La STT : faire son autocritique ou disparaitre ?


stt_12avril2013


© togoactualite – La rentrée sociale de la Synergie des travailleurs du Togo (STT) de ce 04 novembre 2016 a fait pschitt ! Une poignée de travailleurs ont seulement répondu à l’appel de la dernière née des centrales syndicales du Togo. Mais au niveau de la Coordination de la centrale syndicale on justifie cette faible mobilisation par un problème d’information.
« L’information n’est pas très bien fonctionnée. Pour cela une autre disposition est prise pour une mobilisation des camarades à la prochaine AG », martèle Mme Nadou Lawson, la Coordinatrice de la STT.
Qu’à cela ne tienne cette AG a été consacrée à trois points dont la libération du Représentant de la STT dans les Savanes M. Sanwogou et la proposition de nouvelle plate forme revendicative.
C’est l’incarcération du porte-parole de la STT dans la région centrale M. Frédéric Sanwogou qui a suscité ce point. Depuis le 02 septembre, M. Sanwogou a été arrêté « injustement » selon la Coordinatrice dans une affaire de prêt bancaire.
La coopérative de crédit AD chez qui M. Sanwogou a contracté un prêt l’accuse d’avoir détourné le crédit à autre chose. En discussion avec la coopérative, il a obtenu un échelonnement mais avant la fin de la date de cette attente mutuelle, le porte-parole STT dans la région des Savanes fut arrêté par la gendarmerie et jeté en prison. De discussions en discussions, la Coordination de la STT a obtenu le retrait de la plainte par le plaignant. Mais les juges Yagnim et Djima l’ont maintenu en détention pour finalement le condamner le 12 octobre à 24 mois dont 4 fermes.
Au cours de cette assemblée générale par la voix de Mme Lawson déclarent« Nous voulons qu’on le libère immédiatement ».
Le second point à l’ordre du jour de cette rentrée sociale de la STT est relative l’adoption de la nouvelle proposition de plate forme revendicative à déposer sur la table du gouvernement. Cette plate forme sur la base de la justice sociale tient en compte tous les autres secteurs de la vie socio-économique. Même si cette plate forme n’est pas encore adoptée, selon les indiscrétions, elle exige la non mensualisation des primes de rentrée et de bibliothèque pour les enseignants, le payement des primes de rentrée et de bibliothèque aux enseignants du sport et aux enseignants du confessionnel, l’indemnisation des enseignants volontaires.
Cette plate forme intègre en son sein également les revendications des employés du WACEM, de l’agriculture, l’administration…
La STT qui depuis 2013 peine à faire plier le gouvernement sur ses revendications arrivera-t-elle cette fois-ci en intégrant d’autres secteurs ? C’est la question qui se pose d’autant plus que la base se dit flouée par une Coordination qui joue plus ses propres cartes que la défense des intérêts de ses membres ce qui explique d’ailleurs la faible mobilisation à ces dernières manifestations. Déjà, les enseignants ne se retrouvent plus dans cette Coordination. Depuis la rentrée, les syndicats du secteur de l’éducation n’entendent plus confiés leur sort à une Synergie qui de plus en plus se fissure. Ce sont 4 syndicats du secteur portent désormais les revendications des enseignants. La STT n’a jamais soutenu cette démarcation. La centrale qui ces derniers temps a enregistré l’adhésion de nouveaux syndicats d’autres secteurs ne sera rien sans les enseignants qui à eux seuls représentent 2/3 des fonctionnaires.
Loin est le temps où on a encore tous les membres de la Coordination au complet au cours d’une manifestation de la centrale.
Dans une telle posture, la STT ne constitue plus cette force syndicale qui faisait peur au gouvernement. Elle ne peut même plus aujourd’hui exigée des discussions bilatérales avec le gouvernement en reléguant de côté les autres centrales syndicales comme cela avait été le cas auparavant. Aujourd’hui, la STT est condamnée à faire son auto-critique en fonction de ses forces et faiblesses pour ne pas souffrir des mêmes déficits de légitimités comme ses devanciers.
 
lomévi (www.togoactualite.com)