Patatras! Une fois de plus, l’opposition togolaise s’est fait piéger. La trappe – piège pour prendre des bêtes – pourtant, était si large qu’il était visible de loin. Plus qu’une peau de chagrin, notre opposition s’est réduite à piloter l’arrière-train des farces de la CENI. « C’est mieux que rien », bredouillent-ils. Au total, d’éternels perdants ne sachant que crier « on nous a volés ». Y aller, revenir bredouille et pointer les doigts. Une posture de travers, cocasse, insensée, synonyme d’une faiblesse notoire qui révèle cette opposition sous ses véritables traits. Était-ce une malédiction quand il se disait d’elle qu’elle est “la plus bête du monde”?  Dans tous les cas, sous nos yeux, la tête des “démocrates” est tombée sur l’échafaud et sa marge de manœuvre, amenuisée, ne tient plus qu’à un choix unique, pénible: faire hara-kiri et disparaître. Il s’agit, pour l’honneur, de baliser la voie à un leadership nouveau capable de préparer les Togolais aux défis de 2020.

L’opposition togolaise a perdu, le 30 juin dernier, les quelques bribes d’autorité, de crédit et de vogue qui lui restaient. Sa défaite aux locales est lourde. A peine trois cents conseillers municipaux contre près de neuf cents pour UNIR. Fraude ou pas fraude, c’est une défaite. cuisante. Pour des partis dans les rangs desquels de nombreux militants sont arrêtés et jetés en prison ou fauchés par balles en défendant la démocratie, le verdict de ces locales est une débâcle, humiliante, douloureuse. Il faut le dire, le pouvoir dispose de notre opposition, tel un objet, telle une possession. Hormis le PNP resté constant. Pourtant, on a vus nos opposants s’adresser aux foules surchauffées des slogans de vaillants cavaliers, ratisser large, bien large, pour galvaniser leur base, fanfaronner comme s’ils ont les moyens d’empêcher les mascarades électorales de se reproduire après la présidentielle de 2015. Pourtant, on les a vus entonner les hymnes harangueurs appelant à l’élimination de satan et de ses auxiliaires. Enfin pourtant, on les a même applaudis. Naïvement mais avec enthousiasme et conviction. Alors que parmi eux se trouvaient des « agents doubles », des sous-marins déguisés en preux chevaliers avec des agendas cachés.

Le Togo est une république malade. Pas que du RPT mais aussi de son opposition. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un regard sur l’état de désordre organisé et de démence généralisée dans lequel le pays est plongé. C’est palpable, le Togo a mal, victime des bourreaux prédateurs d’une part et, de l’autre, d’infâmes populistes branlants que nous avons en lieu et place des grands hommes porteurs d’une solide équation politique, ce qui aurait permis au Togo de sortir enfin de sa longue léthargie. Leurs lacunes principales: manque de crédibilité à domicile comme à l’extérieur, cruel défaut d’atouts susceptibles de contraindre le pouvoir cinquantenaire à donner ses lettres de noblesse à une République togolaise qui défaillit sur ses assises.

Il faut oser dire à ces opposants qu’ils ont trop de fois raté trop d’occasions, certaines en or, pour empêcher l’irréversible. Ils doivent en tirer les conclusions et, conséquemment, accepter d’assumer leur part de responsabilité dans la déconfiture actuelle. Enfin il faut oser dire au courant du futur que c’est parce qu’il hésite, s’empêtre dans ses propres contradictions, se fourvoie par la couverture légale qu’il apporte chaque fois au RPT à travers les élections frauduleuses que la démocratie, chez nous, est devenue un dangereux serpent de mer. De la longue liste des revendications, toutes légitimes, dont elle était porteuse au nom de notre peuple, laquelle a été satisfaite, qui indique que la même chaîne de crimes et de mascarades ne va plus se répéter? On croyait la C14 tenir le bon bout. Mais c’est sans compter avec l’étonnante capacité de ses leaders (?) à trahir les seuls pouvoirs qu’ils possèdent pour faire aboutir la lutte populaire, le pouvoir de l’union et celui des principes. La nouvelle pantalonnade issue des locales vient confirmer le parcours chaotique d’une opposition qui, chaque fois, bénéficie du soutien populaire, commence droit dans ses bottes et, par la suite, se tiraille autour du sexe des anges, pour finir maladroite dans ses babouches.

Ces dernières élections du 30 juin sont une farce inutile, une aventure inénarrable, un luxe vain. C’est à peine si notre peuple, dans sa majorité, s’y retrouve réellement. Les conditions de transparence n’étaient pas réunies. C’est ainsi que Tikpi Atchadam, depuis son maquis forcé, devient le grand devin Michel de Nostradamus. Toute fois, le leader du PNP doit se mordre les doigts pour avoir commis l’erreur de minimiser ses propres capacités, en laissant dans un faux giron l’impeccable travail de remobilisation qu’il avait accompli tout seul, en abandonnant l’espoir qu’il avait joliment suscité entre les mains d’un collectif à plusieurs têtes, incapable de se doter d’un agenda transparent, fixe et porteur. Tikpi aurait été beaucoup plus courageux, plus pugnace au-delà du 19 Août 2017, que la majorité des Togolais auraient, pour un temps, ranger aux vestiaires les couleurs de leurs partis et le suivre jusqu’à la victoire. L’homme de Kparatao était bien parti pour transformer le célèbre concept “démocratie d’abord, multipartisme après” en une réalité gagnante. N’avait-il pas réussi à secouer la scène politique, à déverrouiller le nord du pays et à faire trembler le pouvoir sur ses bases? Mais hélas …! Il n’a pas pu ou n’a pas su aller jusqu’au bout. La suite est connue de tous et étreint les cœurs.

Il est sans doute venu le temps de prêter attention aux “théories de certaines éminences de la Diaspora”. N’est-il pas vrai que les révolutions réussies partent des grandes théories qui préparent les cœurs et aiguisent les ardeurs chez les peuples? C’est le lieu de dire très haut et sans ambage que l’opposition a mal fait son lit, lorsqu’elle s’est laissé berner par la CEDEAO et commis le pire en acceptant, un “bakchich”, ce dessous de table clandestinement arrangé par un adversaire rusé qui sait trouver les failles et taper là où ça fait mal. A l’orée de 2020, le ballet des connivences ne peut plus reprendre son cours et les chefs mégalos ne doivent plus venir nous liquefier le moral avec leur langue de bois. Assez des rabibochages! Assez des chèques en blanc à des leaders trop imbus de leur personne, trop soucieux de leurs intérêts personnels!

Kodjo Epou

La question qui vient d’emblée à l’esprit, c’est celle de savoir comment et par où reprendre la mobilisation? Qui peut capitaliser sur les échecs, et de l’opposition et du pouvoir, de façon à obtenir le changement à la tête du pays et redonner l’espoir d’un bien-être à la population et aux générations montantes? Les Togolais doivent désormais ouvrir les yeux car, le militantisme béat de type Taliban », la dévotion outrée et hypocrite ne peuvent plus être de mise. Vivement ce courant nouveau, de préférence indépendant des deux bords et qualifié aux tâches de la bonne gouvernance. L’enjeu en vue, l’urgence d’une aube nouvelle pour notre peuple et l’état désagréable de opposition actuelle interpellent tous les Togolais …. Beaucoup plus la Diaspora. Il est question, comme le dit l’autre, que le parti de tous soit unique, jusqu’en 2020, et ait pour nom le Togo.

Kodjo Epou
Washington DC
USA

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