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Après les opérations de révision : Les appréhensions sur le fichier électoral attendu…

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La révision des listes électorales a refermé ses portes ce dimanche, après une prolongation de 24 heures des opérations. L’équation qui se pose à présent, c’est le nombre total d’électeurs attendu. Quel bilan officiel de ces opérations et quel nombre total d’électeurs au finish sur le fichier électoral ? Cette question se pose avec légitimité lorsqu’on considère les manipulations du fichier au terme du recensement d’octobre 2018 et certains standards démographiques en Afrique. Une problématique qui risque de mettre à nu la machine à fraudes électorales du pouvoir. 

Les opérations de révision des listes électorales débutées le jeudi 16 mai, se sont terminées dimanche. A présent les regards sont tournés vers la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour le bilan officiel. D’ores et déjà, TchambakouAyassor et les siens feignent un certain satisfecit. Mais à l’épreuve du bilan, une équation va se poser et le pouvoir risque de faire découvrir ses secrets de fraudes électorales. Les citoyens avisés seront curieux de savoir le nombre d’électeurs enregistrés au cours de ces quatre jours d’opérations, même si des manœuvres ont été déployées pour entraver l’enrôlement massif des électeurs.

Les chiffres seront-ils faibles ou élevés ? On ne saurait le dire. Mais il n’est pas superfétatoire de relever qu’au cours du recensement électoral d’octobre 2018 en prélude aux législatives du 20 décembre, les militants de l’opposition et les populations en général acquises à l’alternance se sont abstenus d’aller se faire enrôler, sur appel de la Coalition de l’opposition et  d’autres voix de la société civile. Et l’on sait aussi qu’ils constituaient une large proportion.  Ce sont ces masses de Togolais qui devraient aller se faire enrôler sur les listes ces 16, 17, 18 et 19 mai.

Malgré le boycott du recensement en octobre dernier, la CENI « kadangaise » avait dardé avoir enrôlé plus de trois millions d’électeurs sur les listes.Au cours d’une conférence de presse organisée le 23 novembre 2018, KodjonaKadanga et les siens avaient en effet déclaré avoir enregistré trois millions quarante et un mille cinq cent quatre-vingt-dix-neuf (3 041 599) électeurs dans les deux zones, auxquels sont venus s’ajouter deux cent dix mille (210 000) autres enrôlés au cours des trois jours de prolongation décidée à l’époque. Ce qui faisait une masse électorale de trois millions deux cent cinquante et un mille cinq cent quatre-vingt-dix-neuf (3 251 599) électeurs.

Ce chiffre était déjà cocasse car tutoyant la moitié de la population totale du Togo, estimée en 2017 à sept millions sept cent quatre-vingt-dix-huit mille (7 798 000) âmes. Les observateurs avisés n’avaient pas réfléchi par deux fois pour se rendre à l’évidence que ce chiffre n’est que la résultante du gonflement des chiffres réels. Manifestement le chiffre était exagéré pour faire croire que les Togolais n’ont pas boudé le recensement et qu’au contraire, ils ont boycotté le mot d’ordre de la C14 de l’époque.

A ce chiffre officiel du fichier électoral de 2018 (3 251 599 électeurs) qui est la base de celle des locales de 2019, viendra s’ajouter le nombre d’enrôlés au cours de la révision du 16 au 19 mai. Un des nouveaux griots de Faure Gnassingbé a dardé sur une chaine internationale que ce sont à peine les 20 % de Togolais qui ne s’étaient pas fait enrôler en 2018, qui étaient attendus lors de la révision qui vient de refermer ses portes.  Soit.

« 20 % de la population totale du Togo estimée à 7 800 000 âmes fait  environ 1 560 000 de personnes. Dans l’hypothèse minimaliste que ce sont seulement la moitié de ces 20 % d’habitants en âge de voter qui sont allés se faire enrôler la dernière fois, on aura donc environ huit cent mille (800 000) électeurs de plus. Ajoutés au nombre de 2018, le fichier total pour les locales se chiffrera alors à plus de quatre millions d’électeurs », s’est permis de calculer une personne avisée.

Dans le cas où cette hypothèse minimaliste  se vérifiait sur le terrain, on aura donc au bas mot un fichier électoral de quatre millions d’électeurs, sur une population qu’il n’est pas exagéré d’estimer à huit millions d’âmes. Une énormité déjà lorsqu’on considère les standards démographiques en Afrique. En effet, c’est une constante que sur le continent noir, la population est très jeune. Les différentes statistiques font état de façon globale des moins de 15 ans qui représentent au bas mot 40 % de la population totale, et des moins de 18 ans au moins 50 %, et parfois plus.

Le Togo, logé dans la tendance globale en Afrique noire, n’échappe pas à ces réalités. Ces réalités rapportées à l’échelle de notre pays, on est parti pour avoir un fichier électoral de quatre millions d’électeurs sur une population globale d’environ huit millions (simple estimation à partir des 7 800 000 habitants de 2017), exclus les moins de 18 ans. Cela suppose donc qu’il y a eu plus de 100 % d’enrôlement des électeurs potentiels sur les listes électorales. Une cocasserie qui devrait faire rentrer le Togo dans le livre Guinness des records.

C’est vers cette aberration que l’on tend. Dans le cas où cela se vérifiait, on ne devrait donc pas éprouver beaucoup de mal à comprendre cet état de fait : le gonflement excessif du fichier  de 2018. C’est une lapalissade, ce fichier avait été exagérément gonflé par le pouvoir et sa CENI pour faire croire que la Coalition de l’opposition est minoritaire et que sa consigne de ne pas aller se faire recenser a été boycottée par les populations togolaises. Et cela complique l’équation pour le régime Faure Gnassingbé et met à nu sa machine à fraudes.

L’enjeu du futur fichier électoral est donc énorme pour le clan. On peut comprendre pourquoi beaucoup de manœuvres ont été mises en œuvre pour empêcher les populations, majoritairement acquises à l’opposition et qui devraient prendre d’assaut les CRV au cours de la révision du 16 au 19 mai, de se faire enrôler en masse. A côté du déploiement d’un seul kit par centre, il y avait la programmation des machines afin qu’elles soient lentes, la non dotation de certains centres de kits, la suppression d’autres CRV, l’éloignement de certains des populations et autres anomalies…

Tino Kossi
 
source : Liberté
 

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