La CEDEAO s’embourbe au Mali

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« Les peuples ne doivent jamais désespérer. Aucune société n’est irrémédiable ; aucun moyen âge n’est définitif. Si épaisse que soit la nuit, on aperçoit toujours une lumière » (Victor Hugo)

Si le Togo ploie depuis plus de 5 décennies sous la dictature héréditaire, la faute est  d’abord aux Togolais et ceux qui incarnent la lutte de libération, les leaders de l’opposition qui, à cause de leurs compromissions, mais aussi les divisions, querelles intestines, intérêts partisans, laissant le champ libre au régime Gnassingbé qui, chaque fois qu’il est mis en difficulté, parvient toujours à se relever et se renforcer. Au point que la lutte pour l’avènement de la démocratie au Togo est devenue un travail de Sisyphe. Interminable.

L’institution communautaire joue aussi un rôle non moins prépondérant dans le renforcement de la dictature au Togo. Elle a toujours pris fait et cause pour le régime en place au détriment des aspirations des Togolais. Dans leur écrasante majorité, les Togolais considèrent cette institution à juste titre comme leur malheur. Au temps fort de la crise sociopolitique, alors que Faure Gnassingbé et son régime étaient ébranlés, la CEDEAO n’hésita pas à voler à leur secours en soutenant le coup de force électoral du 20 décembre 2018 qui a accouché d’une Assemblée monocolore, après avoir torpillé le dialogue entre pouvoir et opposition, permettant à Faure Gnassingbé de reprendre la main sur la situation.

Depuis 2005, la CEDEAO n’a eu de cesse de pêcher en eau trouble au Togo. Cette institution a toujours pris position pour la dictature et le déni de droit au détriment de la démocratie. En apportant à chaque fois son aval aux différentes mascarades électorales organisées par le régime de Faure Gnassingbé.

Au Mali, les leaders de la contestation ne se sont pas laissé distraire par la mission d’office de la CEDEAO qui a essuyé un cuisant revers et contrainte de repartir bredouille.  La médiation conduite par l’ancien président du Nigeria Jonathan Goodluck, après avoir pris langue durant cinq jours avec les protagonistes de la crise, a proposé entre autres solutions, le maintien au pouvoir du président Ibrahim Boubacar Keita dont l’opposition continue de réclamer la démission, la recomposition de la Cour Constitutionnelle, et la formation d’un gouvernement d’union nationale. Une solution de sparadrap en somme.

Evidemment, les solutions ont été rejetées d’emblée par le mouvement du 5 juin (M5-RFP). Estimant que les « propositions de solutions de la mission de la CEDEAO ne correspondent absolument pas aux aspirations et attentes exprimées par le M5-RFP et portées par l’écrasante majorité du peuple malien ».

Le Mouvement dit constater avec surprise que la CEDEAO supposée trouver des solutions à la crise dans le respect de la Constitution malienne, a procédé à des arrangements qui violent ladite Constitution et qui ne tiennent aucun compte du contexte sociopolitique.

    Le M5-RFP est formel : le président Ibrahim Boubacar Keita doit dégager du pouvoir car, selon le mouvement, son régime est corrompu. Les leaders de la contestation dénoncent aussi la responsabilité du président malien dans des violations graves des droits et libertés et, plus récemment, des massacres perpétrés par les forces antiterroristes contre des manifestants aux mains nues jusque dans les lieux de culte.

La mission de sauvetage d’IBK a lamentablement échoué. La crise est partie pour durer.

Médard AMETEPE/ Liberté Togo

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