Togo – Relance du dialogue/Appel au président Buhari et ses collègues de la CEDEAO : Nécessité d’une rencontre avec les chefs corps de l’armée togolaise

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photo | Global actu


Le Togo, notre pays ne doit pas demeurer une absurde singularité dans la sous-région. Pendant qu’un groupuscule de Togolais sans dignité est cramponné à des intérêts occultes sans se soucier de l’avenir du pays et limite ce dernier à leur unique personne, plusieurs millions de citoyens togolais ont aujourd’hui honte de s’afficher à l’extérieur comme des Togolais. Cela doit prendre fin. Depuis 1967 à ce jour, soit 51 ans durant, le Togo reste le seul pays dans l’espace CEDEAO à être dirigé par une seule et même famille. Après la mort d’Eyadèma en 2005, tout le monde a vu comment le système en place s’est pris sans honneur pour remplacer à bras raccourci le père par le fils en violation de notre Constitution.
On a parlé à l’époque d’allégeance de l’armée à ce dernier. Mais combien sont-ils en réalité dans l’armée nationale qui n’est pas une armée de famille, à réellement vouer allégeance au fils du père ? Sûrement une infime minorité qui s’accroche rien qu’à ses intérêts obscurs indus pour se permettre n’importe quoi au nom de l’armée qu’on dit ‘’disciplinée’’. Même dans la grande muette, une grande majorité attend certainement sans oser le dire, de peur d’être trucidée, le jour où leur armée deviendra apolitique et réellement républicaine.
« Les crises politiques, disait récemment le président Buhari, sont mauvaises pour le développement de la région et les transitions politiques ne sont plus négociables, compte tenu du poids que font peser les crises politiques sur l’économie et sur les citoyens ordinaires ». Ce sont là les propos d’un ancien et nouveau chef d’Etat du Nigeria, Muhammadu Buhari. La facile transition politique qui ne se négocie pas, a permis à cet ancien Général converti à la vie civile de revenir aux affaires quelques années plus tard par les urnes. Faure Gnassingbé peut le faire aussi, s’il se reconnait des vertus capables de faire de lui un digne et vrai président de la République.
En prenant cette position ferme depuis quelque temps et en ne cautionnant pas la perpétuation d’une famille à la tête du Togo, le président nigérian n’a sûrement rien contre la coterie en place. On le voit mal, face à sa fermeté et sa conviction, changeant de position demain comme d’autres par le passé, même si une mallette de plusieurs milliards de francs lui était proposée. Sans doute, voudrait-il aider le Togo par principe à devenir un pays normal comme les autres. Voilà pourquoi il s’est engagé à ce que « son administration travaille avec les autres chefs d’Etat de la CEDEAO pour empêcher que les transitions politiques ne dégénèrent en crise ».
Selon les indiscrétions, Faure Gnassingbé aurait confessé récemment à certains chefs d’Etat de la sous-région que c’est l’armée qui refuse qu’il quitte le pouvoir. Voilà qui est bien lâché tout comme en 2005 il lâcha que leur papa leur avait demandé « de ne jamais lâcher le pouvoir, car il leur sera difficile de le reprendre ». Face à une telle déclaration, la coalition des 14 devrait pouvoir se frotter la main. On avait parlé d’allégeance de l’armée à Faure Gnassingbé dans la nuit du 5 février 2005. Les écrans de la Télévision Nationale avaient montré la scène avec des officiers supérieurs des FAT dont certains de gré ou de force se sont mêlés à des zélés accrochés à la conservation des intérêts acquis et à leur consolidation ; intérêts pour lesquels ils continuent de se battre au détriment des intérêts de leur nation. Aujourd’hui, nombre de ceux-là qui s’étaient affichés à la TVT, beaucoup le savent, ne sont plus en odeur de sainteté auprès des tenants du pouvoir ; peut-être pour s’être ramollis et pour avoir compris qu’il y a des abus de toutes sortes au niveau militaire.
Suite à la révélation de Faure, que resterait-il à faire, maintenant qu’il est clair qu’il est pris en otage lui-même et n’est pas doué pour diriger une nation ? Il revient à l’institution sous régionale tout comme elle s’était mobilisée contre Yahya Jammeh il y a un peu plus d’un an, de convoquer une rencontre avec la haute hiérarchie des FAT, notamment avec le chef d’Etat-Major de l’Armée de Terre, le Chef d’Etat-Major de l’armée de l’Air et le Chef d’Etat-Major de la Marine. Au cours d’une telle rencontre, la question devra leur être adressée de savoir s’il est vrai que ce sont eux les grands patrons des FAT qui refusent que Faure Gnassingbé quitte le pouvoir. S’ils le confirment, il faudra qu’individuellement chacun se justifie. Il faudra leur poser ensuite la question de savoir ce que le Togo a d’exceptionnel par rapport aux autres pays de la sous-région où les alternances se passent sans problème et où une seule famille n’est pas là de père en fils.
Il est temps que la CEDEAO aide le peuple togolais et le Togo à retrouver la vraie stabilité pour faciliter le vrai développement et non un développement du bout des lèvres et de façade. Pour mémoire, en 2015 à Accra, Faure Gnassingbé et Yahya Jammeh avaient été les seuls à s’opposer à la limitation du mandat présidentiel sur la quinzaine de chefs d’Etat que compte la sous-région. L’un ayant vidé le plancher, il reste l’autre. Il doit impérativement partir et l’armée devra marquer son retour dans les casernes pour mettre fin à ses nombreuses dérives.
Il y a une semaine, des militaires à bord de cinq véhicules des FAT sont allés semer le désordre dans le village de Paratao dont est originaire le président national du Parti National Panafricain (PNP), Tikpi Atchadam. Ils ont semé la pagaille en empêchant ceux qui sont sortis et doivent rentrer chez eux de le faire. Dans le sens contraire, ils ont empêché ceux qui doivent sortir de leurs habitations de le faire également. Ils ont tabassé les villageois et blessé gravement nombre d’entre eux sans justification. Une armée républicaine et disciplinée ne se comporte pas comme cela. Les forces armées existent un peu partout. Au Ghana, au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Nigeria, au Bénin, au Niger, … Pourtant elles se font discrètes et ne se mêlent pas de la vie politique et donnent l’image d’armées civilisées. Est-ce pour autant que ces nations n’ont pas d’armées ?
Il est temps que fin soit mise à ces dérives et comportements barbares. Personne ne peut dire que ce sont des éléments incontrôlés des FAT qui sont allés semer cette pagaille à Paratao. Au Liberia, sorti d’une longue guerre civile il y a quelques années, à force de bonne volonté, de discipline retrouvée et d’amour pour la patrie, les composantes de l’armée et les hommes politiques ont remis leur pays sur les rails en favorisant la paix, l’alternance et une vraie démocratie pour un développement harmonieux. Que l’ensemble des chefs d’Etat de la CEDEAO prennent en pitié l’opposition togolaise et le peuple tout entier pour refuser les pots de vin de ce pouvoir vil et abject pour privilégier le bon sens et la raison une bonne fois pour toutes. Ce 27ème dialogue, en dépit des écueils, devra être le dernier qui mettra définitivement fin au ‘’mauvais rêve’’ des prédateurs de la République et scellera positivement la destinée de ce peuple.
Nicolas. S.
 
source : Le Correcteur / http://news.icilome.com/?idnews=847029&t=relance-du-dialogue/appel-au-president-buhari-et-ses-collegues-de-la-cedeao–necessite-d-une-rencontre-avec-les-chefs-corps-de-l-armee-togolaise
 

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