Faure Gnassingbé, RPT/UNIR, Armée: conservation du pouvoir à tout prix sur fond de mensonge et de terreur

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« La terreur n´assied pas l´autorité sur une base solide; le meilleur moyen d´assurer la paix dans un pays repose plutôt sur le pardon et le respect de la vie des autres…… » Amadou Hampâté Bâ
 
 
Réplique au grotesque montage à la TVT
Mensonges d´un régime aux abois

 
Les rares qui regardent encore la Télévision Nationale TVT ont vu apparaître mercredi soir sur leur petit écran un gendarme aux gestes hésitants avec l´allure de quelqu´un qui n´est pas convaincu de ce qu´il fait.
En effet, sa mission cette soirée consistait à présenter aux populations le butin de guerre, c´est-à-dire le supposé résultat des fouilles opérées par des militaires à Sokodé et à Kparatao, village natal du président du PNP.
À l´arrivée des militaires le 19 Septembre à Kparatao, ils ont informé le Chef de Canton de leur mission et ont commencé les fouilles. Et quand ils ont estimé avoir terminé leur travail, leur supérieur s´était rendu de nouveau au domicile du Chef , mais ce dernier était déjà à Sokodé pour rencontrer le Préfet. Le réprésentant du Chef a été informé de la fin de leur mission et s´était rendu avec le chef de la délégation militaire dans la maison où le bœuf a été abattu. L´identité du boucher et celle de sa femme blessée fut notée et les camions militaires ont quitté Kparatao.
 
Le supérieur des militaires savait bel et bien que le Chef de Canton était à la Préfecture. S´ils avaient pendant leurs fouilles trouvé quelque chose de compromettant le Chef du village et du Canton de Kparatao ou au moins son représentant devrait être le premier à être appelé sur les lieux pour constater avec eux. Le Chef de Kparatao que nous avons joint au téléphone nous a affirmé n´avoir pas été informé d´une saisie quelconque d´armes, de faux billets ou encore de drogue.
 
Les arcs, les flèches et les carquois appartiennent au patrimoine culturel tem, et sont répandus chez beaucoup de peuples surtout dans la partie septentrionale de notre pays. Même si la chasse n´est plus fréquente à cause des problèmes liés à la protection de la faune, ces objets personnels sont utilisés pendant les fêtes traditionnelles. Il en va de même pour les talismans qui sont des objets personnels et intimes qu´aucune autorité, soit-elle militaire, n´a le droit de saisir sous quelque prétexte que ce soit.
 
Tout citoyen où qu´il se trouve et quel qu´il soit a le droit d´avoir sa vie privée et son domaine intime dans sa maison que tout état normal est tenu de protéger. C´est pourquoi pour perquisitionner chez quelqu´un en cas de force majeure, l´autorité a besoin d´une autorisation délivrée par un juge et qu´on appelle mandat de perquisition.
Et ça doit se passer comme ça dans les pays normaux, où l´état de droit est une réalité.
C´est pourquoi nous disons que notre pays est dirigé par une dictature méchante. Un pays où le citoyen doit encore avoir peur de l´autorité de l´état est encore très loin d´être un état de droit.
Comme à Kparatao, aucune autorité locale dans les quartiers de Sokodé où les fouilles furent opérées mardi dernier, c´est-à-dire la Barrière et Kossombio, n´a été informée d´une quelconque saisie.
Donc ce qui s´est passé mercredi soir à la TVT n´est qu´un montage grotesque mal ficelé. On peut quelquefois essayer d´embellir le mensonge, mais celui-ci était tellement gros et bête qu´il ne pouvait pas avoir d´habit à sa taille pour le cacher même au dernier idiot du village.
 
Avoir trouvé chez quelqu´un une grande somme d´argent en faux billets et de la drogue n´est pas une pécadille. Et toute personne qui apprend une telle nouvelle s´attend le plus normalement du monde à ce qu´on lui présente le supposé criminel. Où sont les présumés malfaiteurs?
 
Les objets personnels saisis pendant les premières et dernières fouilles à Sokodé et à Kparatao doivent être remis sans délai à leurs propriétaires.
 
Après avoir échoué à faire croire que le PNP est un parti éthnique et musulman soutenu par des djihadistes, après avoir lamentablement échoué en inventant des histoires à dormir debout pour faire croire que le PNP entretient des rebelles au Ghana et en Côte d´Ivoire, après avoir échoué en essayant d´opposer les Kabyès aux Kotokoli, ils sont paniqués parce que Tikpi Atchadam, par son franc-parler et son charisme, a réussi à redonner de la verve à l´opposition et au peuple.
L´opposition révigorée, ayant repris du poil de la bête fait peur, et pour les ennemis du peuple il faut passer par tous les moyens, même vils, pour saper cette union de l´opposition jamais réalisée.
 
Le bœuf abattu dans le village natal de Tikpi Atchadam menaçait les militaires armés jusqu´aux dents! Il faut être tellement désespéré, avoir perdu la tête pour faire une telle affirmation. Chez moi en pays tem il y a un proverbe qui dit: « le menteur ignore qu´il y a quelque part des gens qui réfléchissent. »
 
Terreur à Mango et à Bafilo
 
Si les manifestaions de l´opposition se sont bien déroulées mercredi le 20 Septembre à Lomé, Kpalimé, Sokodé, Dapaong sans grands incidents, c´est la terreur à Mango et à Bafilo.
 
À Mango les incidents ont commencé quand les miliciens du RPT/UNIR, dont la sortie n´était pas autorisée, se sont mêlés aux manifestants de l´opposition pour faire de la provocation. C´est alors que les marcheurs, au départ pacifiques, avaient commencé à s´en prendre aux militants du RPT/UNIR et aux forces de l´ordre en érigeant des barricades. Nos forces de sécurité, ayant la gachette facile, avaient alors commencé à tirer à balles réelles; et c´était ainsi qu´un enfant de 9 ans fut mortellement atteint.
 
Comme le bon travail abattu par le PNP les empêche de dormir tranquille, cette formation politique est devenue la bête noire dont on voit la main partout. Le Ministre de la Sécurité trouve que ce sont les militants du PNP qui ont tiré à Mango. Si le PNP avait des militants dans cette localité, seraient-ils sortis pour manifester ou tirer? Et avec quelles armes? Heureusement que le Conseiller du parti ADDI François Kampatib a répondu à Yark que le PNP n´a pas de base à Mango.
 
Ce ne serait pas aller trop vite en besogne en affirmant que les incidents de Mango ont été manigancés par le zélé préfet de la localité.
N´oublions pas que c´est le même bonhomme qui avait empêché un meeting du PNP il y a quelques mois dans cette ville.
 
À Bafilo c´est un autre potentat local de préfet qui fait la pluie et le beau temps. L´homme originaire de Tchaoudjo n´a pas encore compris que les temps ont changé, et qu´il ne sert à rien de nourrir de la haine contre ses administrés sous prétexte que la majorité n´est pas du parti de son protecteur de président.
L´incorrigible préfet dit ne pas être au courant des manifestations organisées par l´opposition les 20 et 21 Septembre 2017. Cela suffit pour qu´il monte dans sa voiture et se rendre à Kara.
Les bérets rouges, arrivés quelques instants après, comme à leur habitude, ne font pas de quartier.
Les manifestants qui marchaient pacifiquement sont dispersés sans ménagement. Tout y passa: tirs à balles en caoutchouc, bastonnades, chasse à l´homme même dans les maisons, motos saisies et incendiées.
Un bilan très lourd. Des blessés sont transportés par des moyens de fortune à l´hôpital de Sokodé et de Kara. Les plus malchanceux sur la route de Kara sont récupérés par des militaires qui leur refusent les soins.
Les bérets rouges refusent que les blessés soient embarqués dans des ambulances. Certains sont emmenés par des militaires vers des destinations inconnues.
Poursuivis jusque dans leurs derniers retranchements, plusieurs jeunes, dont les blessures nécessitent pourtant des soins, sont obligés de fuir dans les montagnes, livrés aux douleurs et à la faim.
Les militaires interdisent à leurs proches d´aller les récupérer.
 
À Bafilo c´est l´enfer, c´est l´horreur.
 
Le gouvernement doit enfin cesser de faire appel aux militaires, qui sont formés pour la guerre, pour terroriser et mâter les populations civiles.
 
Un responsable d´une association des droits de l´homme au Togo, lui-même ancien militaire, dont je préfère taire le nom, disait un jour qu´il faille revoir la façon de former les militaires dans notre pays. Une formation militaire, selon lui, qui est en elle-même une torture.
 
Un peuple qui demande un peu plus de pain, de démocratie, de liberté et de justice les mains nues, et à qui on envoie des commandos formés pour tuer en temps de guerre.
Ce peuple du Togo, du Nord au Sud, ne mérite pas ça!
 
Merci au Chef de Canton de Kparatao, à nos correspondants à Bafilo et à Mango grâce à qui cet article a pu être écrit.
 
Samari Tchadjobo
 
Allemagne
 

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