Gestion sous le fils : pillage, bradage…

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Faure Gnassingbé

« Lorsque le plus petit nombre accapare les ressources au détriment du plus grand nombre, alors s’instaure un déséquilibre nuisible qui menace jusqu’en ses tréfonds la démocratie et le progrès»(Faure Gnassingbé)

Le compatriote Kodjo Epou alertait dans une chronique, fort du bradage tous azimuts des biens et sociétés du pays auquel on assiste qu’« un matin, les Togolais vont se réveiller sans leur pays. Emporté par les créanciers ». Ça peut paraître banal et faire sourire, mais c’est ce à quoi on risque d’arriver si on n’y prend garde. Le drame, c’est que les structures étatiques bradées à tour de bras sont victimes d’une mauvaise gestion et de rackets scandaleux. Le comble, ceux qui siphonnent et précipitent les sociétés dans le gouffre sont exonérés du devoir élémentaire de rendre compte.

Les crimes économiques sont sans doute l’une des plaies caractéristiques du régime de Faure Gnassingbé. Les jeunes loups qu’il avait nommés à la tête des structures, ont géré les deniers publics d’une manière dispendieuse en violant toutes les règles de procédure financière et en se livrant à une véritable course à la fortune.  De sorte que les pillages, les détournements de deniers publics et autres ressources nationales, la corruption, les prévarications de toutes sortes sont les choses les mieux partagées au Togo. Les scandales financiers s’enchaînent sans que cela n’émeuve personne. Aujourd’hui, on assiste au bradage de toutes sortes de biens publics.

Tenez, il n’y a pas très longtemps, la société Togotélécom était présentée comme un exemple de réussite, un fleuron de l’économie nationale. Mais la société sera carrément siphonnée et mise à genou. Elle accumulera des dettes auprès des impôts et des banques estimés à plusieurs milliards de FCFA. Face à la gestion chaotique et scandaleuse de cette structure, les autorités n’ont eu d’autre choix que de la céder aux Malgaches via Agou Holding. 

La Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET) n’échappe pas à la mauvaise gestion. Au point que le Conseil d’administration ne cesse de démettre à tour de rôle les premiers responsables sans pourtant trouver la solution idoine de remettre cette société sur pied.

Après Dr Gnande Djetelli et Paul Mawussi Kakatsi qui se sont fait sauter de leur poste, c’est désormais Diog-Bath Laré Santiegou qui a pris depuis le mois de mai les rênes de la société éclaboussée par un scandale de 11 milliards de FCFA. La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a dû voler au secours de cette structure en y injectant 25 milliards de FCFA pour le remboursement de ses dettes.

Le Fonds d’entretien routier (FER) a donné le coup d’envoi de la série de scandales financiers sous le régime de Faure Gnassingbé. Au départ, plusieurs milliards destinés à l’entretien des routes se sont volatilisés, le directeur démis de son poste sans avoir eu à rendre compte, et la société a tout simplement changé de nom, devenue Société autonome de financement de l’entretien routier (SAFER). Et la vie continue. 

L’Office Togolais des phosphates (OTP) devenu par la suite International Fertilizers Group Togo (IFG-Togo) puis la Société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT) intègre le triste tableau. Un débat à l’Assemblée nationale dans le temps sur la gestion opaque de cette société a permis de découvrir un gouffre financier de 300 milliards de FCFA. Personne n’avait été inquiété. La société a simplement changé de dénomination puis été bradée aux Israéliens.

La Société togolaise de coton (SOTOCO) devenue Nouvelle société cotonnière du Coton (NSCT) minée par la mauvaise gestion vient d’être aussi cédée au groupe singapourien Olam. Il faut rappeler au passage les 26 milliards de francs disparus dans le projet de construction de la route Lomé-Vogan-Anfoin, les 600 millions de francs détournés sur le financement de la CAN 2017, les 10 milliards du projet Santé BIDC, les 6 milliards disparus de la CNSS…Voilà la gestion sous l’expert financier formé dans les plus grandes universités occidentales et présenté comme l’incarnation de la bonne gouvernance.

Médard AMETEPE / Liberté Togo

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