Tavio Amorin, l’espoir assassiné d’une jeunesse trop opprimée

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Très jeunes  nous fûmes en ces années-là et Tavio Amorin, la trentaine dépassée  était un modèle pour nous tous. Premier Secrétaire du Parti Socialiste Panafricain (PSP), il était  l’ami, le frère et le combattant. Un homme courageux qui ne recule devant rien. Il était respecté pour son franc-parler et sa seule volonté était le combat d’idées et vaincre par les mots. Plein de fougue, l’ancien élève au Collège Saint Joseph à Lomé voulait tourner le dos aux vieilles formules et inventer le futur en faveur d’une jeunesse  trop opprimée.

Le terrible coup du sort

Le soir du jeudi 23 juillet 1992 comme si c’était hier ! Tavio Ayao Amorin, également co-fondateur du Mouvement Patriotique du 05 octobre (MO5), sortait d’une réunion du Collectif de l’Opposition Démocratique (COD2) dont il était le Secrétaire général. Le jeune leader politique décida d’aller rendre visite à une parente à Tokoin-Gbonvié, un quartier Nord de la ville de Lomé. A peine arrivé, il y sera mortellement agressé par deux sinistres individus. Tapis dans l’ombre, ceux-ci l’interpellent avant de tirer sur lui à bout portant.

Aussitôt leur forfait accompli, les assassins laisseront involontairement leur signature : un ensemble d’armes et de munitions retrouvés sur les lieux ; un pistolet de calibre 9 mm, portant le numéro B 85502 de marque française, un revolver Smith & Wesson 357 magnum portant le numéro de barillet 921 43 692 avec son étui AJZ 5370 modèle 2C 7566, des accessoires, des grenades, une paire de menottes et une carte professionnelle au nom de Kossi Karéwé, un gardien de la paix, né en 1967 à Pya dans la Région de la Kozah. L’autre assassin sera identifié comme étant le Sous- brigadier Yodolou Boukpessi.

Mortellement blessé à l’abdomen et à la jambe, Tavio Amorin sera d’abord transporté au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Lomé–Tokoin. Vu son état critique, il sera transféré par avion sanitaire à l’hôpital Saint-Antoine de Paris en France.

La jeunesse togolaise éprise de liberté avait nourri toutes les espérances de le revoir vivant. Mais malgré les efforts des spécialistes pour sauver le leader du PSP, il succomba le 29 juillet 1992 à peine 34 ans. Il sera inhumé le 20 août 1992 au cimetière de la Plage à Lomé et sa tombe scellée. Depuis lors, cette jeunesse se cherche un leader pour la conduire sur les rives de la liberté.

© Ekoué Satchivi

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