Accueil TOGO ACTUALITÉ POLITIQUE Opposition togolaise : Quelle stratégie gagnante (au juste) pour 2020 ?

Opposition togolaise : Quelle stratégie gagnante (au juste) pour 2020 ?

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La question doit paraitre rébarbative pour certains. Mais elle se pose plus que jamais, devant les dissonances de sons au sein de l’opposition au sujet de la réelle stratégie gagnante pour l’échéance capitale de 2020, un rendez-vous a priori de l’alternance. L’état des lieux ne pousse pas vraiment à l’optimisme, surtout lorsqu’on sait qu’en face, le régime cinquantenaire est déjà en ordre de bataille…

Candidature unique, la solution ?

 Cela va de soi, répondront certains, sinon la plupart, sans y réfléchir longtemps. Dans les rangs de l’opposition, ils sont nombreux, les leaders et partis à opter pour cette solution (sic). Certains vont jusqu’à suggérer un acteur neutre issu des rangs de la société civile pour incarner cette candidature unique. L’union, et en plus la candidature unique, c’est un idéal que le bon sens devrait partager sans rechigner.

Au niveau de la société civile engagée, c’est le même son de cloche. La récente sortie des Forces vives Espérance pour le Togo s’inscrit dans la même veine.

Au sein de la population acquise à la cause de l’alternance, on est partant pour cette option. Aux yeux du commun des citoyens, c’est d’ailleurs la seule qui vaille. Pour beaucoup d’observateurs, c’est le message que le peuple aurait voulu envoyer à la classe politique de l’opposition, avec le boycott des élections municipales du 30 juin dernier.

Cette position est a priori sensée face à l’équation posée par Faure Gnassingbé et le régime cinquantenaire en place. Le Prince et le RPT/UNIR semblent déjàen ordre de bataille pour ce rendez-vous de 2020. Et avec tous les atouts (pouvoir financier pour corrompre et acheter les consciences tant des électeurs que d’opposants et de leurs délégués dans les bureaux de vote, institutions électorales acquises, armée aux ordres pour réprimer), sans compter la machine à fraudes qui sera mise en branle le moment venu, l’opposition ne semble avoir aucune chance de l’emporter. Le déroulement des locales a donné un avant-goût et convaincu les derniers sceptiques de la détermination du régime en place à ne laisser aucune marge de pouvoir à l’opposition. Même après un demi-siècle de régence sans partage, le clan Gnassingbé n’est pas repu et est capable de tout pour conserver le pouvoir.

C’est une évidence que face à une telle machine infernale, isolément, aucun candidat de l’opposition ou plutôt représentant des forces démocratiques ne saurait s’en sortir seul. C’est une lapalissade aussi que la multiplicité des candidatures au sein de l’opposition conduit à l’émiettement des voix. Ce qui handicape donc l’avènement de l’alternance. La candidature unique aurait sans doute l’effet de rameuter le peuple un peu démobilisé sur les échéances électorales à cause, dit-il, des micmacs au sein de l’opposition.

Pas forcément, plutôt transparence    

Sans pour autant s’inscrire ouvertement en faux contre la candidature unique de l’opposition, c’est le Président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) qui a semblé donner un autre son de cloche, à l’occasion du congrès du parti Les Démocrates le 31 août dernier. Tout en optant (toujours) pour une « unité d’action » qu’il dit« différente de la caporalisation actuellement vantée à l’opinion », il a déclaré : « L’ANC est convaincue que vos travaux examineront les voies et moyens pour l’opposition de mobiliser à nouveau les populations togolaises en vue d’une amélioration du cadre électoral, c’est-à-dire d’obtenir les conditions de transparence et d’équité pour les prochaines élections au lieu de se fourvoyer dans la recherche de stratégies aussi inefficaces que clivantes ». La position du parti orange et de son Président est donc claire, ils privilégient la transparence de l’élection, plutôt que la candidature unique que nombre d’observateurs trouvent, à tort ou à raison, dans les fameuses « stratégies aussi inefficaces que clivantes »alléguées.

Quelques jours plus tard, c’est Me YawoviAgboyibo qui est aussi allé sur cette piste. Dans un message dit d’éveil rendu public le 4 septembre dernier, le Front des associations pour le renouveau (FAR) dont il est le président fait observer que cette polémique sur la candidature unique de l’opposition pour la présidentielle de 2020 est un « débat stérile ». Cette polémique inutile, il la voit comme la manifestation du fait que l’opposition dans son ensemble n’ait pas tiré des leçons des dernières élections locales. Pour Me YawoviAgboyibo et les siens, aussi longtemps que seront maintenues des « institutions incapables, de par leurs règles de composition et de fonctionnement, à éradiquer le mensonge, la terreur et le favoritisme dont souffre notre pays », sans un préalable déverrouillage approprié des institutions en place, la candidature unique de l’opposition serait vaine et les mêmes causes produiront les mêmes effets.« Si une concertation vaut la peine d’être menée aujourd’hui entre le pouvoir et l’opposition dans l’intérêt du pays, c’est celle visant à déverrouiller les institutions pour les rendre aptes à promouvoir le respect de la vérité, de la liberté et de l’équité », a signifié le Bélier noir.

Le Secrétaire national du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR) viendra enfoncer le clou. «C’est une erreur de penser que la seule option pour remporter l’élection est la candidature unique. Donner l’impression que sans cette candidature unique, on va forcément à l’échec, n’est pas judicieux », a –t-il relevé dimanche sur une radio de la place. Cette candidature unique, il la voit en quelque sorte comme une mauvaise solution fondée sur un diagnostic erroné.

La situation actuelle de l’opposition, au demeurant, ressemble à celle de la tour de Babel. Elle semble confondue et ses différentes composantes ne s’entendent pas sur la stratégie idoine pour la cruciale présidentielle de 2020. Ce qui n’annonce rien de bon. Déjà les plus pessimistes considèrent 2020 comme perdue et demandent à l’opposition de préparer plutôt 2025. Quelle stratégie efficace dont  pour cette échéance capitale de l’année prochaine ?Difficile d’y répondre en tout cas à l’affirmative. Le drame, c’est que cette situation se présente au moment où le parti au pouvoir, lui, est déjà sur le terrain pour préparer les esprits à voter son « champion » Faure Gnassingbé désigné candidat et même vainqueur avant l’heure. Il y a une dizaine de jours, c’est le Premier ministre Komi Klassou qui annonçait une tournée nationale d’explication aux populations de la candidature de Faure Gnassingbé à un 4e mandat. Sûrement que dans les officines du pouvoir, on a déjà élaboré les stratégies pour la gagne…

Tino Kossi

source : Liberté

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