MESSAGE DU MO5 AU PEUPLE TOGOLAIS À L’OCCASION DU 30ÈME ANNIVERSAIRE DU SOULÈVEMENT POPULAIRE DU 5 OCTOBRE 1990

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Chers compatriotes, Chers militants,

Voici trente (30) ans que notre peuple s’est résolument engagé sur le tumultueux chemin vers la démocratie. En effet, nous commémorons cette année les 30 ans du soulèvement populaire du 05 octobre.C’est l’occasion pour nous de saluer, au nom du Mouvement Patriotique du 5 octobre, le MO5, la mémoire de tous ceux qui ont su donner héroïquement leurs vies pour le Togo. C’est tout haut que nous leur rendons hommage. C’est également l’occasion de rendre un vibrant hommage aux différents acteurs de cet événement historique, d’une portée sans précédent dans notre atypique pays, le Togo. 30 ans, c’est une génération. Si le contexte de l’actuelle pandémie nous empêche de commémorer cette journée comme cela se doit, ce n’est que partie remise.

Chers compatriotes, Chers militants, notre détermination contre la dictature au Togo, notre inexorable marche vers la Démocratie a affronté des difficultés, certes ; elle connaît des vicissitudes, mais elle n’a jamais plié l’échine. Nous le martelons une fois encore,à ceux qui se laissent gagner par la lassitude, que nous comprenons leur impatience de voir aboutir notre lutte, mais rien ne serait plus dangereux que de confondre difficultés momentanées et échec. La capitulation ou l’abandon de la lutte serait donc absurde et suicidaire pour le Togo. La Libération qui est le préalable du développement harmonieux d’un pays n’est que dans la lutte. Elle n’est pas perdue.

En affirmant cet espoir, nous n’avons aucunement pas le sentiment de faire preuve d’un optimisme aveugle et naïf, alors même que la situation de notre pays sur tous les plans, nous rappelle sans cesse l’immensité de notre tâche. Face à la mauvaise gouvernance du pouvoir cinquantenaire, comme la gestion approximative de l’actuelle crise sanitaire ou le refus obstiné de dire la vérité des urnes, nous devons faire preuve de détermination et de solidarité. Il ne sera pas de trop de l’engagement de tous pour atteindre notre but : libérer le Togo de la dictature et redonner de l’espoir à notre peuple. 

Nous pouvons nous réjouir, au demeurant, de l’irréversibilité de notre action. Quelles que soient les déceptions de l’heure, la lutte pour un Togo libre et démocratique doit continuer sans relâche. Dans notre pays, des assassinats continuent, des emprisonnements arbitraires se succèdent. Des médias jugés proches de l’opposition subissent des pressions, poursuites et fermetures abusives. La répression et interdiction exagérée des manifestations pacifiques de l’opposition continuent, comme ce fut récemment le cas avec l’interdiction de la commémoration du 5 octobre.

Nous n’aurons de cesse de le dire : Notre destin est entre nos mains, pour autant que nous sachions réagir au drame cinquantenaire que vit notre cher Togo.

Si ailleurs, les élections constituent un moyen de forger ou de consolider l’Etat de droit à travers le choix libre des dirigeants, au Togo du clan Gnassingbé elles riment avec la tricherie et le mensonge des urnes. Ce constat amer est illustré une fois encore par les dernières élections dans notre pays.

Face à cette situation, ce n’est pas donner des leçons que de dire que les forces démocratiques de l’opposition doivent tourner le dos aux campagnes de dénigrements et de diffamations en son sein. L’opposition démocratique n’a non plus le droit de se dissiper dans des polémiques futiles et stériles, qui n’auront pour résultat que de nous diviser d’avantage, alors qu’elle a tout intérêt à opter pour une dynamique d’ensemble et non une dynamite d’ensemble. En effet, une opposition divisée est une opposition fragilisée.

Chers compatriotes, chers militants, notre salut est donc dans la lutte pour changer les rapports de forces sur le terrain. Nous sommes condamnés à poursuivre le combat de libération de notre peuple. La terre de nos Aïeux nous le demande, la mémoire de nos Martyrs l’exige !

Chers compatriotes, ayons foi dans l’avenir du Togo. Notre combat s’inscrit plus que jamais dans un processus irréversible.

Trente (30) ans après, la flamme du 5 octobre 1990, quisemble momentanément baisser d’intensité, reste allumée !

Fait à Bruxelles, le 5 octobre 2020.

Eloi Koussawo, Coordinateur Général du MO5.

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