Présidentielle de février 2020 : L’église catholique n’a pas encore dit son dernier mot

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La conférence des évêques du Togo (CET) n’a pas encore dit son dernier mot sur la dernière élection présidentielle tenue dans le pays dans le courant du mois de février dernier. La  124ème session ordinaire de cette conférence est encore revenue sur ce scrutin en faisant une large part à son déroulement. Cette réaction plus de trois mois après le scrutin, le vainqueur officiel de cette consultation électorale ne va pas la digérer.
Face à l’affaiblissement des mécanismes de contre-pouvoir, à l’effritement de l’opposition, à l’impuissance de la société civile, à une armée devenue un cache-sexe du pouvoir,  l’église catholique semble jouer le rôle du dernier rempart des bonnes mœurs dans la société togolaise en perte de valeurs. Mais son intrusion de temps en temps dans le débat politique ne peut pas être bien appréciée surtout par le pouvoir pour qui, elle est devenue un empêcheur de tourner en rond. 

C’est ainsi que faisant un examen minutieux de la situation sociopolitique du Togo, l’église catholique en conclut que « tant que la vie sociopolitique sera dominée par l’armée, les pouvoirs législatif et judiciaire ne seront pas réellement indépendants, tant que la corruption et l’impunité continueront par prospérer sur la terre de nos aïeux, les tensions ne pourront réellement pas s’apaiser ». 

Et cette situation guidée par la volonté de conservation ou de conquête du pouvoir  et parfois au mépris des aspirations du peuple débouche sur des consultations électorales contestées. Comme ce fut le cas de la dernière en date. Une situation qui interpelle l’église catholique à réclamer une fois encore des réformes en profondeur au Togo surtout du cadre électoral. 
Sans ces réformes du cadre électorale, « la démocratie ne peut pas réellement fleurir dans notre pays », prévient les hommes en soutane. Faut-il rappeler que ces réformes faisaient partie des revendications des populations togolaises entre 2017 et 2018. 

Finalement, elles  ont été opérées à minima, au goût du pouvoir, sur un goût d’inachevé. 
Autres faits dénoncés par les évêques est le mensonge devenu ces dernier temps un fait identificateur de la société togolaise tant il est distillé abondamment dans la société.  
« Tant que le mensonge sera utilisé en particulier sur les médias et les réseaux sociaux, comme stratégie de déstabilisation des personnes et des institutions ; tant que la ruse sera employée comme moyen de conquête et de conservation du pouvoir ; et enfin, tant que la violence ne sera pas condamnée et enrayée, les auteurs et commanditaires sanctionnés, les remous politiques  seront inévitables  dans notre pays », souligne le texte.Parlant de violences, le pays en a connu beaucoup ces derniers temps. Une situation qui « préoccupe et inquiète » les évêques. 

« La situation est aggravée par le sentiment d’impunité dont bénéficient les auteurs  de ces forfaits qui agissent parfois à visage découvert (…) poursuivent les évêques profondément indignés, dénoncent et condamnent  avec la plus grande fermeté cette façon cynique et opaque de procéder en jouer avec la vie », conclut les évêques qui réclament que la lumière soit faite sur ces différents crimes.

togoscoop.info

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