Mise en liberté provisoire après 40 jours de détention, Agbéyomé Kodjo prône le « pardon et l’amour » entre les Togolais

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Libéré le 25 février dernier après avoir passé quarante (40) jours en détention pour « complicité » de destruction de biens publics et privés, l’ancien Premier ministre Agbéyomé Messan Kodjo après sa sortie de prison dit prôner le « pardon et l’amour » entre les Togolais.


« À la faveur des grands défis qui doivent mobiliser toute notre énergie pour le développement de notre pays le Togo et le mieux-vivre de nos populations, j’invite le peuple togolais à la prière et au pardon. Nous devons tous devenir des instruments de paix et d’amour du Créateur », écrit cet ancien exilé politique dans un message adressé à la nation et rendu public le week-end dernier.


Dans le corps de son message à la nation, le patron de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS) est largement revenu sur les conditions de détention qui ont été les siennes au sein de l’État-major de la gendarmerie à Lomé du 16 janvier au 25 février 2013, des conditions que l’homme qualifie de « graves atteintes » à sa dignité et à son intimité et dit avoir subi des « humiliations ». « Il me fut insidieusement infligé des situations extrêmement pénibles assimilables à de la torture physique morale et psychologique », dénonce le président de l’OBUTS qui parle d’« acharnement » contre le parti de la bible et du ballon rond créé en 2008.


Tout indique, avance-t-il, à travers les « actes attentatoires multiples aux droits de OBUTS reconnus par la Charte des partis politiques que notre formation politique semble être pour Faure GNASSINGBE et la Nomenklatura, le mauvais esprit qui gêne l’unité nationale. Ce qui indique très sincèrement leur lecture erronée des évènements depuis le 2 aout 2008, année de création de OBUTS ».


Après avoir peint le tableau de la situation sociopolitique du Togo, situation faite selon lui de « vive tension sociale », de « convulsion politique larvée », de « brutalités en tout genre », de « violence », « d’humiliations », de « manipulation », de « vexations » et d’« interpellations policières infligées aux leaders de l’opposition politiques » togolaises, Agbéyomé Kodjo appelle dans son message, l’ensemble des Togolais à « rester mobilisés pour redresser la barre, renforcer la cohésion nationale, consolider la Justice et le plaisir partagé du vivre ensemble ».


Le président de l’OBUTS a-t-il commis les crimes qui lui sont reprochés ? L’homme répond par la négative et « met au défi quiconque pourrait apporter le moindre indice matériel ou moral » de son implication dans la « récurrence des incendies » qui ont consumé le Togo, en dépit, martèle-t-il, de l’« interpellation d’une trentaine de personnes présumées prétendument ″auteurs″ ou prétendument ″complices″ ». « En conscience et en vérité, je réaffirme devant Dieu et devant les hommes que je ne suis en aucune sorte et d’aucune manière, impliqué ni directement ni indirectement comme présumé auteur ou présumé complice de cette tragédie. Toutes les enquêtes diligentées et toutes les confrontations auxquelles il fut procédé à ce jour, n’ont apporté aucune preuve probante, ni fait la démonstration de mon implication à quelque degré que ce soit dans les incriminations perfidement imputées à ma personne », plaide le natif de Tokpli qui dénonce la manière dont l’enquête préliminaire a été menée par la gendarmerie. Elle fut menée, écrit-il, « non pas à charge et à décharge, mais exclusivement à charge ! » « Songez donc que ce n’est qu’à l’issue de mon audition devant monsieur le procureur de la République, et au moment de me conduire vers le bureau de monsieur le doyen des Juges d’instruction, que monsieur le Procureur de la République m’informa de ce qu’il devra procéder à la vérification de l’appel téléphonique sur lequel prend appui mon incrimination ».


L’ex-directeur général du Port autonome de Lomé dans les premiers paragraphes de son message affirme avoir été appréhendé au motif qu’à 1 heure 48 minutes dans la nuit du 11 au 12 janvier 2013, quelqu’un l’aurait appelé par téléphone pour lui faire le rapport suivant : « Ça a y est, ça a commencé ». C’est sur la base de cet appel, que nie Agbéyomé, qu’il dit avoir été arrêté et présenté à un juge.


L’homme s’insurge également contre la procédure qui a été observée pour la levée de son immunité parlementaire le 16 janvier dernier et se considère comme toujours investi de son immunité parlementaire. « S’agissant de la prétendue levée de mon immunité parlementaire, je dénonce avec force et vigueur la légèreté de l’Assemblée nationale, chambre du Parlement togolais, lieu par excellence du débat législatif et de contrôle de l’action du gouvernement qui au mépris de mes droits subjectifs, auxquels sont rattachés des droits et privilèges d’ordre légal, dont ma personne n’est pas déchue et dont ma personne se prévaut légitimement à ce jour, n’a daigné ni m’entendre ainsi que le prévoit précisément en l’une de ses dispositions le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale ni me faire notification de la prétendue ″délibération″ afférente à la prétendue levée intervenue de mon immunité parlementaire », relève-t-il.


Pour finir, Agbéyomé Kodjo réclame l’arrêt des poursuites judiciaires engagées contre les responsables du CST détenus dans les diverses prisons du Togo soient « au nom de la justice et de la morale républicaine ». L’homme profite de l’occasion pour exprimer ses hommages « appuyés » au peuple togolais pour, a-t-il indiqué, sa « détermination » et son « soutien actif aux forces démocratiques qui œuvrent pour la paix, la justice et le respect des droits humains ».


Une trentaine de personnes sont actuellement détenues dans le cadre de cette affaire, dont Gérard Adja, Vice-président de l’OBUTS et Jean Eklu, président de la jeunesse de l’ANC, parti de l’opposition membre du CST.


Olivier A.


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