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Faure Gnassingbé et Abalo Kadanga lâchent sans raison l´armée sur les populations de Sokodé et Kparatao

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La présence militaire s´était accrue vendredi le 22 novembre 2019 avec des soldats armés postés à tous les carrefours du chef-lieu de la préfecture de Tchaoudjo. Rappelons que Sokodé était, depuis au moins deux ans, sous siège militaire, et ce renfort en troupe et en matériel laissait soupçonner qu´il y avait de l´électricité dans l´air, mais pour quelle raison? Se demandait tout le monde.

Vendredi 22 novembre 2019, le Préfet de Tchaoudjo, le Colonel Monpion lève sans le savoir le voile sur le coup monté par la troupe à Faure Gnassingbé pour massacrer les populations Tem de Tchaoudjo. Notre Colonel-Préfet appelle le président du PNP-Sokodé pour lui dire qu´il détiendrait l´information selon laquelle les jeunes du PNP se prépareraient à organiser des tueries sur nos frères Kabyè de la localité. Le responsable du Parti National Panafricain a naturellement rejeté la fausse information du Colonel et écrit une déclaration au nom du parti pour dénoncer cette fausse et dangereuse allégation du représentant du pouvoir central à Tchaoudjo.

Samedi, 23 novembre 2019, très tôt le matin aux environs de 4 heures des coups de feux et de détonation des gaz lacrymogènes étaient entendus, venant du centre-ville. On découvrira au lever du jour au moins deux motos brûlées et quelques vitres de la boutique appartenant à la station service Total brisées. Mais la station elle-même n´a pas été endommagée. Le Ministre de la sécurité M. Yark Dahemane nous dira plus tard que des agresseurs armés ont blessé des gendarmes. Tout le monde sait que des militaires étaient partout en ville depuis plusieurs jours, c´est pourquoi on se demande comment des individus armés de gourdins et de machettes pouvaient s´aventurer jusqu´en pleine ville malgré cette présence remarquée de soldats un peu partout.

La population est surprise par le comportement agressif et violent des militaires qui se sont déployés dans toute la ville de Sokodé, dans ses environs et à Kparatao ce samedi 23 novembre. Des courses-poursuites entre soldats de l´armée togolaise, armés de gros bâtons et de cordelettes et les usagers de la route, à pied, sur moto ou en voiture, étaient observées un peu partout, et c´était la panique générale. Tout attroupement, surtout de jeunes, était violemment dispersé et les malchanceux qui avaient pu être rattrappés, étaient sauvagement bastonnés jusqu´au sang. Tout le monde se rappelle alors les descentes punitives des mêmes militaires contre les mêmes populations en octobre et novembre 2017. Ce déploiement et ce comportement violent des éléments de l´armée qui a pris, depuis longtemps fait et cause pour le régime des Gnassingbé, sont d´autant plus surprenants qu´aucune manifestation n´était prévue ce samedi 23 novembre. Tous ceux qui ont été agressés et sauvagement battus vaquaient à leurs occupations ordinaires, ou se reposaient tranquillement devant leurs maisons.

Sur les réseaux sociaux circule le témoignage du jeune animateur de radio qui avait croisé sur son chemin deux militaires. Un témoignage qui fait froid dans le dos. Si lui s´en était sorti après avoir présenté ses cartes de presse et d´identité, un autre citoyen sur moto fut violemment mis à terre et correctement frappé par les deux soldats. Un couvre-feu qui ne dit pas son nom est imposé à partir de 16 heures à la population de Sokodé, du moins jusqu´à dimanche soir. Des chauffeurs des transports en commun qui chargeaient des passagers pour Lomé reçurent la visite musclée de militaires qui ne firent pas de quartier. Chauffeurs comme candidats et candidates au voyage furent sérieusement bastonnés à l´aide de cordelettes de militaires. Et ceci se passait dimanche dans la soirée. Des images d´une jeune fille dont le corps est couvert d´hématomes à la suite de bastonnades circulent sur les réseaux sociaux.

Le comble de l´horreur militaire à Kparatao

En même temps que les militaires se déployaient à Sokodé ce samedi avec toute l´armada qu´on pouvait imaginer, Kparatao était également le théâtre des mêmes scènes d´horreur. Pour un village de quelques milliers d´habitants, l´étonnant déploiement militaire était disproportionné, d´autant plus qu´il n´y avait aucune raison à cela. Aucune manifestation n´était prévue. Comme en octobre et novembre 2017, beaucoup avaient pris le chemin de la broussse pour échapper à la folie meurtrière des militaires envoyés pour blesser et tuer. Les plus faibles et les plus vulnérables qui ne pouvaient pas partir, s´en remettaient à Dieu pour rester sains et saufs.

Le cas le plus horrible est celui de ce jeune homme de 17 ans, dont nous taisons le nom pour des raisons de sécurité: En tentant de fuir le village pour se mettre à l´abri dans une ferme peul, il tombe nez à nez sur des militaires. Une course-pousuite commence et il sera rattrapé après quelques centaines de mètres. Il est ligoté comme un bandit des grands chemins et traîné derrière eux. Des coups de cordelettes et de bâtons pleuvent sur lui. Ils le soumettent à un interrogatoire musclé; ils voulaient savoir si le jeune malheureux connaît Atchadam, à chaque réponse négative de sa part, le chef du groupe de militaires donnait l´ordre de le taper. La même question revient, la même réponse négative, les mêmes bastonnades. Et cette torture se poursuit pendant plusieurs centaines de mètres à travers le village. Ils l´emmènent à leur quartier général improvisé auprès de la rivière Ðoua qui sert de frontière entre Kparatao et Yélivo. Là, le jeune supplicié reste couché, car exténué, il ne pouvait plus tenir debout, ni s´asseoir. Le bruit courait déjà au village qu´il est mort. Mais heureusement il n´en était rien. Mais personne ne sait quelles sortes de blessures invisibles il a eues, en dehors des hématomes sur les bras et le torse.

Précisons que depuis le début des supplices les parents du jeune homme sont restés courageux et suivaient les militaires, malgré leur menace, en les suppliant de libérer leur enfant. Et ce n´est que vers 22 heures que leur chef acceptera de leur remettre le jeune malchanceux à bout de forces. Un calvaire qui a duré de 10 heures 30 à 22 heures. 12 heures de supplice, 12 heures de torture sur un citoyen qui ne manifestait pas. Et en toute impunité!

(Article écrit grâce à la collaboration de nos correspondants à Sokodé et Kparatao.)

Samari Tchadjobo
Allemagne

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