Réformes politiques au Togo: l’UE renvoie le pouvoir RPT-UNIR aux 22 engagements


Plus d’un an après la présidentielle d’avril 2015 qui a consacré la réélection controversée de Faure Gnassingbé, l’emblématique question des réformes politiques refait débat au Togo. Et c’est le Combat pour l’Alternance Politique en 2015 (CAP 2015) qui a redonné le ton suite à une lettre pastorale de la Conférence des Evêques du Togo.
 
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Dans les rues et des quartiers de Lomé et de ses environs, à l’intérieur du pays, l’opposition sonne la mobilisation autour des réformes institutionnelles, constitutionnelles et électorales prévues par l’Accord Politique Global (APG) signé depuis 2006.
 
Depuis 11 ans, Faure Gnassingbé avec son RPT recyclé en UNIR, refusent de mettre en oeuvre ces réformes politiques contenues dans cet accord qui a légitimé son pouvoir sanglant et macabre de 2005. Une mauvaise foi qu’il a illustrée par sa récente déclaration sur Deutsche Welle en terre allemande sur ce problème de limitation de mandat. Il y a plus d’un an, Faure Gnassingbé et son colistier Yahya Jammey s’étaient opposés à l’adoption du protocole additionnel de la CEDEAO sur la bonne gouvernance et la limitation du mandat présidentiel dans l’espace communautaire.
 
Pendant ce temps, à Lomé, Florent Maganawé déclarait caduc l’APG que l’ancien Secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf avait qualifié de « Bible des Togolais ». Des réactions qui suscitent de vives polémiques au sein de l’opinion.
 
Et pourtant, l’Union Européenne, à plusieurs reprises, a relancé le pouvoir de Lomé sur le processus de la décentralisation devant aboutir aux locales et sur la mise en oeuvre urgente de ces réformes politiques. A l’ouverture du sommet régional à Lomé des ambassadeurs, des chefs de délégations, de coopération de l’UE de l’Afrique de l’ouest qui s’est tenu du 20 au 21 juin dernier, L’Alternative, pour en savoir plus sur la position de l’Europe face à ce dilatoire qu’entretient le pouvoir RPT-UNIR autour des questions cruciales des réformes institutionnelles et constitutionnelles, a posé la question à Nicolàs Berlanga-Martinez, chef de la délégation de l’UE au Togo.
 
Le diplomate européen a réaffirmé la position de son institution : « La position de l’Union européenne est claire depuis les 22 engagements de 2004 », a-t-il réitéré. « Engagement d’organiser de nouvelles élections législatives, dans des conditions transparentes et en acceptant des observateurs internationaux à tous les stades du processus, dès que possible et suivant le cadre prévu à l’engagement 1.3 ci-dessus.
 
Engagement d’organiser des élections locales, dans un délai de 12 mois, dans des conditions transparentes et en acceptant des observateurs à tous les stades du processus. Engagement de mettre en place les conditions nécessaires pour que les Assemblées municipales, démocratiquement élues, disposent du mandat et des ressources nécessaires pour assurer une administration locale efficace et démocratiquement légitimée dans un délai de 12 mois », stipulent les Engagements N° 1.5 ° 1.6 et 1.7.
 
Les députés de l’opposition ont déposé au parlement une proposition de loi relative aux réformes politiques. Reste à savoir si elle a des chances d’aboutir d’autant plus qu’en juin 2014, les députés UNIR avaient bloqué un projet de loi de ce genre introduit par le gouvernement d’alors. L’opposition va-t-elle faire des couloirs pour que cette loi passe ? Attendons de voir.
 
source : PCK L’Alternative