Avenir du Togo : La CEDEAO choisit l’Avenir de Faure GnassingbĂ©

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Position du Réseau de la Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI)
Durant tout le mois de juillet, le Togo fut le thĂ©Ăątre d’une campagne mĂ©diatique. Celle-ci Ă©tait destinĂ©e Ă  diffĂ©rer les Ă©chĂ©ances politiques et tenir en haleine le peuple, surtout sa partie la plus consciente. Il s’agit principalement de tous les citoyens dĂ©mocrates togolais qui constituent l’ossature de la lutte actuelle pour les libertĂ©s et la dĂ©mocratie. En rĂ©alitĂ©, entre le 19 aoĂ»t 2017 et le 19 aoĂ»t 2018, il faut bien constater que les techniques utilisĂ©es par le pouvoir de Faure GnassingbĂ© ont permis outre la confusion, la neutralisation discrĂšte de la volontĂ© du Peuple togolais de faire appliquer immĂ©diatement la Constitution de 1992 qu’il s’est choisi dĂ©mocratiquement Ă  plus de 97 %.
La responsabilitĂ© des uns et des autres doit ĂȘtre engagĂ©e. Celle de la CEDEAO assurĂ©ment. Comment croire cette CEDEAO qui en 2005, 2010 et 2015 a systĂ©matiquement avalisĂ© le statu quo au Togo ? Pourquoi cette mĂȘme CEDEAO devrait-elle proposer autre chose qu’un statu quo modernisĂ© ?
Lors de la 53e session ordinaire de la confĂ©rence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CommunautĂ© Ă©conomique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le choix du PrĂ©sident du Nigeria, Muhamadu Buhari comme nouveau PrĂ©sident en exercice de la CEDEAOÂč pour un an pourrait modifier la donne et sortir le Togo du statu quo. Ce choix est intervenu Ă  la fin de la ConfĂ©rence des chefs d’Etat et non au dĂ©but comme cela se fait Ă  l’Union africaine.
En effet, les dĂ©cisions concernant le Togo qui ont Ă©tĂ© prises l’ont Ă©tĂ© sous le mandat de Faure GnassingbĂ©, le PrĂ©sident en exercice. Le Statu quo Ă©tait donc inĂ©vitable. Aussi, tous ceux qui veulent la fin du statu quo au Togo doivent se retrouver autour d’un Programme commun et convaincre le nouveau PrĂ©sident de la CEDEAO de revoir les dĂ©cisions de son prĂ©dĂ©cesseur Ă  la lumiĂšre du non-respect de la Constitution de 1992 et d’une proposition commune pour l’avenir du Togo.
1. CEDEAO : Avaliser la Feuille de Route Proposée par Faure Gnassingbé
A l’issue d’un sommet tenu Ă  LomĂ© les 30 et 31 juillet, la 53e session ordinaire de la confĂ©rence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CommunautĂ© Ă©conomique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a enfin produit sa Feuille de Route sur le TogoÂČ, qui selon l’institution sous rĂ©gionale, est sensĂ©e contribuer, de maniĂšre durable, Ă  la rĂ©solution de la crise politique soulevĂ©e par « l’Insurrection populaire du 19 aoĂ»t 2017 ».
En effet, cette Feuille de route est étrangement proche de ce que souhaite le pouvoir de Faure Gnassingbé à savoir :

1- Résoudre la crise togolaise en allant aux élections législatives, en principe le 20 décembre 2018 si certaines conditions sont remplies ;
2- La révision de la composition de la Cour Constitutionnelle ;
3- Un mandat prĂ©sidentiel limitĂ© Ă  deux mais Ă  partir de 2020, d’oĂč la confirmation par la CEDEAO du troisiĂšme mandat actuel illĂ©gitime et usurpĂ© couvrant la pĂ©riode de 2015-2020 de Faure GnassingbĂ© ;
4- La reconduction du mode de scrutin Ă  deux tours existant dans la Constitution de 1992 pour l’élection du PrĂ©sident de la RĂ©publique mais Ă  partir de 2020, ce qui permet Ă  la CEDEAO de faire oublier ses incohĂ©rences et erreurs passĂ©es permettant d’avaliser des Ă©lections frauduleuses sans vĂ©ritĂ© des urnes au Togo ;
5- La confirmation par la CEDEAO de l’utilitĂ© de rĂ©aliser des rĂ©formes inscrites dans l’accord politique global de 2006 (APG) et reconfirmĂ© rĂ©guliĂšrement notamment dans le rapport de la Commission VĂ©ritĂ©-Justice-RĂ©conciliation (CVJR) ainsi que toutes les structures non indĂ©pendantes crĂ©Ă©es par Faure GnassingbĂ© qui a permis de ne pas appliquer l’APG ou de proposer des rĂ©formes qui favorisent le statu quo sous d’autres formes ;
6- L’acceptation du vote de la Diaspora sans pour autant exiger un recensement transparent et un dĂ©lai pour la reconstitution d’un fichier Ă©lectoral non falsifiĂ©e d’avance avec l’élimination sur les listes d’une grande partie de la Diaspora indĂ©pendante ;
7- L’adoption des rĂ©formes proposĂ©es par la CEDEAO devront se faire par un vote au parlement togolais dominĂ© des Ă©lus Ă  partir d’élections sans vĂ©ritĂ© des urnes ; A croire que la CEDEAO a Ă©tĂ© ensorcelĂ© par le pouvoir en place pour rĂ©pĂ©ter exactement ce que souhaite ce pouvoir ;
8- L’exhortation de la CEDEAO Ă  toutes les parties prenantes au dossier (Gouvernement et la Coalition des 14 partis politiques) Ă  un respect strict de la Constitution modifiĂ©e par Faure GnassingbĂ© et non de la Constitution de 1992 rĂ©clamĂ©e par le Peuple togolais ; et enfin
9- La possibilitĂ© pour Faure GnassingbĂ© de se prĂ©senter aux Ă©lections prĂ©sidentielles de 2020 et donc le rejet du retour Ă  la Constitution de 1992, illĂ©galement modifiĂ©e par le pouvoir en place sur la base du non-respect du parallĂ©lisme des formes juridiques. En effet, une Constitution choisie par le Peuple par rĂ©fĂ©rendum n’a pas Ă©tĂ© modifiĂ©e par rĂ©fĂ©rendum mais par une modification unilatĂ©rale avalisĂ©e par un parlement issu d’élections sans vĂ©ritĂ© des urnes et dominĂ© par les reprĂ©sentants des partis politiques alignĂ©s sur Faure GnassingbĂ© ;

En vĂ©ritĂ©, dans le Rapport final de la CEDEAO produit Ă  l’issue du sommet notamment dans la partie consacrĂ©e au Togo, les recommandations qui en dĂ©coulent, ne semblent pas de nature Ă  apporter les Ă©claircissements attendus, en regard des revendications prĂ©cises portĂ©es par l’Insurrection populaire du 19 aoĂ»t 2017, Ă  savoir notamment :

  • Le retour Ă  la constitution de 1992 ;
  • le dĂ©part dĂ©finitif du pouvoir de Faure GnassingbĂ© ; celui-ci ayant dĂ©jĂ  effectuĂ© deux mandats et usurpĂ© un troisiĂšme, chaque fois en foulant aux pieds la vĂ©ritĂ© des urnes qui si elle avait droit de citĂ© au Togo, l’aurait depuis 2005 Ă©vincĂ© du pouvoir.
  • la transition politique sans un rapport de force en faveur de Faure GnassingbĂ© et son systĂšme militaro-civil.

2. La CEDEAO Opte pour le Statu Quo : Des Réformes de Façade avec un Suivi Officiel
En effet, comment comprendre que le simple refus du pouvoir GnassingbĂ© de faire des rĂ©formes constitutionnelles et institutionnelles acceptĂ©es par ce mĂȘme pouvoir des GnassingbĂ© en 2006, par l’opposition de l’époque, validĂ©s par la CommunautĂ© internationale et par la CEDEAO dans le cadre de l’Accord Politique Global de 2006 s’est graduellement transformĂ© en une colĂšre du Peuple togolais exigeant le dĂ©part immĂ©diat de Faure GnassingbĂ© avec deux ans de retard, suite Ă  l’insurrection populaire initiĂ©e par Tikpi Atchadam le 19 aoĂ»t 2017.
La majoritĂ© du Peuple togolais ne conçoit pas l’avenir du Togo avec ceux-lĂ  mĂȘme qui conçoive l’avenir du9 Togo sur une base de l’exclusion de ceux qui ne sont pas infĂ©odĂ©s au pouvoir en place. Aussi, le Peuple, mal informĂ© par son opposition d’alors, a voulu rappeler que la Constitution de 1992 ne permettait pas Ă  Faure GnassingbĂ© de faire un troisiĂšme mandat. Sauf que la Constitution n’est pas une assurance tous risques. Aussi, en acceptant de faire des compromis, voire des compromissions sur un fichier Ă©lectoral fallacieux excluant la Diaspora togolaise, en ne manifestant pas clairement une dĂ©sapprobation des modifications unilatĂ©rales et prohibĂ©es de la Constitution de 1992, en considĂ©rant l’insurrection populaire comme un instrument de lutte Ă  n’utiliser qu’en dernier ressort, et acceptant aussi des achats de consciences et le silence imposĂ© par des militaires non rĂ©publicains Ă  la solde du pouvoir en place, le Peuple togolais s’est retrouvĂ© piĂ©gĂ© dans un vrai « faux » Dialogue. Les nĂ©gociations n’étant plus possibles sauf Ă  la marge, il fallait s’attendre Ă  ce que les positions illĂ©gitimes du pouvoir de Faure GnassingbĂ© soient avalisĂ©es en douceur par la CEDEAO, et demain par une certaine CommunautĂ© internationale.
La rĂ©alitĂ© est que ce n’est pas ce que souhaitait, ni ce que souhaite le Peuple togolais et sa Diaspora plurielle et indĂ©pendante.
Alors, il ne faudra pas s’étonner que les colĂšres Ă©touffĂ©es du Peuple togolais et l’hypocrisie gĂ©nĂ©ralisĂ©e de ceux qui se sont accordĂ©s dĂšs le dĂ©but d’aller Ă  des Ă©lections sans vĂ©ritĂ© des urnes, ne finissent par ouvrir les boites de pandore de la violence non maĂźtrisĂ©e et dĂ©stabilisatrice. Il faut s’attendre Ă  des convulsions et des turbulences en perspective au Togo si la feuille de route de la CEDEAO sous prĂ©sidence de Faure GnassingbĂ© est appliquĂ©e au Togo. LĂ  encore, le Peuple togolais ne pourra pas ĂȘtre tenu pour responsable sauf peut-ĂȘtre d’avoir invariablement acceptĂ© que son avenir soit dĂ©terminĂ© par ceux qui, en fait, organisent et cela systĂ©matiquement, l’avenir de Faure GnassingbĂ©. Que personne ne se trompe ! La CEDEAO a en fait optĂ© pour le statu quo et ne proposent en fait que des reformes de façade. Le comitĂ© de suivi permet d’autocensurer le Peuple togolais pour qu’il « oublie » l’insurrection populaire de 19 aoĂ»t 2017. LA RCDTI sera aux cĂŽtĂ©s du Peuple togolais lorsqu’il aura compris la supercherie qui consiste Ă  proposer l’avenir du Togo avec Faure GnassingbĂ©.
3. Un Verbiage Destiné à Démobiliser et Désarmer les Oppositions ?
Nul doute que le « fameux » dialogue va dĂ©sormais se poursuivre, mais il convient de mettre en garde solennellement les acteurs de l’Insurrection populaire du 19 aoĂ»t 2017, qu’avec cette Feuille de Route, le dialogue peut durer ad vitam aeternam, Ă  l’instar des 27 dialogues qui ont prĂ©cĂ©dĂ© celui-ci sous l’ùre de la dynastie des monarques rĂ©publicains GnassingbĂ©.
La particularitĂ© de cette Feuille de Route, c’est d’essayer sans le dire de « faire plaisir » tout le monde, car hormis deux ou trois recommandations prĂ©cises, elle se contente d’égrener des gĂ©nĂ©ralitĂ©s, ne prĂ©cise rien dans le dĂ©tail, ne dĂ©finit aucun cadre ni contour et ne fixe aucune limite, sauf celle de l’organisation des Ă©lections lĂ©gislatives le 20 dĂ©cembre 2018 – soit cinq jours Ă  peine avant les fĂȘtes de NoĂ«l.
En fait la Feuille de route de la CEDEAO ressemble davantage Ă  l’histoire du verre Ă  moitiĂ© vide ou Ă  moitiĂ© plein, selon l’apprĂ©ciation que chacun peut porter. En clair ce texte est destinĂ© Ă  satisfaire toutes les parties.
Mais les chefs d’Etats de la CEDEAO signataires de ce texte, semblent avoir oubliĂ© qu’en aucun cas la rĂ©solution de la crise politique dĂ©clenchĂ©e au Togo par l’« Insurrection populaire du 19 aoĂ»t 2017 », ne peut se solder par un jeu Ă  somme nulle. Ou encore, pour reprendre un terme Ă  la mode dans les cercles Ă©conomiques libĂ©raux par un accord gagnant-gagnant qui n’est la plupart du temps qu’un leurre.
La rĂ©alitĂ© des faits, vĂ©rifiable par tous, est qu’il existe aujourd’hui un fossĂ© incommensurable entre les ouvriers, employĂ©s et paysans du Togo et l’infime minoritĂ© qui Ă  la tĂȘte de l’état et dans les cercles concentriques proches du pouvoir se gave chaque jour davantage en pillant la richesse de la ressource nationale.
Dans ces conditions les tenants du pouvoir verront ce verre plutĂŽt vide car rien ne les assure qu’ils pourront demain continuer Ă  piller et se gaver et les millions de togolais qui aspirent Ă  amĂ©liorer leur vie, ceux de l’Insurrection populaire du 19 aoĂ»t 2017, le verront peu plein, car ils ne sont pas assurĂ©s avec cette Feuille de Route que les conditions seront rĂ©unies demain pour que leur vie s’amĂ©liore.
4. Des AvancĂ©es en Trompe l’Oeil
Reste la question des acquis listĂ©s par les facilitateurs que semble contenir ce texte : la limitation Ă  deux des mandats prĂ©sidentiels et le scrutin Ă  deux tours. Tout ceci ne dĂ©pend finalement que d’une chose essentielle c’est la question de l’honnĂȘtetĂ© des rĂ©sultats des votes donc la question centrale incontournable de la VĂ©ritĂ© des Urnes. Sur ce point essentiel la Feuille de Route contient peu ou pas de prĂ©cisions susceptibles de mettre en branle un rĂ©el processus de rĂ©formes.
Il est possible apprĂ©cier les objectifs non-dits de la Feuille de Route Ă  l’aune de ce paragraphe : « Elle appelle, [la Commission de la CEDEAO. NDLR] par la mĂȘme occasion, les acteurs politiques et la sociĂ©tĂ© civile de s’abstenir, en toute circonstance, des actes et propos susceptibles d’alimenter de nouvelles tensions et de compromettre les efforts en cours.» Une maniĂšre â€˜â€™Ă©lĂ©gante’’ de demander aux acteurs de l’« Insurrection populaire du 19 aoĂ»t 2017 » de rentrer Ă  la maison pour ne pas entraver les palabres sans fin qui ne manqueront pas de s’engager.
5. Les Organisations de la Societe Civile et de la Diaspora Sous-Estimées par la CEDEAO
Il est Ă©galement important de relever que la Feuille de Route de la CEDEAO, en ne faisant rĂ©fĂ©rence qu’à la C14 ignore superbement le rĂŽle politique des organisations de la sociĂ©tĂ© civile et de la Diaspora dont beaucoup d’entre elles se sont impliquĂ©es dans les actions de diverse nature, menĂ©es en soutien, dans l’esprit et le cadre de l’Insurrection populaire du 19 aoĂ»t 2017.
La Diaspora plurielle et indĂ©pendante et les organisations de la sociĂ©tĂ© civile ont pourtant toute leur place et un rĂŽle politique, Ă©conomique, social et culturel Ă  jouer dans l’élaboration des solutions Ă  la crise et dans leur mise en Ɠuvre le moment venu. Elles doivent donc continuer Ă  mener le combat pour ĂȘtre non seulement reconnues par la CEDEAO mais Ă©galement associĂ©es par la C14 Ă  toutes les nĂ©gociations Ă  venir.
La question de leur association Ă  toutes les initiatives qui dĂ©couleront de la nouvelle situation Ă  compter du 1er aoĂ»t est l’un des enjeux majeurs de la rĂ©ussite du processus qui s’ouvre dĂ©sormais.
6. Les Prisonniers Politiques Abandonnes à Leur Sort et Livrés à une Justice Aux Ordres
Quand la Feuille de Route poursuit : « Elle exhorte les forces de sĂ©curitĂ© Ă  faire preuve de professionnalisme dans leur mission de maintien d’ordre, de prĂ©servation de la sĂ©curitĂ© des biens et des personnes », les pairs de Faure GnassingbĂ© savent pertinemment que c’est le Ministre de la DĂ©fense en exercice Faure GnassingbĂ© lui-mĂȘme qui donne les ordres aux forces de sĂ©curitĂ©, qui molestent les citoyens, bastonnent, embastillent au mĂ©pris de toute procĂ©dure judiciaire.
Et quand la Feuille de Route « encourage le Gouvernement togolais Ă  poursuivre les mesures de confiance et d’apaisement en accĂ©lĂ©rant les procĂ©dures judiciaires relatives aux personnes arrĂȘtĂ©es lors des manifestations politiques et d’étudier la possibilitĂ© de mesures additionnelles en faveur de ces personnes. », que peut-il sortir de positif de procĂ©dures initiĂ©es par une justice aux ordres du pouvoir, en faveur de prisonniers dont le seul tort est de rĂ©clamer leur droit au respect de la Constitution de 1992 et de ce fait, rappeler pacifiquement au pouvoir autoritaire de Faure GnassingbĂ©, que face Ă  un troisiĂšme mandat non conforme Ă  ce que le peuple s’est donnĂ© comme Loi fondamentale, sa dĂ©mission s’impose et cela ne peut que le faire entrer dans l’histoire de la DĂ©mocratie.
Nous sommes ici bien loin de l’apaisement recommandĂ© par la Feuille de Route capable de dire une chose dont les faits attestent du contraire.
Faire croire que le régime politique dirigé par Faure Gnassingbé est un régime démocratique, alors que le pouvoir politique du Togo est carrément hors-normes du point de vue de la démocratie relÚve du leurre.
7. Quelques Recommandations InĂ©vitables, mais L’Essentiel RangĂ© au Rang des Accessoires !
Dans le rapport final, la position des pairs de Faure GnassingbĂ© s’apparente Ă  de la provocation lorsqu’ils se « rĂ©jouissent »  « des dispositions envisagĂ©es par le Gouvernement Togolais dans la prĂ©paration, l’organisation et le dĂ©roulement d’élections transparentes, crĂ©dibles et inclusives ».
8. Une Organisation Électorale Évanescente
A quelle date le pouvoir des GnassingbĂ© a-t-il organisĂ© au Togo des Ă©lections libres et transparentes exprimant la VĂ©ritĂ© des Urnes ? Le Peuple togolais dĂ©plore depuis trop longtemps les listes Ă©lectorales non fiables, le refus obstinĂ© de recenser les membres de la Diaspora pour leur permettre de voter dans les meilleures conditions, pour avaliser cette assertion des chefs d’Etat de la CEDEAO et leur accorder un blanc-seing.
Quant au dĂ©ploiement des observateurs Ă©lectoraux l’histoire politique du Togo tĂ©moigne Ă  profusion :

  • soit de la collusion de ceux-ci avec le pouvoir, notamment lorsque les observateurs de la CEDEAO ont avalisĂ© en 2005 et depuis, tous les scrutins frauduleux organisĂ©s sous l’ùre Faure GnassingbĂ© ;
  • soit que les recommandations produites dans les rapports des nombreuses missions d’observation Ă©lectorale, notamment ceux de l’Union EuropĂ©enne, sont toujours restĂ©es lettre morte et n’ont jamais Ă©tĂ© prises en considĂ©ration par le pouvoir.

Le PrĂ©sident en exercice de la Commission de la CEDEAO, l’ivoirien Jean-Claude Brou, a eu beau dĂ©clarer lors de l’ouverture de la 53e session des Chefs d’Etat et de gouvernement que « la CEDEAO entend renforcer la culture dĂ©mocratique dans l’espace communautaire conformĂ©ment au Protocole additionnel sur la dĂ©mocratie et la bonne gouvernance, la prĂ©vention et le rĂšglement des conflits », le rĂ©sultat final des travaux transcrit dans la Feuille de Route, semble sonner aussi creux qu’une calebasse vide et classe son discours au chapitre des incantations.
Le Peuple togolais n’a pas oubliĂ© les conditions dans lesquelles Faure GnassingbĂ© a accĂ©dĂ© au pouvoir en 2005. Le prĂ©sident du Mali Oumar Alpha KonarĂ© qui Ă©tait prĂ©sident de la Commission de l’Union Africaine, avait alertĂ© ses pairs sur le manque de fiabilitĂ© de Faure GnassingbĂ©, autrement dit que l’on ne pouvait pas lui faire confiance dans la mesure oĂč c’est un coup d’Etat institutionnel organisĂ© par les officiers supĂ©rieurs des Forces armĂ©es togolaises, qui l’a portĂ© au pouvoir. A l’époque, malgrĂ© l’avertissement de M. Oumar Alpha KonarĂ©, malgrĂ© les 500 morts et les dizaines de milliers d’exilĂ©s, recensĂ©s dans un rapport de l’ONU et plus de 1200 morts selon d’autres sources au Togo, la CEDEAO a avalisĂ© les rĂ©sultats des Ă©lections qui ont Ă©tĂ© proclamĂ©s par la CENI. Elle a demandĂ© Ă  l’opposition de respecter la voie lĂ©gale et prĂ©senter ses revendications par la voie de nĂ©gociations. Et ce sont ces nĂ©gociations qui ont conduit en aoĂ»t 2006 Ă  la signature de l’Accord Politique Global (APG). Nous savons ce qu’il est advenu de l’APG foulĂ© au pied et jamais mis en Ɠuvre par Faure GnassingbĂ© malgrĂ© 27 dialogues tous neutralisĂ©s, donc infructueux et inefficaces.
Dans ces conditions, sur la base des expĂ©riences du passĂ©, il faudra autre chose qu’une Feuille de Route aux contours trĂšs flous et imprĂ©cis, pour que la CEDEAO retrouve de la crĂ©dibilitĂ© auprĂšs du Peuple togolais. Il faudra un vĂ©ritable Programme sur l’Avenir du Togo.
9. Un ComitĂ© de Suivi en lieu et place d’Un RĂ©gime Politique de Transition
Quand il s’est agi de donner un contenu concret palpable qui aurait constituĂ© une rĂ©elle avancĂ©e et permis de prendre cette Feuille de Route au sĂ©rieux, la CEDEAO n’a pas brillĂ© par son courage, ni par sa capacitĂ© Ă  Ă©couter le Peuple togolais et Ă  innover.
La Coalition des 14 partis de l’opposition, a demandĂ© aux facilitateurs une pĂ©riode de transition politique chargĂ©e de mettre en Ɠuvre les rĂ©formes idoines pour enfin organiser des Ă©lections acceptĂ©es par tous et commencer Ă  engager le Togo sur la voie de la construction dĂ©mocratiqueÂł.
Mais dans sa feuille de route, la CEDEAO a plutĂŽt prĂ©fĂ©rĂ© un ‘’ComitĂ© de Suivi’’ veillant Ă  l’exĂ©cution des mesures prĂ©conisĂ©es. Le Peuple togolais connaissant bien les pratiques politiques de Faure GnassingbĂ© et de ses soutiens, le pouvoir RPT/UNIR et la partie non-rĂ©publicaine des Forces ArmĂ©es togolaises, ne se fait donc aucune illusion sur la portĂ©e d’un tel instrument.
Selon un adage bien connu « si vous voulez enterrer un problĂšme nommez une commission
 ». En remplaçant le mot Commission par celui de ComitĂ©, nous arrivons au mĂȘme rĂ©sultat.
Et pour paraphraser le GĂ©nĂ©ral de Gaulle nous pourrons dire ici « que ce n’est pas ce que pensent le comitĂ© Gustave, le comitĂ© ThĂ©odule ou le comitĂ© Hippolyte », qui est important mais ce qui est « utile au Peuple togolais ».
Dans le contexte togolais, il n’est pas assurĂ© que ce nouvel instrument Ă  minima, soit utile aux intĂ©rĂȘts du Peuple togolais et le syndrome du ComitĂ© ThĂ©odule guette le ComitĂ© de Suivi.
Le gouvernement de Transition serait donc remplacĂ© en quelque sorte par ce ComitĂ© de Suivi. Mais si cet organe se veut un organe de transition, il est par nature mort-nĂ© car en aucun cas une autoritĂ© d’essence supra nationale ne peut diriger les affaires du Togo au mĂ©pris de la souverainetĂ© nationale.
10. Que Faire ? Ne Pas DĂ©sarmer et se Retrouver Autour d’un Programme Commun sur l’Avenir du Togo !
Cette situation ne constitue pas une surprise pour le RCDTI qui a dans sa Lettre ouverte du 6 juin 20184 adressĂ©e Ă  L’exĂ©cutif togolais, aux partis politiques togolais, Ă  la sociĂ©tĂ© civile togolaise, Ă  la Diaspora togolaise, Ă  la CEDEAO, Ă  l’Union africaine, Ă  l’Organisation Internationale de la Francophonie, Ă  la CommunautĂ© internationale, aux Nations Unies, Ă  quelques dirigeants d’Etat occidentaux, amis du Togo, etc., avait anticipĂ© la situation actuelle lorsqu’il Ă©crivait : « Il est donc demandĂ© Ă  l’ensemble des rĂ©cipiendaires de cette Lettre ouverte et plus particuliĂšrement Ă  la CEDEAO sous la prĂ©sidence tournante du PrĂ©sident nigĂ©rian, Muhammadu Buhari et de l’Union africaine sous la prĂ©sidence tournante de Paul KagamĂ©, d’opter pour une vĂ©ritable confĂ©rence inter-togolaise qui n’exclut ni la Diaspora, ni la sociĂ©tĂ© civile, ni les dirigeants de certains partis politiques indĂ©pendants. Tous doivent pouvoir bĂ©nĂ©ficier d’une sĂ©curitĂ© rapprochĂ©e et le droit d’expression et de rĂ©union pour rĂ©ussir une ConfĂ©rence fondant le retour de la confiance au Togo. »
Ainsi le Peuple togolais qui majoritairement aspire à la transformation en profondeur et durable de la société togolaise est véritablement à la croisée des chemins.
La Feuille de Route de la CEDEAO ne manifeste pas un Ă©lan notoire allant dans le sens de la satisfaction des revendications posĂ©es par le Peuple togolais depuis un an. La coalition C14 qui a nĂ©gociĂ© seule cette Feuille de Route n’a pas davantage de raisons d’ĂȘtre rĂ©ellement satisfaite par le rĂ©sultat obtenu.
Ainsi, par souci de clarté il ne faut pas craindre de désigner les choses par leur nom : la Feuille de Route de la CEDEAO est :

  • un aveu d’échec de la CEDEAO, Ă  moins de considĂ©rer que la CEDEAO ne pouvait frontalement s’opposer Ă  Faure GnassingbĂ©, le prĂ©sident en exercice en partance ;
  • un vĂ©ritable Ă©chec pour le Peuple togolais qui n’entrevoit pas dans les propositions la satisfaction de ses revendications ;
  • un aveu d’échec pour la Coalition C14 qui s’est posĂ©e de maniĂšre unilatĂ©rale comme seule interlocutrice de la CEDEAO et des facilitateurs en Ă©cartant les organisations de la sociĂ©tĂ© civile et de la diaspora.

RCDTI recommande donc au Peuple togolais de ne pas se dĂ©mobiliser et au, contraire de redoubler d’ardeur pour convaincre encore plus de citoyens de reprendre le combat pour la libertĂ© et la dĂ©mocratie. La mobilisation doit se faire dans toutes les villes et dans le moindre village du Togo, partout au plus prĂšs des populations.
Dans cette mobilisation le rÎle de la jeunesse du Togo est crucial. Les organisations de la société civile, ont à ce titre un rÎle éminent à jouer pour mobiliser le plus grand nombre de jeunes togolais et togolaises.
11. Recommandations en vue du Retour Ă  la Mobilisation Pacifique
Le Peuple togolais ne peut se laisser endormir par ceux qui parlent en son nom. Aussi, ce peuple doit prendre conscience que sa seule arme est bien l’insurrection populaire. En aucun cas, il ne faut stopper les marches pacifiques. Il s’agit d’un marathon dĂ©mocratique.
Les responsables de la Coalition des 14 partis politiques, la Diaspora plurielle et indĂ©pendante, la sociĂ©tĂ© civile togolaise, les partis politiques non membres de la Coalition des 14 partis politiques doivent s’engager sur ce point. Ceux qui ont stoppĂ© les marches, mĂȘme temporairement, seront complices de futures Ă©lections frauduleuses et auront Ă  nouveau lĂ©gitimĂ© le pouvoir de Faure GnassingbĂ©.
Aussi, chacun doit se dĂ©terminer et organiser les prochaines marches sur le thĂšme d’une remobilisation du Peuple togolais autour d’un programme commun pour l’avenir du Togo. Cela ouvrira la porte Ă  un vaste Mouvement pour l’Avenir du Togo.
Aussi, pour y parvenir, il faudra améliorer le rapport de force en faveur du Peuple togolais.

  • La C14 par la voix de sa coordinatrice, Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, a dĂ©clarĂ© avoir fait aux facilitateurs dĂ©signĂ©s par la CEDEAO, des propositions trĂšs dĂ©taillĂ©es au sujet de la transition politique. Puisque la CEDEAO n’a pas jugĂ© utile de s’engager dans la voie d’une transition politique, qui est pourtant l’option possible et viable, il est nĂ©cessaire par souci de clartĂ© de rendre publiques ces propositions dĂ©taillĂ©es, pour le renforcement de la lutte qui doit dĂ©sormais s’engager et pour renforcer et amplifier l’Insurrection populaire du 19 aoĂ»t 2017. En effet, il s’agit de pouvoir amĂ©liorer le rapport de force en faveur du Peuple togolais.
  • En faisant une distinction entre gouvernement transition et un gouvernement d’union nationale l’avenir du Togo ne peut s’écrire avec Faure GnassingbĂ©. Aussi, toute transition sĂ©rieuse devrait permettre Ă  un chef de gouvernement, ce pour une durĂ©e limitĂ©e en rĂ©fĂ©rence Ă  la Constitution de 1992, de mettre en Ɠuvre des rĂ©formes constitutionnelles, institutionnelles, Ă©lectorales et de vĂ©ritĂ© des urnes et de comptes publics afin d’assurer non seulement une alternance, mais une dĂ©mocratie, la vraie au Togo.
  • La nomination d’un gouvernement de transition, implique de facto la nomination d’un Ministre de la DĂ©fense Ă  part entiĂšre autre que le PrĂ©sident de la RĂ©publique qui exerce actuellement cette fonction.
  • Dans ce cadre il est impĂ©ratif de s’atteler Ă  offrir un programme commun pour l’avenir du Togo dont un volet sera consacrĂ© Ă  la pĂ©riode transitoire. C’est en partie la tĂąche Ă  laquelle s’emploie actuellement le RCDTI, comme suite Ă  la lettre ouverte de RCDTI du 6 juin 2018.
  • RCDTI rĂ©itĂšre la proposition contenue dans sa Lettre ouverte et appelle toutes les bonnes volontĂ©s qui s’affichent indĂ©pendantes du pouvoir de Faure GnassingbĂ©, Ă  venir contribuer Ă  son Ă©laboration.
  • RCDTI rappelle que mĂȘme la CEDEAO a Ă©tĂ© touchĂ©e par un esprit d’amnĂ©sie en oubliant les Ă©lections locales systĂ©matiquement « oubliĂ©es » par le pouvoir cinquantenaire des GnassingbĂ© fondĂ© sur le soutien de la partie non rĂ©publicaine de l’armĂ©e togolaise.
  • Refuser de s’engager dans la prĂ©paration des Ă©lections lĂ©gislatives et locales tant que les rĂ©formes susceptibles d’en assurer la transparence et la rĂ©gularitĂ© n’auront pas Ă©tĂ© abouties et les moyens d’assurer la transparence des scrutins intĂ©gralement mis en place ; le comitĂ© de suivi de la CEDEAO pourra alors constater si les avancĂ©es qui n’ont pas eu lieu depuis l’Accord politique global de 2006 le seront dans les mois qui suivent ;
  • RCDTI exige un recensement complet de la population car, ce n’est pas seulement la Diaspora, mais aussi de nombreuses personnes en zones rurales et pĂ©ri-urbaines qui n’ont pas Ă©tĂ© enregistrĂ©es lors du prĂ©cĂ©dent recensement. Il ne s’agit donc pas d’un toilettage du « fichier Ă©lectoral » dĂ©jĂ  concoctĂ© par une sociĂ©tĂ© belge sensĂ©e « prĂ©parer » une partie des rĂ©sultats des Ă©lections Ă  venir ; Aussi, le fichier Ă©lectoral devra ĂȘtre publiĂ© au moins 3 mois avant toutes Ă©lections afin de permettre au pouvoir en place de ne pas Ă©liminer d’honorables citoyens et empĂȘcher les recours juridiques de s’opĂ©rer.
  • Enfin, Il est demandĂ© Ă  Faure GnassingbĂ© de publiquement s’engager Ă  publier les rĂ©sultats du recensement, du fichier Ă©lectoral comprenant la Diaspora et permettre Ă  une justice indĂ©pendante de rĂ©intĂ©grer les Togolais et Togolaises entiĂšrement Ă  part du fait du pouvoir en place.
RCDTI

Au final, la Feuille de Route de la CEDEAO pose en fait plus de problĂšmes qu’elle Ă©tait pourtant sensĂ©e rĂ©soudre. Ce que la CEDEAO a refusĂ© d’acter dans la clartĂ©, il nous appartient, la partie indĂ©pendante du Peuple togolais et ce collectivement, de le rĂ©aliser par nous-mĂȘmes et de permettre des adhĂ©sions sur le futur que chacun souhaite avoir au Togo. Pour ce faire, il faudra corriger les erreurs stratĂ©giques passĂ©es et revoir la composition du C14 vers un Ă©largissement et un mode dĂ©cisionnel Ă©largi et dĂ©mocratique.
Il est impĂ©ratif que la rĂ©sistance patriotique et populaire s’organise dĂ©sormais de maniĂšre encore plus large et dynamique pour organiser l’avenir du Togo sans ceux qui ont organisĂ© un Togo sans avenir, notamment pour les jeunes ! RCDTI.
3 août 2018
Dr Yves Ekoué Amaïzo
François Fabregat
Direction du Comité de rédaction
Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI)
Contact : info@cvu-togo-diaspora.org
© RCDTI & CVU-TOGO-DIASPORA
Notes:

1- CEDEAO (2018). “Nigerian President Muhammadu Buhari has been elected the new chairperson of the Economic Community of West African States (ECOWAS) in Togo’s capital Lome”. In AfricaNews.com. 31 July 2018. AccĂ©dĂ© le 3 aoĂ»t 2018.
Voir http://www.africanews. com/2018/07/31/nigeria-s-buhari-elected-new-chairman-of-ecowas/
2- Akpa, G. (2018). « La Feuille de route de la CEDEAO pour le Togo ». In Icilomé.com. 31 juillet 2018. Le fichier pdf est un extrait du rapport final de la CEDEAO sur la partie concernant le Togo. Accédé le 3 août 2018.
Voir http://www.icilome. com/nouvelles/news.asp?id=1&idnews=851676
3- Marzin, R. (2018). « Conférence de presse du Coditogo sur la « Feuille de route » de la CEDEAO. Compte-rendu du 1er août 2018. Accédé le 3 août 2018.
Voir http://www.icilome. com/nouvelles/news.asp?id=1&idnews=851712
4- RCDTI (2018). Lettre ouverte. Lettre ouverte de personnalitĂ©s et amis du Togo pour l’avenir du Togo. AdressĂ©e A l’exĂ©cutif togolais, aux partis politiques togolais, A la diaspora togolaise, Ă  la sociĂ©tĂ© civile togolaise, A la CEDEAO, Ă  l’Union africaine, Ă  l’Organisation internationale de la francophonie, Ă  la CommunautĂ© internationale, aux Nations unies, etc. : Pour retrouver le Respect de la souverainetĂ© du Peuple togolais. 6 juin 2018. AccĂ©dĂ© le 2 aoĂ»t 2018.
voir http://cvu-togo-diaspora. org/2018/06/05/lettre-ouverte-de-personnalites-et-amis-du-togo-pour-lavenir-du-togo/12923
 

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