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Flash info :: | Le coup de force électoral d’avril 2015 au Togo | Selom Klassou a représenté ce vendredi Faure Gnassingbé à l’investiture du président du Cap-Vert, Jorge Carlos Fonseca, réélu démocratiquement début octobre 2016 (officiel). | Mettre la pression pour les réformes : CAP 2015 en tournée fin août à partir de Tône (nord) | Le match amical Gabon-Togo de fin mai prochain n’aura pas lieu. | Commémoration des 56 ans d’indépendance du Togo: Faure Gnassingbé a ouvert officiellement les portes du Radisson Blu 02 février ce 26 avril 2016.



Présidentielle de 2015 : L’énigme cornélienne induite au sein de l’opposition par les décisions obscurantistes du pouvoir

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Le processus électoral a connu la semaine passée un coup d’accélérateur, mais pas dans le bon sens. Le pouvoir a multiplié les décisions unilatérales et obscurantistes à coups de violations des dispositions réglementaires et de la Constitution et annonciatrices d’un scrutin au sort déjà scellé. Mais l’opposition doit-elle toujours y participer dans ces conditions ou le boycotter ? Et en cas de boycott, ce sera quoi la suite ?
 
Une suite de transgressions et de coups de force
 
Le consensus, tel est l’esprit prôné par l’Accord politique global (Apg) du 20 août 2006, et c’est dans cette disposition mentale que le processus électoral devrait être conduit. Mais c’est un secret de Polichinelle qu’il est mené depuis le début en tout obscurantisme et unilatéralisme par le pouvoir. L’équité recommandée dans la composition des institutions électorales, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et la Cour constitutionnelle, et leur indépendance sont un vœu pieux. Les réformes constitutionnelles et institutionnelles prescrites depuis 2006, puis réitérées par la Commission Vérité, Justice et Réconciliation, censées promouvoir la démocratie et apaiser le climat politique se font toujours désirer. Ou mieux, Faure Gnassingbé qui en avait pris l’engagement devant Dieu et devant les hommes, refuse de les mettre en œuvre. Mais le clou des coups de force a été noté au cours de la semaine dernière, avec les décisions multipliées par le pouvoir concernant le scrutin.
 
Le premier acte a été la fixation de la date du scrutin. L’élection était censée être organisée dans le délai constitutionnel situé dans la fourchette du 17 février au 5 mars, conformément aux articles 61 et 64 de la Constitution et 98 du Code électoral. Au regard de l’état des préparatifs, il est apparu évident que ce délai ne pouvait pas être tenu. Devant une telle situation, le bon sens recommandait que la date soit alors fixée de façon consensuelle ; et c’est ce que bien de partis et leaders de l’opposition ont relevé depuis la sortie datée du 2 février de la Cour constitutionnelle, et surtout la curieuse mise au point faite le lendemain par Aboudou Assouma pour tracer la voie à un coup de force du pouvoir qui annonçait justement, par le biais du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Gilbert Bawara, le scrutin à la mi-avril. Mais le pouvoir n’a pas jugé utile de s’entendre avec l’opposition pour définir cette date. Et c’est le 15 avril mijoté depuis quelque temps dans les arcanes du sérail qui a été choisi par le Conseil des ministres, en violation de la procédure. En effet selon les dispositions, c’est à la Ceni de proposer une date, en tenant compte de son chronogramme ; et c’est le 21 avril qu’elle a suggéré au gouvernement. Mais le pouvoir a imposé le 24 février dernier sa date au Conseil des ministres, comme nous rapportions les manœuvres il y a quelques jours.
 
Une violation en appelant une autre, c’est un corps électoral fictif qui a été convoqué à se rendre aux urnes ce 15 avril. Selon les dispositions réglementaires, c’est seulement lorsque le corps électoral est connu que l’on fixe la date du scrutin. Et d’après le chronogramme établi par la Ceni, c’est le 21 mars prochain qu’elle pourrait en avoir une idée exacte, après l’apurement des listes électorales suite à l’opération de révision bouclée le 23 février dernier.
 
La consécration aura été le choix de Faure Gnassingbé de briguer un 3e mandat au pouvoir. Alors même qu’il devrait vider le plancher au terme de son second mandat, il s’est fait investir le 25 février par son parti, l’Union pour la République (Unir). Et l’argument est tout trouvé pour le justifier : la Constitution qui ne limite pas de mandat – c’est un détail qui revient souvent dans la chute des articles sur republicotogo.com et dans les organes proches du pouvoir. La Loi constitutionnelle tripatouillée par Eyadéma le 30 décembre 2002 et que l’Apg, ainsi que la Cvjr ont justement recommandé de ramener à la normale ! On le voit bien, le Prince s’est donc retenu d’opérer les réformes constitutionnelles recommandées par l’Apg pour se prévaloir donc de cette Constitution charcutée et dépourvue de sa substance.
 
Comme s’il n’attendait que l’investiture de Faure Gnassingbé, Taffa Tabiou – en lieu et place de la Ceni – s’est empressé d’ouvrir dès le lendemain la période de dépôt des dossiers de candidatures clôturée le samedi 28 février puis prorogée au dimanche 1er mars.
 
D’autre part, alors même que le Code électoral lui en donne droit – article 60 alinéa 2 -, la requête d’accès et d’audit du fichier électoral introduite par Alberto Olympio du parti des Togolais est restée sans suite. Et de guerre lasse, le candidat au scrutin s’est transporté le vendredi dernier à la Ceni, croyant ainsi faire pression sur ses dignitaires et obtenir gain de cause. Mais le pouvoir n’a pas cru devoir accéder à sa demande pourtant légale et légitime. Le processus au complet aura été donc une suite de violations et de coups de force.
 
Participer ou boycotter
 
Le pouvoir est dans une dynamique de coups de force, et la suite de violations flagrantes des dispositions réglementaires sans aucun pincement au cœur est illustrative des réelles dispositions d’esprit de Faure Gnassingbé pour ce scrutin. Il est évident que le Prince ne se donnerait pas toute cette peine, prenant même le risque de se mettre à dos la communauté internationale et les leaders du monde civilisé, pour perdre à la fin. Les dés sont pipés et les jeux visiblement déjà faits. Devant cette situation, toute participation de l’opposition à un tel scrutin verrouillé serait un simple accompagnement de Faure Gnassingbé et prendrait des allures de légitimation de sa victoire programmée. C’est ici que se développe un fort penchant pour le boycott au sein de l’opposition et de l’opinion en général.
 
Il faut boycotter l’élection, crie-t-on dans toutes les directions. Jonas Siliadin, un ancien activiste du pouvoir reconverti opposant et inconditionnel d’Agbéyomé Kodjo, bruyamment aphone au cours du débat sur les réformes et la candidature de Faure Gnassingbé, auteur de « Togo : Démocratie impossible », un ouvrage qui est beaucoup plus un réquisitoire contre l’opposition, a cru devoir se transporter promptement sur RFI et proclamer l’option de boycott. « Il faut utiliser l’arme du boycott », a-t-il clamé. Ce début de semaine devrait voir les porte-voix de cette option se promener de radio en radio pour la promouvoir. On ne serait pas étonné de voir même les JMP (Journalistes en mission pour le pouvoir) le réclamer. C’est a priori la réponse idéale à réserver par l’opposition à l’obscurantisme ostentatoire de Faure Gnassingbé. Ainsi ses différents concurrents refuseraient de s’associer à la mascarade électorale en préparation et laisseraient le Prince assumer seule la responsabilité de ses actes. Participer à ce scrutin dans les conditions présentes, c’est donc légitimer la victoire programmée de Faure. « Ce sont de mauvais perdants », « Ils ont participé au scrutin, ont été battus et refusent de reconnaitre leur défaite »…ce sont là les raisonnements que tiendraient les griots du pouvoir pour confondre les candidats de l’opposition qui viendraient à contester les résultats programmés à l’avance.
 
Et si le boycott était un piège ?
 
« Le boycott ne résout pas le problème togolais. Non et Non. Pas de boulevard pour Faure. La participation de l’opposition à cette élection est le moindre mal », réagit un compatriote sur la toile à propos de la curieuse intervention de l’universitaire Jonas Siliadin qui n’a jamais cru devoir proposer de solution à la classe politique au cours du long débat sur les réformes. Il faut l’avouer, le boycott est assez tentant. Mais que va-t-il se passer après ? Voilà la grande question qu’il urge de se poser. « C’est vrai, il y a une division de l’opposition et le peuple sait ce qu’il veut. Mais comment prôner dans cette actuelle situation le boycott? Une certaine communauté internationale viendrait-elle après les élections dire à Faure de refaire les élections et de redevenir candidat ? C’est vraiment se moquer de l’intelligence des gens. La meilleure des choses qu’ils nous proposeront, c’est un accord une fois de plus et un gouvernement d’union… », relève un observateur qui anticipe visiblement déjà les solutions (sic) que viendrait à nous proposer la communauté internationale en cas de boycott. « Tu sembles appeler au boycott et donc demander de laisser Faure seul aller aux élections. Mais, c’est quoi la suite? Puisque personne n’a été aux élections, Faure sera encore président pour 5 ans et on fait quoi? On l’attend? Puisque en 2020, il sera encore candidat (…)», renchérit un autre.
 
Une chose est certaine, même en cas de boycott de la crème de l’opposition, Faure Gnassingbé ne manquerait pas d’opposant (sic) pour l’accompagner dans l’aventure. Et certains observateurs pensent même que c’est l’option à laquelle Faure Gnassingbé voudrait pousser l’opposition et y voient un piège. « La multiplication des coups de force et des violations éhontées des dispositions légales participent d’une stratégie bien ficelée au sein du pouvoir visant à toucher les opposants dans leur égo, les pousser à boycotter le scrutin et aussi démobiliser les électeurs de l’opposition. C’est notamment Jean-Pierre Fabre et le Cap 2015 qui sont visés. Même si rien ne gage de leur victoire en cas de participation, un boycott laisserait un boulevard à Faure qui n’aurait pas besoin de frauder pour l’emporter devant les autres concurrents qui ne sont que des poids plume », nous confie une source.
 
Au demeurant, la question reste posée : on boycotte le scrutin, mais au fait quoi après ? C’est un véritable choix cornélien qui se pose à l’opposition et aux électeurs.
 
Tino Kossi
 
source : LIberté Togo
 

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Publié le 3 mars 2015 dans Envoyez cet article à un ami

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