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Des jumeaux meurent suite à un accouchement sans assistance dans une cellule

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Un drame s’est encore produit à la prison civile de Lomé. Vendredi dernier, la détenue Agouzé Kafui a accouché dans sa cellule de deux jumeaux qui, malheureusement, n’ont pas survécu faute d’assistance. Les surveillants de l’administration pénitentiaire insensibles à la douleur de la détenue et plus préoccupés par les « juteuses » fouilles ont fait valoir l’argument selon lequel il n’y a pas les moyens pour évacuer la future mère à l’hôpital. Une indifférence qui a entraîné la mort des bébés qu’on aurait pu sauver.
 
« C’est depuis le matin que nous avons alerté les surveillants de l’administration pénitentiaire parce qu’une de nos camarades codétenues était sur le point d’accoucher. Mais ils ne sont pas venus voir ce qui se passe. Ils nous ont dit qu’il n’y a pas d’essence dans la voiture pour conduire la détenue à l’hôpital. On s’est débrouillé pour faire sortir les bébés », raconte une détenue sous le choc.
 
C’est cette réponse marquée d’indifférence des responsables pénitentiaires qui a obligé les détenues à porter assistance à leur camarade qui se tordait de douleur. Elles se sont transformées en sages-femmes sans connaissances requises. Malheureusement, elles n’ont récolté qu’amertume, douleur et indignation malgré les efforts fournis pour aider leur camarade à accoucher. « Nous avons tout fait, mais ils ne sont pas venus jusqu’a ce que la fille accouche dans sa cellule. Ils sont arrivés après le décès des deux bébés. Il faut que les surveillants, le régisseur et les premiers responsables de l’administration pénitentiaire répondent de leurs actes. On ne peut pas négliger la vie humaine de cette façon », s’indigne une détenue. La malheureuse détenue de 28 ans qui est encore sous le choc, n’a pas eu la chance de prendre ses enfants dans les bras. Elle s’est effondrée quand elle a su que ses jumeaux n’ont pas survécu.
 
Le plus surprenant, quand le drame a été porté à la connaissance du chef des Surveillants de l’administration pénitentiaire (SAP), M. Balaka, il n’a pas eu le moindre frémissement pour les bébés. Sa réponse a été assez froide. « Quand on l’a informé du drame, il a dit que le décès des enfants n’était pas une chose grave. Il a dit que ça ne fait rien parce que c’est ce que Dieu aurait prévu », informe une source.
 
La raison de cette négligence vis-à-vis des détenus et qui a abouti au drame, selon nos investigations, est que les surveillants « pensent avoir mieux à faire ». Pendant que la jeune dame se tordait de douleurs et ses codétenues appelaient à l’aide, les surveillants étaient en train d’opérer des fouilles dans les cellules et ont préféré les retombées financières plutôt que de secourir un être en détresse. « La fouille a commencé à 7 heures 10. A cause d’une fouille, il a occasionné la mort des jumeaux.», dénoncent des détenues.
 
Si l’opération de fouille est aux yeux de l’administration pénitentiaire plus importante que la vie, c’est parce qu’elle serait pour les surveillants une occasion de se remplir les poches. « Quand les surveillants fouillent dans les cellules, ils ne font que voler les biens des prisonniers. Ils prennent leur argent. Apres la fouille quand les détenus constatent qu’ils ont été volés, ils se plaignent auprès du régisseur, mais ce dernier les empêche d’en parler. Souvent, les fouilles se passent à l’insu des détenus. Le régisseur dit souvent n’être au courant de rien. Il décline sa responsabilité », soutient une autre source. C’est en réalité un système mis en place pour dépouiller les prisonniers de leurs biens. Et c’est pour les retombées financières que les cris des détenues sont tombés dans des oreilles de sourds avec pour conséquence la mort des jumeaux.
 
Une femme qui accouche dans sa cellule de détention, cela ne peut aucunement garantir un bon accouchement. A cause des piètres conditions d’hygiène qui caractérisent les prisons au Togo, mais aussi parce que les conditions techniques d’accouchement ne sont pas réunies. Encore qu’il y a quelques semaines, nous avons révélé les conditions d’accouchement au Centre hospitalier universitaire Sylvanus Olympio où des femmes donnaient la vie à même le sol !
 
C’est ça le mandat social de Faure Gnassingbé. La vie humaine importe visiblement peu. Les pertes en vies humaines qu’on aurait pu éviter deviennent de plus en plus importantes.
 
G.A.
 
source : Liberté Togo
 

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