Incarcération du Prophète Esaïe à la prison civile de Tsévié : Les fameux « hommes de Dieu » du Togo encore complices d’une situation de non-droit

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Une plongée dans les écritures depuis les temps anciens conforte la thèse que l’homme de Dieu Dekpo Esaïe ne risque pas grand-chose face à la justice sous ordre du régime RPT-UNIR. Certainement une liberté conditionnelle s’il accepte de rester sous silence. Au contraire, les sécurocrates de Faure Gnassingbé sont en train d’ériger un martyr. Car les récents événements qui produisent de grands changements politiques au Mali avec au premier rang le grand Imam Mahmoud Dicko interpelle toutes les consciences et en particulier les « hommes de Dieu » togolais face à l’immobilisme et les copinages incestueux avec les gouvernants. Tout comme ils avaient abandonné Mgr Philippe Fanoko Kpodzro dans sa dynamique, voilà le tour de leur autre confrère Esaïe seul face à son destin. Poursuivi par le Doyen des Juges d’Instruction pour avoir prophétisé une montée d’Agbeyomé Kodjo au pouvoir cette année 2020, Esaïe Dekpo a été déposé le vendredi 2 octobre dernier à la prison civile de Lomé avant d’être transféré plus tard à celle de Tsévié. A première vue, une infinité de charges ont été retenues contre lui à savoir, troubles à l’ordre public, diffusion de fausses nouvelles, menace de mort, apologie des crimes et délits, insurrection et non-respect des institutions. A la lecture, on a l’impression que le magistrat de l’Etat togolais a pris soin de collectionner les inculpations.

Les prophéties ont toujours été le domaine des pasteurs à travers l’histoire. Ceux qui ont plusieurs fois scandé la fin du monde n’ont jamais été inquiétés. La plus récente dans la grande Eglise catholique est « La prophétie des papes » de Glenn Cooper selon laquelle le 112e pape serait le dernier, prédisant la fin de l’Eglise en 2013. Nous voici sept ans après le déluge tant annoncé par Cooper et qui pouvait emporter le monde entier.

Le cas du prophète Esaïe est particulièrement délicat et un régime sérieux qui se veut laïc de surcroit ne musèle pas ceux qui parlent au nom de Dieu, qu’ils soient crédibles ou non. En incarcérant le prophète Esaïe, le régime de FEG démontre qu’il a foi en ce que dit le prophète et devrait plutôt se repentir au lieu de chercher à le museler. Et si on n’accordait pas du crédit à ce qu’il dit, pourquoi vouloir en faire un martyr ? Où est passée la liberté d’expression dans ce pays ? 

Sinon la Bible nous enseigne que « Dieu/l’Eternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes » (Amos 3 :7) et que Dieu déclara par la bouche de son prophète Jérémie, considéré comme le prophète du malheur, qu’il fera tomber les malédictions sur le peuple qui n’écoute pas ses serviteurs les prophètes. 

Le prophète Esaïe Dekpo parle au nom de Dieu et est très souvent un rabat-joie, un oiseau de mauvais augure. Il doit être écouté ou ignoré, mais jamais bâillonné et « torturé » comme le font maladroitement le SCRIC de la Gendarmerie togolaise sous les ordres du Commandant Christian Atekpe et la justice.

Dans la vie d’un bon croyant, à l’annonce d’une mauvaise prophétie, si l’intéressé a su se repentir et se tourne en tout humilité vers son créateur, les choses se transformeraient souvent favorablement.

Le cas du roi Ezéchias est un exemple poignant. En effet, lorsqu’il fut malade à mort, le prophète Esaïe (38 :1) vint auprès de lui, et lui dit : « Ainsi parle l’Eternel : Donne tes ordres à ta maison, car tu vas mourir, et tu ne vivras plus. Ezéchias (Dieu fortifie) de Juda tourna son visage contre le mur, et fit cette prière à l’Eternel « O Eternel ! Souviens-toi que j’ai marché devant ta face avec fidélité et intégrité de cœur, et que j’ai fait ce qui est bien à tes yeux ! » Et Ezéchias qui a régné pendant 29 ans répandit d’abondantes larmes ». La Bible dit que la parole de Dieu fut à nouveau adressée à Esaïe en ces termes : « Retourne, et dis à Ezéchias, chef de mon peuple : Ainsi parle l’Eternel, le Dieu de David, ton père : J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes. Voici, je te guérirai … ». Ce qui fut fait. 

C’est d’ailleurs les mêmes pratiques dans les religions monothéistes au Togo et à travers les cérémonies de la prise de la pierre EKPE SOSSO chez les Guin, la mystique danse de feu T’bol du pays Bassar et les nombreux temples vodou. Les archives nous révèlent qu’en 2015, le même Esaïe togolais avait prédit la victoire de Faure Gnassingbé à la présidentielle sans avoir été inquiété.

Début 2017, le prophète camerounais Ferdinand Ekanè avait annoncé le soulèvement de l’opposition togolaise et l’ébranlement du régime de Faure Gnassingbé. Pourquoi ne l’ont-ils pas arrêté en son temps ? Ils ont plutôt fait ce qu’il fallait et ont pu juguler le danger grâce, en partie, à cette prophétie. C’était effectivement arrivé avec le phénoménal Salifou Tikpi Atchadam le 19 août de l’année. On se rappelle que depuis la sortie de Tikpi, des Imams de Sokodé et Bafilo avaient été enlevés de leur domicile car jugés proches du courant politique PNP. Les sécurocrates leur avaient reproché d’avoir fait ce qu’un certain Dicko fera plus tard  et qui force l’admiration des citoyens du monde.

Il n’y a pas de peuple sans prophètes et aucun véritable prophète n’est au service du pouvoir politique. Le Pasteur Romain Kokou Dékpo alias Prophète Esaïe est parfaitement dans sa mission de prédicateur.

B. Douligna

Source : Liberté

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