Destruction des maisons dans les réserves administratives : Au-delà de la casse, sévir contre les géomètres véreux

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Le PrĂ©sident de la DĂ©lĂ©gation spĂ©ciale de la prĂ©fecture du Golfe s’est lancĂ© dans une vaste opĂ©ration. Entre dĂ©sengorgement des rues et destruction des maisons, Kossi Aboka casse tout sur son passage. Sans Ă©tat d’âme. Et pourtant, ce ne sont pas que des prpriĂ©taires qui sont fautifs…

Avépozo, Adidogomé, Avédji, Baguida, Kpogan, tous ces quartiers de la préfecture du Golfe portent des stigmates du passage du « buldozer Aboka ». Des maisons de ces quartiers périphériques et banlieues sont cassées. L’opération vise à « restituer » à la préfecture ce qui lui appartient. Autrement, des habitations construites dans le domaine public sont depuis quelque temps la cible de Kossi Aboka. Ainsi, avec son équipe, il part en expédition et traîne à longueur de journée des journalistes. Mais le nouveau hobby de Kossi Aboka, l’homme des frasques à la préfecture du Golfe, paraît curieux.

Le Président de la Délégation spéciale est bien connu des Togolais. Il a longtemps défrayé la chronique dans des conflits ouverts avec Koffi Melebou, l’ancien préfet. Il s’est souvent illustré de la plus mauvaise des manières lors des célébrations des mariages civils. L’homme est un adepte des shows qui crèvent l’écran. C’est le genre d’homme qui, en s’exhibant, oublie très souvent son derrière. Kossi Aboka fait plus d’une dizaine d’années à la délégation spéciale de la préfecture du Golfe. A ce titre, il devrait avoir connaissance des habitations construites dans le domaine public. Mais à le voir ces derniers temps partir à l’assaut des maisons, des occupations anarchiques des rues, le Président de la Délégation spéciale donne à penser qu’il vient d’être nommé à ce poste et, pris de zèle, fait des actions afin de taper dans l’œil de son chef. Ou, il vient de se réveiller d’un sommeil léthargique et veut rattraper le temps perdu à se chamailler avec Koffi Melebou. Mais tous ses tapages orchestrés ces derniers temps sont des trompe-œil.

En effet il y a quelques temps, l’Agence nationale pour la gestion de l’environnement (ANGE) et les agents de la Préfecture du Golfe s’étaient rendus dans la zone portuaire. Plus précisément au lieu communément appelé « Ramatou ». Flanquées des forces de l’ordre, des journalistes et munies des autorisations de désengorgement des rues, les deux structures ont procédé à l’enlèvement des graviers marins exposés le long de la voie publique. Mais quelques jours après leur passage, ce sont des pierres concassées qui ont remplacé les graviers marins. En clair, la voie n’est toujours pas dégagée alors que Kossi Aboka se plaisait devant les journalistes dans les locaux de la Préfecture de l’opération entamée. Il avait annoncé que de telles actions futures se poursuivront et s’étendront aux habitations construites dans les domaines publics. Et c’est visiblement à ce stade qu’il en est actuellement en semant des désolations dans les familles.

Kossi Aboka sème la désolation et feint de ne pas enlever la poutre qui est dans ses yeux. Comment les populations ont-elles acquis des parcelles dans les domaines publics ? Cette question, le Président de la Délégation spéciale semble l’éluder et s’en prend aux acquéreurs des lots de terrain. Au Togo, acquérir un terrain est de l’ordre de la Direction du cadastre et des géomètres. Et c’est un secret de Polichinelle, ces deux milieux sont remplis des véreux qui n’hésitent pas à vendre des domaines publics aux populations qui ignorent souvent les procédures légales. Le mal doit être coupé à la racine. Kossi Aboka doit, en amont, s’en prendre à ceux qui font des domaines appartenant à l’Etat leur business, avant de s’attaquer aux pauvres abusés par des fonctionnaires véreux de la Direction du cadastre et des géomètres non moins vicieux. C’est en cela qu’on saura véritablement qu’il est engagé à nettoyer les écuries d’Augias. Mais sans cela, on assistera toujours à des « Aboka’s show ».

C’est une bande organisĂ©e qui partitionne les rĂ©serves administratives. Elle est bien organisĂ©e puisqu’il y a des magistrats corrompus, des gradĂ©s de l’armĂ©e… Ce rĂ©seau s’est bâti une triste renommĂ©e. Il est spĂ©cialisĂ© dans la vente des terrains litigieux. Et c’est curieux que ce rĂ©gime n’ait pas connaissance de cette bande qui abuse de pauvres citoyens qui ploient sous la misère ambiante. Il est aussi surprenant que le PrĂ©sident de la DĂ©lĂ©gation spĂ©ciale ne connaisse pas l’existence de ce groupe organisĂ© qui, visiblement, n’a peur de rien et fait des rĂ©serves administratives sa « chasse gardĂ©e ». Il faut dĂ©manteler ce rĂ©seau.

Au Togo, le régime cinquantenaire excelle dans la politique de deux poids deux mesures. Selon que vous êtes puissant, influent, militant UNIR, les jugements et les prises de position du gouvernement seront toujours en votre faveur. Mais quand vous êtes de la plèbe et le pouvoir ne tirera aucun avantage de vous, il vous enfoncera davantage dans la misère, comme ce qui est donné de constater ces temps-ci avec l’ « expédition Aboka ».

De tels actes se sont produits dans le passé. En effet, les riverains de la voie qui va d’Adidogomé à Sanguera gardent toujours en mémoire comment ils ont été chassés.

Le désengorgement a suscité de vives protestations, mais le gouvernement s’est justifié en brandissant l’argument de l’agrandissement de la voie. Mais depuis, elle n’est toujours pas agrandie. Elle sera certainement l’objet de campagne électorale. Pour le moment, on n’en est pas encore là. Les pauvres peuvent continuer à souffrir des séquelles de l’élargissement du tronçon Adidogome-Sanguera.

Pendant ce temps, ceux qui se sont livrés à la vente de ces parcelles ou qui vendent des réserves administratives ne sont pas inquiétés. C’est le paradoxe qui caractérise la gestion du pouvoir sous Faure Gnassingbé. C’est l’impunité totale.
 
source : L’Alternative Togo
 

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