureux d’avoir réussi au concours de la Police nationale en mars dernier et avaient des rêves à réaliser une fois qu’ils seront devenus des salariés permanents. Mais voilà neuf mois depuis la proclamation des résultats, et à ce jour, ils n’ont pas encore touché leur première paye. Et pourtant, le chef de l’Etat n’a trouvé mieux à faire que de décréter « la refondation de la police ». Mais ne dit-on pas que « ventre affamé n’a point d’oreille » ?
 
Il vous souvient qu’en mars 2014, le journal LIBERTE avait créé l’actualité suite au concours de la Police nationale dont les résultats définitifs avaient été proclamés. Dans le temps, nous avions montré que des candidats avaient été admis sans avoir été admissibles. La vie a ensuite suivi son cours normal, apparemment. Mais nous apprenons que depuis leur admission dans les différents corps de Police, les nouvelles recrues n’ont pas encore perçu leur premier salaire. Or, il y a neuf mois que les résultats ont été rendus publics. Neuf mois sans possibilité de se prendre en charge financièrement alors qu’on les dit salariés. Qu’est-ce qui peut expliquer cet abandon de ces recrues dont la plupart se sont saignées pour constituer les dossiers pour candidater ?
 
A la direction de la Police nationale, des informations concordantes que nous avions déjà révélées, confirment encore que les diplômes sur la base desquels la plupart de ces recrues avaient été déclarées admises seraient la source de leurs maux financiers. Selon les dispositions au sein de la Police togolaise, ne peut par exemple être commissaires que ceux qui disposent d’un diplôme en droit, les commissaires étant appelés à trancher des affaires juridiques dans les commissariats. Or, nous avions appris que beaucoup de candidats auraient été recrutés avec des diplômes obtenus dans d’autres filières.
 
Aussi, pour remédier à cette situation, nous revient-il qu’il aurait été décidé que les recrues qui n’auraient pas présenté les diplômes requis par les textes de la Police, soient décalés d’un rang. Autrement dit, un commissaire pourrait se retrouver OP, un OP deviendrait OPA et un OPA serait reclassé Brigadier-chef. Mais si le sort des recrues importait aux autorités, il y a longtemps que cette disposition serait mise en application pour permettre à tous ce millier de jeunes de sortir de la précarité avilissante dans laquelle ils demeurent.
 
Aujourd’hui, même si c’est le ministère de la Sécurité et de la Protection civile qui, en association avec celui de la Fonction Publique, ont pris l’initiative de lancer ce concours, les clés des finances restent dans les poches d’Adji Otèth Ayassor, et il serait utile que ce dernier sorte de son silence pour édifier et le peuple, et les nouvelles recrues quant aux raisons qui pourraient justifier cet état de chose. Mais lorsqu’on apprend récemment que les fonds « mis à la disposition » de la Commission électorale nationale indépendante par le ministre Ayassor ne sont toujours pas « disponibles », on est en droit de se demander si les caisses de l’Etat togolais auraient quelques problèmes de trésorerie.
 
Peu après la chute de l’ancien Président burkinabé Blaise Compaoré, Faure Gnassingbé a rencontré les corps de la Police nationale pour parler encore de « refondation », en prévision de la prochaine élection présidentielle à laquelle il fait des pieds et des mains pour être admis. Sans émettre un seul mot sur les maux de ce corps. Mais la grande muette ne restera muette que si elle mange et s’habille à sa guise. Près de 1.100 nouvelles recrues abandonnées sans solde et exposées aux tentations de la vie, cela devrait faire réfléchir plus d’un. Bientôt les fêtes de fin d’année avec leurs lots de besoins et d’urgences. Pendant que les « haut-perchés » du régime rempliront leurs frigidaires avec des victuailles, des forces de l’ordre affectés à leur protection n’auront rien pour passer les fêtes.
 
Abbé Faria
 
source : Liberté Togo
 

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Publié le 2 décembre 2014 dans Envoyez cet article à un ami

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