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Long silence de la CEDEAO face à l’entêtement de la CENI et du pouvoir de Lomé : Et si c’était un test pour le gouvernement de Faure Gnassingbé?

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Nombreux sont les Togolais qui ont commencé par grincer les dents suite à ce qu’il convient d’appeler  »la lenteur insupportable de la CEDEAO » alors qu’elle est appelée à réagir de façon prompte suite à une violation flagrante par le gouvernement et le parti au pouvoir des recommandations contenues dans la feuille de route du 31 juillet.
Comment est-il possible que le gouvernement togolais s’entête à garder la cinquantaine de personnes en prison alors que la feuille de route demande de les libérer? Pourquoi la CENI soutenue par le gouvernement peut-elle s’obstiner à foncer tête baissée dans l’organisation unilatérale des élections législatives alors que la CEDEAO recommande qu’elle soit d’abord renforcée et fonctionne avec la pleine participation de tous les acteurs impliqués dans la crise politique togolaise ? Pourquoi, tout comme lors des marches  »interdites » à cause du code de conduite du dialogue, le gouvernement n’a-t-il pas saisi la CEDEAO pour lui faire part du refus de la C14 de rejoindre la CENI avant de faire cavalier seul si tant est que c’est la C14 qui s’oppose à une consigne de la CEDEAO (le renforcement de la CENI)? Pourquoi depuis près d’un mois, la CEDEAO semble garder un silence coupable au moment où le pouvoir se moque aussi bien de la C14, du peuple épris du changement que de la feuille de route elle-même ? Telles sont les questions que les Togolais dans leur majorité se posent de façon bien légitime.
Du fond d’eux, ils se morfondent à attendre avec douleur cardiaque la réaction de cet arbitre qui a appelé les protagonistes de la crise au calme et à la négociation. Les plus optimistes qui ont placé toute leur confiance à la CEDEAO ont commencé à avoir l’esprit troublé par le doute et se laissent emporter par une désespérance inconsolable.
La CEDEAO a-t-elle lâché le peuple togolais au bon vouloir de ses bourreaux au moment où tous les espoirs ont été placés en elle ?
Mais heureusement, il existe encore des Togolais qui ne croient pas à l’échec de la lutte entamée depuis le 19 août 2017 et pensent que la CENI dans sa course provocatrice est loin de franchir le Rubicon, cette ligne rouge au-delà de laquelle la commission électorale déchaînée provoquerait l’irréparable et d’énormes dégâts. Oui, le Rubicon n’est pas encore franchi et la CEDEAO n’est pas encore en retard, car aucun mur ne se dressera après le 20 décembre contre le report de la date initialement prévue pour la tenue des législatives si les conditions l’exigent.
Une seule chose est sûre malgré tout : les émissaires de la CEDEAO, seuls arbitres dans la crise togolaise arriveront à Lomé demain, après demain ou un autre jour, mais bien avant que la CENI ne franchisse le Rubicon. Le comité de suivi et les facilitateurs désignés par la CEDEAO ont leur mot à dire avant que les Togolais ne décident de reprendre l’élan de leur combat inachevé. Oui, l’arbitre a l’obligation de trancher même s’il faudra le faire de façon partiale selon les jugements des uns ou des autres; il le fera puisqu’il en a pris l’engagement devant les Togolais et le monde entier.
Mais au demeurant, il y a une chose que tout le monde oublie : les dérives de la CENI en complicité avec le gouvernement durant tout le temps du silence de la CEDEAO valent plus que des résultats fâcheux d’un test qui ne dit pas son nom. La CENI et le pouvoir de Faure Gnassingbé ont prouvé à suffisance qu’ils sont désormais dans l’incapacité notoire de mettre la moindre des recommandations de la feuille de route en application. Le gouvernement togolais et la CENI ont, dans une maladresse grossière, exprimé leur hostilité à l’esprit et à la lettre de la feuille de route, mais aussi leur refus de voir la crise solutionnée.
De ce fait, les conséquences pourront être amères si l’arbitre se veut crédible et sérieux. Le comportement de la CENI peut en effet impacter les mesures d’arbitrage de la CEDEAO à travers ses émissaires les jours à venir. L’antidote risque d’être à la hauteur du dérapage de Kodjona Kadanga, et c’est bien probable.
Si la CENI sans la C14 a été empêchée d’organiser les élections avant la feuille de route, ce n’est pas après les recommandations qu’elle le fera sans qu’elle ne soit corrigée, puisqu’elle est au centre des institutions à polémique reconnues par la CEDEAO et dont la solution urge avant l’organisation de toutes élections transparentes au Togo en cette période de crise profonde.
Joachin SONOUKOU
 

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