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Flash info :: | Le coup de force électoral d’avril 2015 au Togo | Selom Klassou a représenté ce vendredi Faure Gnassingbé à l’investiture du président du Cap-Vert, Jorge Carlos Fonseca, réélu démocratiquement début octobre 2016 (officiel). | Mettre la pression pour les réformes : CAP 2015 en tournée fin août à partir de Tône (nord) | Le match amical Gabon-Togo de fin mai prochain n’aura pas lieu. | Commémoration des 56 ans d’indépendance du Togo: Faure Gnassingbé a ouvert officiellement les portes du Radisson Blu 02 février ce 26 avril 2016.



TOGO/Choix de briguer un 3e mandat au pouvoir : Faure Gnassingbé se moque des Togolais et défie la communauté internationale

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Le processus électoral a été ouvert depuis plusieurs mois et bien de questions étaient en suspens. Mais tout s’est accéléré en l’espace de quelques heures en ce début de semaine. L’apothéose aura été le choix de Faure Gnassingbé de briguer un 3e mandat au pouvoir. Au grand désarroi du peuple togolais qui aspire à l’alternance. Et certains ressentent cela comme une injure à leur intelligence. Mais c’est aussi un pied de nez à la communauté internationale.
 
Faure pour un 3e mandat au pouvoir
Tout est allé vite en ce début de semaine. Mardi, la date de l’élection présidentielle tant attendue a été fixée au 15 avril prochain, au cours d’un Conseil des ministres que les indiscrétions disent n’avoir jamais eu lieu. En toute violation des articles 61 et 64 de la Constitution et 98 du Code électoral qui stipulent que l’élection présidentielle doit se dérouler 75 jours au plus tôt et 60 jours au plus tard avant la fin du mandat présidentiel en cours. Mais aussi de façon unilatérale malgré le dépassement du délai constitutionnel et les appels de la classe politique à une fixation consensuelle de cette date. C’est un corps électoral fictif qui a été convoqué, la masse totale des électeurs n’étant pas encore connue. Dans la foulée, le montant du cautionnement a été fixé à 20 millions de FCFA et le pouvoir a décaissé la bagatelle de 600 millions de FCFA pour financer partiellement la campagne électorale des différents candidats. En fait, les appâter. Les Togolais ne s’étaient pas encore remis du choc de ce coup de force que Faure Gnassingbé a enfoncé le clou, en se portant candidat pour un 3e mandat. En fait la confirmation de ses intentions dévoilées depuis quelque temps.
 
L’Union pour la République (Unir), en convention mercredi à Kara, n’a pas fait de miracle. Faure Gnassingbé a été en effet désigné par les militants pour défendre les couleurs du parti au scrutin fixé au 15 avril. Et il n’a pas refusé cette investiture, au nom de la démocratie dont on le dit un adepte de premier choix au Togo. « C’est par devoir envers notre cher pays le Togo et par fidélité aux idéaux que nous nous sommes fixés, que j’ai l’honneur d’accepter d’être investi comme candidat à la prochaine élection présidentielle, pour le compte de notre grand parti, l’Union pour la République. J’accepte cette investiture avec humilité. Mais je l’accepte pleinement », a déclaré l’heureux élu. Il s’agit en fait de la confirmation des intentions dévoilées depuis bien longtemps par l’homme qui a résolument refusé de mettre en œuvre les réformes constitutionnelles et institutionnelles recommandées par l’Accord politique global (Apg) et déclaré le 25 novembre 2014 à Accra que « la Constitution en vigueur sera rigoureusement respectée ». Et comme si c’est sa candidature que la Commission électorale nationale attendait, elle a aussitôt lancé la réception des dossiers de candidatures qui prend fin le samedi 28 février prochain. Aux dernières nouvelles, le Combat pour l’alternance politique en 2015 (Cap 2015) a saisi hier par courrier le Premier ministre afin qu’il convoque d’urgence le Comité de suivi pour plancher sur les dernières décisions qui sentent un coup de force.
 
Un coup porté à l’alternance, la colère perceptible
 
« Si l’investiture à la candidature est une forme de reconnaissance pour le chemin que nous avons parcouru ensemble, elle m’apparaît davantage comme une exigence supplémentaire, celle de donner et de donner encore le meilleur de nous-mêmes, en vue de poursuivre la marche du Togo vers le progrès dans tous les domaines et de parachever son ancrage dans la modernité ». Ces mots sortis pour justifier l’acceptation de ce choix, sonnent comme ceux de quelqu’un qui cherche juste à s’offrir un second mandat pour continuer l’œuvre débutée au cours du précédent. Mais voilà, ils sont d’un homme qui bouclera sous peu deux quinquennats et s’engage à en briguer un troisième. Dans un pays ayant opté pour la démocratie ! Faure Gnassingbé a bluffé tout son monde, conduisant la classe politique qui a occulté les morts que son avènement au pouvoir a entrainés, à lui accorder la légitimité nécessaire pour gouverner. Mais il semble remercier tout ce beau monde en monnaie de singe en chiant sur l’Apg que son pouvoir a signé et surtout les réformes qu’il s’était engagé à mettre en œuvre, jouant royalement d’eux.
 
La chose est vécue par certains Togolais comme une insulte à leur intelligence et la pilule est amère à boire pour eux qui aspirent à l’alternance depuis un demi-siècle et espéraient voir Faure Gnassingbé se retirer au terme de son second mandat. Mais voilà, en décidant d’en briguer un 3e, Faure Gnassingbé ne fait que prolonger le règne de sa famille qui dure depuis un demi-siècle. Bien évidemment, ce choix entraine une coulée de bile au sein de la classe politique, et les réactions se multiplient. Au sein de l’opinion en général, la colère est bien perceptible. Certains sentent la chose comme une insulte à leur intelligence et même une déclaration de guerre (sic) au peuple togolais. « Le Togo est-il la propriété de Faure et sa famille ? » ; « L’Apg de 2006 qui avait légitimé Faure Gnassingbé après sa forfaiture de 2005 était une grave erreur….. Le serpent est devenu adulte et mord tout sur son passage, même sa propre famille biologique n’est pas épargnée », voilà quelques réactions de compatriotes collectionnées sur la toile. Certains vont même jusqu’à lancer des appels au peuple togolais à «l’empêcher dans son élan ».
 
Faure défie la communauté internationale
 
Au-delà de la classe politique togolaise qui a été royalement dupée, et du peuple qui a voulu accorder le bénéfice du doute à Faure Gnassingbé pour le voir à l’œuvre avant de le juger, c’est aussi la communauté internationale qui l’a aidé à organiser le dialogue après les événements sanglants d’avril 2005 et signer l’Apg qu’il roule aussi dans la farine, en refusant de se plier aux réformes et rendant caduc ce Accord dont il s’est servi pour gouverner.
 
Mais, le Prince vient de défier les grands décideurs du monde qui prennent ouvertement fait et cause pour l’alternance sur le continent africain. On pense notamment à François Hollande qui, le 29 novembre 2014 à Dakar dans le cadre du sommet de la Francophonie, assurait les peuples en lutte pour l’alternance qu’ils trouveront désormais le soutien nécessaire dans l’espace francophone. La position la plus tranchée est venue du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon qui a eu le courage d’appeler, le 30 janvier dernier, à l’ouverture du dernier sommet de l’Union africaine, les chefs d’Etats africains à « ne pas s’accrocher au pouvoir », « à quitter leurs fonctions à l’issue de leur mandat », « à écouter leur peuple », car « les dirigeants modernes ne peuvent se permettre d’ignorer les vœux et aspirations de ceux qu’ils représentent ». Ce dernier a même semblé s’adresser particulièrement à Faure Gnassingbé, lorsqu’il nuançait que « les échappatoires que l’on trouve dans certaines législations ne devraient pas être utilisées pour s’éterniser au pouvoir ». Dans les circonstances normales, ces propos du patron des Nations Unies aux allures d’un avertissement devraient créer la peur du gendarme chez Faure Gnassingbé et le faire renoncer à ses ambitions « démocraticides ». Mais le Fils du Père vient de lui répondre, avec cette officialisation de son désir de rempiler.
 
Dans le contexte géopolitique qui est à l’avancée démocratique en Afrique et à l’acceptation de bonnes mœurs démocratiques, avec les renonciations des présidents Boni Yayi et Joseph Kabila à briguer un 3e mandat au pouvoir, il faut avouer que c’est un mauvais message envoyé au reste du continent. Ayant encore le temps devant eux, il n’est pas exclu que ce coup de force et cette réussite de Faure Gnassingbé inspirent d’une manière ou d’une autre ces dirigeants qui ont manifesté de bonnes dispositions d’esprit.
Tino Kossi
Source : Liberté N°1893 du vendredi 27 février 2015
 

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Publié le 1 mars 2015 dans Envoyez cet article à un ami

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