L’assassinat du Col Bitala Madjoulba nécessite plutôt une enquête de commandement

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par icilome

L’on semble oublier l’affaire sur l’assassinat du Colonel Toussaint Bitala Madjoulba. Puisque depuis quelques jours, aucune information sur l’enquête lancée il y a un peu plus de trois semaines. Mais à Niamtougou, la tension reste palpable, la population, les proches de la victime réclament toujours son corps. Mais nombreux sont ceux qui s’interrogent sur le silence autour de cet assassinat, malgré l’annonce d’une enquête dont la commission n’est composée que de gendarmes.

En réalité, et comme on le sait tous, le Colonel Bitala Madjoulba est un officier supérieur de l’armée, assassiné dans un camp militaire dans des circonstances qui restent encore floues. Jusqu’alors, personne ne sait ce qui s’est passé ni qui a tué ce haut gradé. Bien évidemment, seule une enquête peut permettre de découvrir les circonstances exactes de sa mort. Et comme l’armée relève du ministère de la Défense, il revient à ce département de commanditer l’enquête. Alors cela devient une enquête de commandement.

C’est donc le ministère de la Défense qui commandite l’enquête et le dirige. Dans le cas d’espèce, c’est Faure Gnassingbé lui-même qui devrait se retrouver à la tête de cette enquête de commandement, puisqu’il est le ministre de la Défense et chef suprême des armées. Mettre sur pied une commission d’enquête à la tête de laquelle se trouve un gendarme dans le cas de cet assassinat, est déjà une fausse note, selon de nombreux observateurs.

Selon le document français « Bulletin officiel des armées », édition chronologique N°19 du 4 mai 2017, dans son instruction N°6296/DEF/CM13 relatif aux enquêtes de commandement, une enquête de commandement se définit comme « une forme d’enquête interne (ou administrative) qui vise à identifier un éventuel dysfonctionnement ou les risques pouvant altérer le fonctionnement des organismes ou des forces au sein du ministère de la Défense ».

Comme on peut le constater, il s’agit d’une enquête interne qui a pour but « en toute impartialité et objectivité, de dégager la portée réelle des faits, d’en établir les circonstances, l’enchaînement, les causes et les répercussions avérées ou possibles dans le but de permettre au commandement de prendre les mesures correctives nécessaires pour en maîtriser les conséquences et en éviter le renouvellement, ainsi que de lui fournir les éléments pour fixer les responsabilités ».

Puisque le droit togolais est un duplicata du français, l’on estime que c’est ce que le commandement militaire ou du moins le ministère de la Défense, dirigé par Faure Gnassingbé, devrait faire au Togo dans le cadre de l’assassinat du Colonel Bitala Madjoulba. Plus de trois semaines après la mise sur pied de la commission d’enquête chargée de faire la lumière sur l’affaire, rien.

Pendant ce temps, c’est la ville natale de la victime qui se prépare à de nouvelles manifestations, malgré les émissaires envoyés dans la région pour faire baisser la tension à coups d’espèces sonnantes et trébuchantes.

I.K

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