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Suite à l’alerte des autorités burkinabé : Une vingtaine de terroristes présumés arrêtés au Togo

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. Silence toujours intrigant du pouvoir de Lomé

 

L’information a été noyée par l’actualité politique occupée par le one-man-show de Faure Gnassingbé à l’Assemblée nationale. Suite à l’alerte des services de renseignements burkinabé à l’endroit des dirigeants du Togo, du Bénin et du Ghana sur la présence de jihadistes sur leurs territoires respectifs, les lignes ont bougé au Togo. Il est signalé l’arrestation d’une vingtaine de présumés terroristes. Mais curieusement, comme après l’alerte venant du Burkina, les autorités togolaises continuent d’observer un mutisme autour de ces arrestations et de l’affaire en général.

Une vingtaine de jihadistes présumés arrêtés

Ils seraient une bonne vingtaine de personnes identifiées comme présumés jihadistes, à avoir été arrêtées, suite à l’alerte des services de renseignements burkinabé à l’endroit du Bénin, du Ghana et du Togo, sur la présence sur leurs territoires des terroristes chassés du Burkina. L’information sur ces prises émane du confrère RFI, qui la tient d’une source officielle togolaise.

« Togo: de présumés jihadistes en provenance du Burkina Faso interpellés », titre le confrère français dans un article publié le vendredi 26 avril dernier, et d’écrire : « La vaste opération anti-terroriste menée depuis début mars dans l’est du Burkina Faso a des répercussions sur les pays voisins. Notamment le Togo. Ouagadougou avait d’ailleurs informé Lomé du risque de voir de présumés jihadistes se replier sur le territoire togolais. Et on vient de l’apprendre, début avril, les forces de sécurité togolaises ont arrêté plus d’une vingtaine de jihadistes en provenance du Burkina Faso. Selon des sources régionales concordantes, « plus d’une vingtaine de présumés jihadistes ont été interpellés » au Togo et renvoyés au Burkina Faso il y a « une quinzaine de jours ». « Des hommes à moto, parmi lesquels se trouvaient des mineurs », précisent ces mêmes sources qui ajoutent que « certains étaient armés et en possession de sommes d’argent importantes » ».

Ces arrestations auraient donc eu lieu début avril, soit une quinzaine de jours avant la révélation par le confrère Jeune Afrique de l’alerte de Ouagadougou aux dirigeants des trois pays concernés. « Ce n’est pas la première fois que de présumés jihadistes sont arrêtés sur le sol togolais, assure une source à Lomé. C’est, en revanche, « la première fois qu’ils sont aussi nombreux (…) « Le danger est à nos portes », confirme un membre du gouvernement togolais qui assure que tout un dispositif sécuritaire a été mis en place. Depuis l’assassinat d’un prêtre espagnol mi-février côté burkinabè, la présence militaire a notamment été renforcée dans le nord du Togo. Avec « une coopération transfrontalière importante » et une attention portée sur la présence d’éventuels réseaux jihadistes », poursuit le confrère.

Toujours le silence à Lomé

On en parlait déjà dans une parution, suite à la révélation de l’alerte aux trois pays concernés. Le commun des observateurs la pensait suffisamment importante  pour que les gouvernants togolais alertent à leur tour les populations, ne serait-ce que pour qu’elles soient informées, prudentes et collaborent avec les services de sécurité afin de démanteler ces réseaux de terroristes qui tuent sans pitié. Mais c’est toujours le black-out à Lomé.

C’est tout un folklore qui est souvent orchestré par le pouvoir lorsque les forces de sécurité arrivent à mettre la main sur de simples (sic) braqueurs. En effet, c’est devant les caméras de la Télévision nationale que l’officier habillé de son plus bel uniforme, récite (sic) le récit de l’arrestation, avec emphase sur le professionnalisme ou la tactique avec lesquels la Police ou la Gendarmerie est arrivée à mettre à la main sur eux. Alors que ces individus, jusque-là de simples présumés braqueurs, bénéficient encore de la présomption d’innocence, car pas encore jugés et reconnus coupables, ils sont pris en image et leurs visages montrés sur les écrans.

Le terrorisme est un sujet très sensible. Faure Gnassingbé et le pouvoir ont toujours fait du bruit tout autour pour entrer dans les cœurs des plus grands dirigeants du monde, avec des accusations contre le PNP et ses dirigeants depuis leur percée sur la scène politique. Les gouvernants togolais aimant se faire décerner des lauriers pour la moindre action, ce serait l’occasion de crier aux populations qu’ils veillent à leur sécurité et agissent pour mettre hors d’état de nuire ces semeurs de mort. Une conférence ou un simple point de presse aurait permis de donner l’information. Mais aussi curieux que cela puisse paraitre, le pouvoir garde toujours le silence sur cette évolution, à part ces propos du ministre de la Sécurité et de la Protection civile Yark Damehame, à l’occasion de la rencontre, le l8 avril dernier à Lomé, de la plateforme de concertation de lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière regroupant les chefs des services de renseignements, des forces de défense et de sécurité du Bénin, du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, du Niger et du Togo : « (…) Notre pays, pour sa part, s’est pleinement inscrit dans cet esprit et a procédé au déploiement de ses forces sur sa frontière nord avec le Burkina Faso. Ce déploiement nous a déjà permis d’opérer plus d’une quarantaine d’interpellations, dont une vingtaine était recherchée par le Burkina Faso».

Les autorités togolaises se sont-elles rendu compte que cette fois-ci, c’est du sérieux et qu’il faille agir dans la discrétion et avec efficacité plutôt que de verser dans le folklore et les accusations tous azimuts à des fins politiciennes ? « Quand on crie au loup, ben il arrive », glose un compatriote sur la toile, pour illustrer cette mauvaise blague des gouvernants togolais consistant à accuser le PNP de terrorisme pour avoir initié les manifestations en août 2017 qui allaient ébranler le régime Faure Gnassingbé. « Au moins une cible à la mesure de nos vaillants militaires. Ils s’ennuyaient tellement que ce sont les pauvres opposants qui sont leurs terroristes et ils frappent les gens jusqu’à leurs chambres à coucher », réagit un autre.

Une affaire à prendre au sérieux

Au-delà de toutes considérations, cette affaire de présence de jihadistes présumés sur le sol togolais est à prendre très au sérieux. Il est facile pour ces terroristes de se dissimuler dans la nature ou se fondre dans la masse sans se faire repérer.

« Le Burkina Faso a une frontière avec ces trois pays voisins, mais une frontière poreuse. A cela s’ajoute une circulation quasi-quotidienne des personnes et des biens issus entre ces pays. Pour le cas du Bénin et du Togo, la zone de Pendjari est le point de jonction avec le Burkina, jusqu’au fleuve Oti qui traverse le septentrion du Togo pour se jeter dans la Volta au Ghana. Bien évidemment, on ne peut pas qualifier cette zone de no man’s land, mais elle est peu habitée comparativement aux localités transfrontalières. Ainsi, de par sa complexité géographique de nature accidentée, les forêts, les réserves animalières protégées et le fleuve, le passage d’individus mal intentionnés ne peut pas être totalement maitrisé par les forces de défense et de sécurité. Ce qui n’exclut pas également la probable présence de sentiers que pourraient emprunter ces individus malveillants (…) Sur le plan des échanges économiques, le marché de Cinkansé constitue un grand carrefour commercial entre les populations des quatre pays. On y vend et y achète du tout. Ces imbrications économiques facilitent les ramifications et le tissage des réseaux de tout acabit, capables de déjouer tout contrôle douanier (…) En outre, avec l’intensité de l’opération Otapoanou que mènent les forces armées nationales, depuis début mars, il y a probablement des replis de la nébuleuse sur les territoires voisins, comme bases arrières. Pour l’heure, plusieurs bases terroristes de l’Est ont été démolies et plusieurs leaders combattants sont en cavale à la recherche de refuges. Ce qui pourrait supposer que ceux-ci peuvent se fondre dans la masse, en attendant de définir d’autres stratégies d’attaque, élire un chef et élaborer des mots d’ordre ou faire de nouvelles recrues. Cette tactique se confirme au Mali et un peu partout. Lorsqu’ils se sentent menacés à cause de la pression des forces armées nationales, les terroristes s’éparpillent et fuient vers d’autres pays », écrivait le confrère burkinabé lefaso.net, et de convier les autorités béninoises, ghanéennes et togolaises à « se lever tôt ».

Les services de sécurité togolais n’ayant pas véritablement l’expertise requise en matière de terrorisme, au contraire de leurs confrères burkinabé, maliens, nigérians et autres confrontés réellement à ce fléau depuis plusieurs années, il va sans dire que seule la coopération ou l’action collégiale pourrait aider à venir à bout du terrorisme. Au regard de la complexité de la lutte contre ce fléau, c’est elle qui a plus de chances d’être efficace…

 

Tino Kossi
 
source : Liberté
 

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