Elections et business : Plusieurs observateurs électoraux « alimentaires » immobilisés à Lomé, faute de pouvoir régler leurs notes d’hôtel

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Censés venir faire des affaires très juteuses à Lomé sous le paravent pompeux d’« observation électorale », plusieurs Africains qui ont atterri à Lomé, trois jours avant le scrutin du 25 juillet, et déposé leurs valises dans des hôtels, sont actuellement en train de déchanter. Plus de trois semaines après le scrutin et contrairement à la plupart de leurs pairs, ils sont toujours à Lomé. Seraient-ils tombés sous le « charme » (sic) de Lomé ? En vérité, ils ne peuvent pas bouger. Et pour cause, ils ne parviennent pas à régler leurs notes d’hôtel car l’Etat togolais refuserait de leur payer ce qu’ils considèrent comme leurs dus.
 
Véritable enjeu national, les élections offrent à quelques individus qui s’affublent du titre d’observateurs électoraux de réelles opportunités de faire du business. Au grand dam des populations des pays où ils viennent organiser leur tragi-comédie. Pour ces individus de moralité hautement douteuse et pour qui, tout est « bon » pourvu qu’au bout, il y ait des espèces sonnantes et trébuchantes, le Togo est une destination privilégiée. C’est ainsi qu’à l’occasion de chaque joute électorale, ils effectuent la ruée vers l’or (le Togo) où ils s’établissent soit la veille du scrutin, soit deux ou trois jours avant le scrutin et n’attendent que le soir ou le lendemain pour se répandre dans des rapports qui encensent le pouvoir. Le tout contre une très forte récompense que le pouvoir leur distribue. Qu’ont-ils vu ou observé lorsqu’ils n’étaient à peine qu’une dizaine ou une vingtaine répartie dans quelques centres de vote à Lomé, n’ont pas vraiment assisté à la phase préélectorale, ne maîtrisent pas le cadre légal du scrutin ? Question pour un champion.
 
Les 25, 26, 27 juillet derniers et les jours suivants, des observateurs de cette espèce, on en a encore vu se succéder sur la TVT et raconter des tas d’inexactitudes sur le déroulement du scrutin, dans l’espoir de palper les millions FCFA et de s’en mettre plein les poches. Seulement, cette fois-ci, l’opération n’a pas été rentable pour nombre d’entre eux. Mis à part les observateurs de l’Union africaine, de Gorée Institute et de quelques missions bien connues de l’opinion, ceux qui sont venus à Lomé avec des étiquettes ronflantes, avec l’espoir de faire affaire ont de très sérieux ennuis. Non seulement ils continuent de trainer leur bosse à Lomé sans raison, mais encore ils se retrouvent extrêmement endettés.
 
D’après les informations, ils sont de plusieurs nationalités : tchadienne, ivoirienne, béninoise, burkinabè, camerounaise, etc. Et logent dans plusieurs hôtels de la capitale. L’hôtel Ahodikpè, entre autres. Depuis bientôt un mois, ces observateurs affairistes accumulent des factures restées impayées. D’autres encore, comptant sur « la manne », auraient même mangé tous ces jours durant à l’hôtel. Quelques jours après le scrutin, ils étaient pourtant censés libérer leurs chambres d’hôtels et régler leurs notes. Mais ils ne peuvent le faire. Car ils n’ont pas de quoi pouvoir payer cette addition si corsée. Selon un employé d’un hôtel qui a eu le malheur de loger quelques uns de ces businessmen, le montant de la note oscillerait entre cinq cents et six cents mille FCFA pour chacun. Une perte énorme pour les hôtels où ces observateurs ont posé leurs valises, si jamais ils ne parvenaient pas à s’en acquitter.
 
Alors qu’a-t-il bien pu se passer pour que ces « observateurs » affairistes se retrouvent dans ce véritable sac de nœuds ? Selon certains témoignages, ceux-ci, en arrivant au Togo, auraient reçu du pouvoir togolais, la promesse de les prendre en charge entièrement, à la condition qu’ils adoubent le déroulement du processus électoral et alignent les superlatifs. Et à l’aune des défilés de soi-disant observateurs sur la TVT, il est aisé de conclure que ceux-ci ont rempli leur part du contrat. Seulement, pour que tout se fasse en bonne intelligence, il fallait que le pouvoir qui dilapide à tout va les ressources du pays, exécute sa part du marché conclu. Mais là, tout ne semble pas se dérouler comme prévu. Il refuserait de leur verser la bagatelle prévue. Et du coup, criblés de dettes dans un pays qui n’est pas le leur, ils semblent perdus. Leur plan d’empocher des millions en se payant la tête des Togolais fait pschitt. Et cette situation fait des victimes collatérales. Les hôtels ne savent pas comment gérer cette situation qui leur crée un énorme manque à gagner. Vont-ils les expulser et effacer leur ardoise ? Ou continuer de les garder là, avec l’espoir de pouvoir entrer dans leurs droits un jour? En tout cas, il n’est pas exclu que ces faux observateurs s’arrangent pour prendre le large un de ces quatre. Ni vu ni connu. Observateurs électoraux, dites-vous ? Difficile en tout cas de prédire la fin de cette histoire dans laquelle se sont embarqués ces hommes et femmes qui flairent des affaires à l’occasion des élections qui se déroulent sur le continent.
 
Magnanus FREEMAN
 

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