Libre Opinion/Nicodème Habia et les prisonniers politiques otages de la dictature

0
241

photo @ alome.com


Depuis que les chefs d’État de la CEDEAO ont entrepris leur médiation dans l’éternelle crise togolaise, il a été question, au départ, de mesures d’apaisement : l’arrêt des marches de protestation pour les uns, la libération des prisonniers politiques pour les autres. L’opposition a cessé les marches et pourtant les prisonniers politiques sont encore au nombre d’une cinquantaine entre les mains des geôliers de Faure Gnassingbé, d’après les organisations des droits humains. Joseph Eza, Messenth Kokodoko, Assiba Johnson, Foly Satchivi et la cinquantaine d’anonymes doivent être libérés immédiatement.
D’ailleurs, j’ai du mal à comprendre que la Coalition des 14 puisse continuer à discuter avec le Rpt/Urine sans la libération des combattants de la liberté. Si les chefs d’État de la médiation ont quelque poids politique face au tyran togolais, il doivent le démontrer, car il y va de leur crédibilité. Le refus des ennemis de la démocratie de libérer ces otages politiques est l’expression de leur mauvaise foi proverbiale.
La grève de la faim entreprise par Nicodème Habia, le président du parti Les Démocrates, pour la libération de tous les prisonniers politiques, est un geste symbolique lourd de sens. C’est un sacrifice que s’inflige volontairement Habia, au risque de sa santé, pour protester contre l’escroquerie politique que constitue le maintien des opposants en prison. Le comble de la provocation consiste même à augmenter le nombre des prisonniers auxquels a été ajouté Foly Satchivi.
L’autre sens qu’il faut donner à cette grève politique, se situe au niveau de la communication, c’est-à-dire attirer l’attention du monde entier sur le sort du peuple togolais martyr piétiné par un système politique barbare et cruel. Le choix de l’ambassade du Ghana n’est pas innocent dans la mesure où le président de ce pays voisin est le médiateur principal.
Cette grève est symbolique parce que, outre l’aspect politique, il y a l’aspect moral. En effet, la politique ne saurait se passer de la morale comme c’est le cas au Togo. Aucune politique soucieuse du peuple et de son intérêt, ne peut faire l’économie de la morale. Seules les tyrannies peuvent se le permettre, car elles n’ont pas de comptes à rendre au peuple souverain, elles ne règnent que par la force des fusils, la force des lâches. Lâches, parce qu’elles ont peur des peuples qu’elles gouvernent. Ces gouvernements de fait n’ont aucune légitimité. Les élections sont d’odieuses mascarades sanglantes. On veut encore y conduire le peuple togolais comme un troupeau de chèvres à l’abattoir. Il n’en est pas question.
Nous le disons et le répétons, la crise togolaise n’est pas un problème électoral. C’est après l’essentiel, le départ de l’armée prétorienne du pouvoir avec le monarque F. Gnassingbé que viendront les élections.
Pour l’heure, les compagnons de route de Nicodème Habia, les partis du C 14, doivent arrêter immédiatement toutes discussions et négociations avec la dictature, en posant comme préalable, la libération immédiate et sans conditions de nos prisonniers politiques pris en otage. II y va de leur dignité, de leur crédibilité en tant que défenseurs de la cause du peuple. Nicodème Habia, il faut le souligner, leur donne à tous une leçon de morale et de dignité avec courage et abnégation. J’en parle en tant que témoin. Et les Togolais, nombreux, lui apportent leur soutien et encouragements.
 
Ayayi Togoata APEDO-AMAH
 

Laisser un commentaire