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Quand « Monsieur bons offices » va-t-il réconcilier sa propre famille au Togo ?


Le jeune président togolais Faure Gnassingbé est sur les traces de son géniteur Gnassingbé Eyadema connu comme un médiateur privilégié des crises dans la région ouest-africaine.
 
Faure Gnassingbé (rouge) met son demi-frère Kpatcha en cage, divise la fratrie Gnassingbé en s'accaparant l'héritage de leur défunt dictateur de père Etienne Eyadéma. Mais le spécialiste en faux-fuyant s'offre en spectacle à Abidjan en prétendant réconcilier deux Béninois « perdus » par leur égo | Caricature : Donisen Donald / Liberté
Faure Gnassingbé (rouge) met son demi-frère Kpatcha en cage, divise la fratrie Gnassingbé en s’accaparant l’héritage de leur défunt dictateur de père Etienne Eyadéma. Mais le spécialiste en faux-fuyant s’offre en spectacle à Abidjan en prétendant réconcilier deux Béninois « perdus » par leur égo | Caricature : Donisen Donald / Liberté


Le fils, lui, fait ses premiers pas dans la médiation. Il est très impliqué, tout comme son homologue ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, à réconcilier le nouveau chef d’Etat béninois Patrice Talon et son prédécesseur Thomas Boni Yayi, deux amis d’hier devenus de pires ennemis à la suite de l’affaire de tentative d’empoisonnement.
 
« Le pardon couronne la grandeur » (Hazrat Ali)
 
Au lendemain de son élection et avant même son investiture, Patrice Talon avait effectué sa toute première visite à Lomé où il a été reçu par Faure Gnassingbé. Officiellement, les deux hommes auraient échangé sur l’amitié et la coopération entre les deux pays.
 
Le lendemain, Patrice Talon s’est envolé pour la France où il a rencontré Alassane Dramane Ouattara à Mougins. Le nouveau président élu du Bénin aurait remercié son homologue ivoirien pour le soutien que ce dernier lui a apporté durant son exil en France et au cours de sa campagne électorale.
 
Mais d’autres sources officieuses avaient indiqué que ces déplacements de Patrice Talon à Lomé et à Paris seraient liés aux rapports peu cordiaux qu’il entretient avec Boni Yayi et qu’il aurait sollicité la médiation des chefs d’Etat togolais et ivoirien pour que la passation des charges présidentielles et la cérémonie d’investiture se passent bien, sans accroc.
 
C’est dans la droite ligne de recherche de conciliation que s’est tenue hier à Abidjan une rencontre à quatre entre Alassane Ouattara, Faure Gnassingbé, Patrice Talon et Boni Yayi. Pour son tout premier conseil des ministres, le gouvernement Talon avait fait le ménage en abrogeant une vingtaine de décrets signés par Boni Yayi à la fin de son mandat. Patrice Talon a aussi décidé de suspendre la procédure de recrutement de nouveaux agents lancée par le gouvernement précédent.
 
Bien avant, selon les informations révélées par « La Lettre du Continent », « Thomas Boni Yayi a sollicité l’intervention de plusieurs chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale afin que ces derniers poussent son successeur Patrice Talon à faire voter une loi d’amnistie intégrale en sa faveur et concernant les dix années qu’il a passé au pouvoir (2006-2016) ». C’est certainement pour toutes ces raisons que Faure Gnassingbé et Alassane Ouattara ont joué aux « Messieurs bons offices » au Bénin.
 
C’est bien que Faure Gnassingbé aide le voisin béninois à circonscrire le feu de sa case et à l’éteindre comme l’enseigne la sagesse africaine. Encore faut-il qu’il éteigne l’incendie dans sa propre maison. Depuis sept années, la famille Gnassingbé est déchirée, divisée, déchiquetée par une rocambolesque affaire de tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Les membres de cette famille aryenne naguère intouchables sont devenus des pensionnaires de la prison.
Kpatcha Gnassingbé toujours maintenu en prison par son frère Essozimna Gnassingbé | Caricature : Donisen Donald / Liberté
Kpatcha Gnassingbé toujours maintenu en prison par son frère Essozimna Gnassingbé | Caricature : Donisen Donald / Liberté

 
Ni les demandes de conciliation à l’amiable, ni les décisions des juridictions internationales (Cour de Justice de la CEDEAO, Groupe de travail sur la détention arbitraire du Comité des droits de l’Homme des Nations Unies) n’ont décidé « Monsieur bons offices » à pardonner son jeune frère. Cette affaire dite Kpatcha Gnassingbé est tout aussi grave que celle de tentative d’empoisonnement qu’il se démène à régler. Quand Faure Gnassingbé va-t-il se décider à réconcilier sa propre famille ?
 
Source : Médard Amétépé, Liberté
 

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