Faure Gnassingbé donne des raisons aux togolais de regretter Eyadema


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C’est avec beaucoup d’émotion que le neuvième anniversaire de la tragique disparition du général Eyadema a été célébrée mercredi à Pya.

A l’occasion, deux Chefs d’Etat ont jugé nécessaire de se joindre au peuple togolais pour rendre hommage à celui qui a présidé aux destinées du Togo pendant 38 ans.

Oui, Thomas Boni Yayi qui avait été quasiment la dernière personnalité à être reçue début février 2005 par le général et son collègue du Niger Issifou Hamadou étaient donc à Pya et se sont inclinés sur la tombe de l’illustre disparu.

Au-delà du cérémonial qui peut être inscrit dans le registre de la routine annuelle pour rappeler la mémoire du feu général, il impose, en ce moment précis de l’histoire de notre pays, de se poser des questions sur ce qu’il reste d’Eyadema dans la mémoire collective du peuple togolais.

L’interrogation paraît sans doute anodine et même inutile puisqu’a priori, l’on n’a aucune raison apparente de revenir sur le vécu et la méthode de gouvernance de celui que l’opinion nationale et internationale considère comme un des dictateurs les plus aboutis dans l’histoire des peuples d’Afrique.

Mais soyons justes et départons-nous des clichés, des idées préconçues et caractérielles que l’ont a de go inscrits dans notre imagerie collective.

Ceux qui ont réellement vécu et pratiqué le général Eyadema savent et peuvent bien témoigner que ce dernier n’était pas que dictateur.

L’homme avait des valeurs réelles d’homme d’Etat avec un sens aigu de l’honneur et de la parole donnée.

Certes, sa formation de militaire l’a dopé d’un instinct d’impulsivité et de rage de vaincre à tout prix, ce qui l’a rendu réfractaire à la critique. C’est ainsi que tous ceux osaient lui tenir tête se heurtaient d’emblée et sans ambages à son courroux.

Mais c’est bien sous lui que les juges de la cour supême ont eu à rendre des dicisions audacieuses de droit déboutant l’Etat, notamment dans des dossiers sensibles comme ceux de Komi Djidjokpé Laclé, sans que Eyadema ne leur crée des ennuis particuliers.

Mieux, et au-delà de tout, beaucoup de togolais en général et de Kabyè en particulier se retrouvaient pleinement en Eyadema en ce qu’il a de digne, de loyal et de respectable.

Il avait le sens de la direction qui inclut nécessairement celui de la responsabilité. Il savait affronter avec courage et audace l’adversité ce qui lui a permis de se forger une personnalité stimulante et admirable. Le général savait confronter pour puiser la vérité.

Avec ses sources diversifiées de renseignement, il savait aussi vérifier les informations qui lui parvenaient d’un bord ou d’un autre, ce qui lui évitait des erreurs répétées d’appréciation et de jugement.

Il avait le sens du contact humain, valeur particulièrement cardinale en Afrique où l’émotion et la chaleur humaine sont les choses les mieux partagées.

Son sens de générosité et de partage ont fini par oblitérer auprès d’une bonne frange du peuple, cette image de dictateur que l’on lui attribuait.

Au final et au-delà de tout jugement de valeur, le Vieux a su se faire aimer et respecter, il a aussi su incarner valablement l’ensemble des compartiments du pouvoir qu’il détenait.

Jamais sous Eyadema le pouvoir n’a autant chancelé et vaciller, le peuple ne s’est senti aussi abandonné comme c’est le cas aujourd’hui.

L’ancien Premier Ministre Koffi Sama ne croyait sans doute pas mieux dire lorsque, sur les antennes de la télévision nationale, il qualifiait de « catastrophe nationale » la disparition d’Eyadema.

Il a donc fallu des années pour que les togolais comprennent que la mort d’Eyadema était effectivement une catastrophe. Oui, une vraie catastrophe qui se matérialise par une absence systématique de leadership, une culture éhontée de la duperie, du mensonge, du faux-fuyant, de fausses promesses, de dribbles, de lâcheté…

Mais oui, un accaparement et une confiscation totale des biens de l’Etat par une minorité au sommet du pouvoir.

L’effarant chiffre avancé par le rapport sur les transferts illicites des capitaux à partir du Togo de 2005 à 2011 est parfaitement illustratif du gangstérisme actuel qui s’est érigé en règle de gouvernance au Togo. Près de 9 mille milliards de fcfa ont été évadés du Togo durant cette période. Qui dit mieux ?

Jamais Eyadema n’a joué un rôle catalytique dans la gestion de son pouvoir. Il assume pleinement ses actes qu’ils soient bons ou mauvais.

Les incessantes divagations des juges que l’on observe dans des dossiers sensibles comme ceux des incendies, de Olivier Amah ou de Pascal Bodjona sont révélatrices de ce que, les dirigeants actuels du Togo ont perdu le sens de la raison, du droit et du bon sens.

Ils l’ont tellement perdu qu’ils sont prêts à bestialiser les magistrats, à les réduire aux rôles de simples larbins pourvu que leur délirantes décisions permettent au sommet de camuffler, ne serait-ce que momentanément, la vérité des faits et des manquements graves dont il souffre.

Quelle fuite en avant !!! Quelle lâcheté !!! Quelle irresponsabilité !!!

En son temps, lorsque Eyadema annonçait à l’occasion de la fête du 13 janvier, un 13 ème mois, cet argent tombait dès le lendemain sur les comptes des fonctionnaires, c’est cela la parole donnée quand il est question de gérer les hommes.

Eyadema n’aurait jamais publiquement promis 250 millions aux avocats sans les leur verser. Il n’annoncerait jamais des projets qui ne seront exécutés. Il ne ferait pas de promesses aux travailleurs et aux étudiants sans les matérialiser.

Enfin des comptes, les togolais ont des raisons de regretter le général malgré le caractère dictatorial du pouvoir qu’il a incarné durant 38 ans.

 

togoinfos

 

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