Togo avenir : ça dépend de moi, de toi et de nous tous.

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Je m’appelle FORSON Kue, je suis chef d’entreprise en France, diplĂŽmĂ© en sciences Ă©conomiques et gestion des entreprises et en Management. Citoyen togolais intervenant souvent dans les mĂ©dias internationaux et locaux pour donner mon point de vue sur la situation sociopolitique du Togo. Pour donner suite aux recommandations de la CEDEAO, le 31 juillet 2018  je souhaite attirer l’attention de tout mes compatriotes Togolais de l’intĂ©rieur et de la Diaspora sur la nĂ©cessitĂ© de changer de paradigme d’analyse pour construire ensemble notre mĂšre patrie le Togo.
Aujourd’hui, il est impĂ©rieux que chaque Togolaise et chaque Togolais poursuivent ces efforts nobles, la main dans la main, sans reculer devant les difficultĂ©s et les sacrifices afin de bĂątir un Togo uni, solidaire et prospĂšre. Pour les gĂ©nĂ©rations prĂ©sentes et futures. Nous avons l’impĂ©rieux devoir.
Mais quand le pays se trouve Ă  ce point contrariĂ© dans ses aspirations, un manque de volontĂ©, une sorte de faiblesse se rĂ©pand dans l’esprit public, la nation devient malheureuse. Rien n’est donc plus urgent que de faire le travail de rappel de ce nous sommes, au plus profond pour nous rĂ©concilier avec nous-mĂȘmes et avec notre vocation.
Pour agir, il y a d’abord une question de mĂ©thode : mĂ©thode de dĂ©mocratie et mĂ©thode de gouvernement.
Je ne crois pas aux dĂ©cisions brutales. Je ne crois pas qu’on chamboule un pays de fond en comble. Il faut entraĂźner un pays, lui faire partager les grands choix et pour l’entraĂźner il faut le rassurer et le convaincre. C’est avec un peuple que l’on gouverne.
Et non pas contre lui ni sans lui.
En tout cas, cela est devenu une loi au temps de l’information continue et internet.
Pour entraĂźner, encore faut-il partager un diagnostic et avoir une feuille de route.
L’Ă©nergie ne pourra se retrouver que dans un climat nouveau de confiance, confiance au terrain, confiance aux acteurs, individuels, en entreprise ou en association.
Pour le Togo, il y a un gisement d’Ă©nergie oĂč il retrouvera son rayonnement.
Ainsi le sens de notre lutte doit se comprendre de la maniĂšre suivante : tout en souscrivant Ă  la possibilitĂ© d’une alternance politique, nous devons avant tout rechercher Ă  dĂ©velopper une vĂ©ritable culture dĂ©mocratique, en intĂ©grant les valeurs rĂ©publicaines dans nos mƓurs politiques ; nous pouvons alors parvenir Ă  l’alternance, sans effusion de sang. Ainsi orientĂ©, le dĂ©bat politique revĂȘt un tout autre sens et mobilise les forces nationales autour de ce concepts concrets et prĂ©cis. L’acharnement contre certaines personnalitĂ©s politiques, du seul fait de leur origine ethnique ou sociale, est dĂ©vastateur et suicidaire. Accuser des acteurs politiques de trahison, parce qu’ils se concertent avec d’autres responsables Ă  tort comme des ennemis Ă  abattre, est contraire aux valeurs que je dĂ©fends. La luciditĂ© intellectuelle, la sĂ©rĂ©nitĂ© Ă©motionnelle et la recherche de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral permettent de transcender ces tares ; ces qualitĂ©s illuminent la pensĂ©e, facilitent une vision claire des faits et guident les dĂ©cisions de l’homme d’action.

  1. Ma Conviction

Je suis convaincu que notre pays ne peut se tenir debout, avancer avec courage, si nous ne savons pas d’oĂč nous venons. La transmission est au cƓur de notre nation. C’est ce qui permettra Ă  chacun de savoir d’oĂč il vient et oĂč il va dans ce monde contemporain ou tout s’accĂ©lĂšre et oĂč les repĂšres se brouillent pour le meilleur, mais aussi pour le pire.
Tant que l’on n’a pas acceptĂ© d’apprendre de ce que d’autres eux-mĂȘmes ont appris avant nous. On ne construit pas le Togo, ne se projette pas en lui, si on ne s’inscrit pas dans son histoire, sa culture, ses racines et ses figures : SYLVANUS OLYMPIO, NICOLAS GRUNISKY, GNASSINGBE EYADEMA, EDEM KODJO, AGBOYIBOR, GNININVI, DJOBO BOUKARI, SAMA KOFFI, KORTO, ZARIFOU AYEVA, TAVIO AMORIN, BONIN ANDOCH, COLONEL KOFFI KONGO, COLONEL TEPE, KOFFIGOH JOSEPH, GENERAL AMEYI, GENERAL TIDJANI, COLONEL DJAOU NARCISSE, BOB AKITANI, et tous les autres.
 
Le Togo est un bloc. On ne peut pas Ă  la fois vouloir ĂȘtre Togolais et faire rase du passĂ©. Notre histoire et notre culture, tout ce que les gĂ©nĂ©rations prĂ©cĂ©dentes ont Ă  nous transmettre, constituent notre socle commun.
Notre culture est ce qui nous rassemble. Elle nous lie, elle ne doit pas ĂȘtre Ă©litiste au contraire. Cet hĂ©ritage est notre arme contre la division, c’est notre arme contre la radicalisation de tout genre, c’est notre arme contre la rĂ©signation.
Mais transmettre notre culture, nos Ă©motions, nos Ă©merveillements, c’est un peu plus que cela encore. C’est retrouver le sel de notre vie ensemble. Il revient Ă  la nouvelle gĂ©nĂ©ration de donner un sens Ă  la vie dans notre pays le Togo. La politique doit porter les valeurs qui sont les nĂŽtres telles que le Travail, la LibertĂ© et l’Amour de la patrie.
Au Togo, notre chĂšre nation des vies sont ruinĂ©es au nom de la politique. Il faut que cela change. Il faut de l’imagination pour refonder la nation Togolaise, une volontĂ© continue et de la patience. Il nous faut le goĂ»t de vivre autrement dans l’avenir et de nous rĂ©concilier avec nous-mĂȘmes et notre nation Ă  tous Ă©gard.
 
Nous devons mobiliser la sociĂ©tĂ© civile tout entiĂšre, la diaspora dans tout son ensemble, toute la classe politique autour d’un projet fondĂ© sur la confiance.
Si cette confiance est trahie, il faut que les sanctions tombent et qu’elles soient dures.
 
Rien ne serait pire au contraire que d’enfermer a priori dans le soupçon des pans entiers de la population Togolaise, en rĂ©ponse Ă  la propagande d’une minoritĂ© et aux crimes d’un petit nombre. Le succĂšs viendra plutĂŽt d’une rĂ©conciliation armĂ©e-nation et d’une rĂ©forme des structures et des moyens de la police et des tribunaux avec au prĂ©alable, un examen critique de leurs organisations par la reprĂ©sentation nationale.
 
Comment assurer la sĂ©curitĂ© de chacun dans ce nouveau Togo que nous voulons crĂ©er, cette libertĂ© premiĂšre dont l’Etat de droit est garant ?
L’armĂ©e ne peut ĂȘtre qu’un ultime recours. Elle n’est pas la modalitĂ© naturelle d’encadrement de la jeunesse ni une force de maintien de l’ordre sur le territoire. Sa finalitĂ© est le combat. Reste que l’armĂ©e n’est pas faite pour supplĂ©er aux carences du dispositif national de sĂ©curitĂ©, ni aux dĂ©fauts de notre systĂšme Ă©ducatif. Les missions des armĂ©es peuvent ĂȘtre ponctuellement Ă©tendues.
 

  1. EDUCATION

Je parle d’une Ă©ducation positive ou Ă©clairĂ©e : on n’est intelligent qu’à plusieurs. Albert Einstein
“Que dĂ©sirez-vous le plus pour vos enfants ?”
En majoritĂ© nous allons dire : le bonheur, la confiance en soi, la joie, l’épanouissement, l’équilibre, la gentillesse, la santĂ©, la satisfaction, l’amour, une conduite Ă©quilibrĂ©e et une vie pleine de sens. Pour rĂ©sumer le bien ĂȘtre arrive en tĂȘte de ce que nous souhaitons tous Ă  nos enfants.
“Qu’enseigne-t-on Ă  l’école ?”
La capacitĂ© de rĂ©flexion, la capacitĂ© Ă  s’adapter Ă  un moule, les compĂ©tences en langues, et en mathĂ©matiques, le sens du travail, l’habitude de passer des examens, la discipline et la rĂ©ussite.
Je veux une Ă©ducation Ă©clairĂ©e ou positive pour nos enfants. Elle consiste Ă  apprendre Ă  chaque Ă©lĂšve Ă  devenir un meilleur ĂȘtre humain.
L’intelligence, pour importante qu’elle soit, ne reste qu’un outil qui peut ĂȘtre utilisĂ© pour le bien comme pour le mal. L’usage que nous ferons de notre intelligence dĂ©pend en fait entiĂšrement des valeurs humaines qui inspirent notre existence. Mais ce faisant l’éducation moderne, trop souvent centrĂ©e sur la rĂ©ussite, l’individualisme et la compĂ©tition, n’offre guĂšre de moyens permettant d’apprĂ©cier l’importance des valeurs humaines.
L’éducation ne se rĂ©sume pas Ă  transmettre le savoir et les compĂ©tences permettant d’atteindre des buts limitĂ©s. Elle consiste aussi Ă  ouvrir les yeux de nos enfants sur les droits et les besoins des autres. Il nous incombe de les amener Ă  comprendre que leurs actions ont une dimension universelle, et nous devons trouver un moyen de dĂ©velopper leur empathie innĂ©e de maniĂšre qu’ils acquiĂšrent un sentiment de responsabilitĂ© envers leur prochain.
Car c’est cela qui nous pousse Ă  agir. En fait, s’il nous fallait choisir entre la vertu et le savoir, la vertu serait certainement prĂ©fĂ©rable. Le bon cƓur qui en est le fruit est en soi un grand bienfait pour l’humanitĂ©. Ce n’est pas le savoir.
L’école ne peut se contenter de transmettre des savoirs, elle doit aussi enseigner les rĂšgles et les valeurs de la vie dans notre sociĂ©tĂ© Togolaise.
PrĂ©vention de la violence, Ă©ducation Ă  la santĂ© et Ă  la sexualitĂ©, apprentissage de comportements responsables, par exemple autour du thĂšme de la sĂ©curitĂ© routiĂšre, civisme, sont autant de facettes d’une mĂȘme ambition : contribuer Ă  former de futurs adultes et des citoyens responsables.
Cet objectif ne peut ĂȘtre atteint qu’en transmettant Ă  nos jeunes la dimension essentielle du respect et de la connaissance de soi-mĂȘme et autrui, fondements de la vie sociale.
 
 

  1. JEUNESSE

Notre pays ne mobilise pas tout le potentiel de sa jeunesse. Il est urgent qu’il se mette en situation de le faire.
Cela doit ĂȘtre l’une des premiĂšres prioritĂ©s de l’Etat, Ă  qui il revient d’animer une nouvelle politique. C’est Ă©galement un enjeu pour tous les acteurs de la sociĂ©tĂ© : les collectivitĂ©s locales, les partenaires sociaux, les acteurs associatifs, les acteurs du monde scolaire et universitaire, les mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, les mouvements familiaux, les acteurs de la formation professionnelle et les citoyens eux-mĂȘmes. Un cadre d’intervention commun doit ĂȘtre dĂ©fini. Il constitue un projet d’ensemble pour la jeunesse.
Il est nĂ©cessaire que notre pays adopte une politique nationale de la jeunesse Ă  long terme, qui soit fondĂ©e sur un consensus de toutes les forces sociales et politiques du pays, visant Ă  crĂ©er dĂšs maintenant et pour la prochaine gĂ©nĂ©ration, une jeunesse qui soit autonome, solidaire, responsable et engagĂ©e. Une telle politique doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e : elle s’adresse Ă  toutes les organisations de la jeunesse dans le pays et Ă  tous les ministĂšres.
Cette ambition doit avoir pour Ă©pine dorsale la volontĂ© de dĂ©velopper l’autonomie des jeunes, c’est Ă  dire leur capacitĂ© Ă  pouvoir assumer intellectuellement et financiĂšrement leur propre existence tout en contribuant Ă  la dynamique de la sociĂ©tĂ© Togolaise. Les politiques publiques doivent ĂȘtre construites pour renforcer les capacitĂ©s des jeunes Ă  ĂȘtre les acteurs de leur vie dans la sociĂ©tĂ©.
Cette ambition vise Ă  faire des jeunes des citoyens :
1-autonomes, capables de faire des choix et de gérer leur vie sur le plan personnel et sur le plan social ;
2-solidaires, capables d’agir avec les autres et pour eux, de partager leurs prĂ©occupations ;
3-responsables, capables d’assumer leurs propres actes, de tenir leurs engagements, et d’achever ce qu’ils entreprennent ;
4-engagĂ©s, capables de s’affirmer par rapport Ă  des valeurs, une cause ou un idĂ©al et d’agir en consĂ©quence.
 
CONFIANCE ENTRE NOUS TOGOLAIS
Apaiser les tensions au sein de la sociĂ©tĂ© n’est guĂšre plus possible, si les premiers concernĂ©s, les Togolais eux-mĂȘmes, ne sont pas partie prenante. Le remĂšde existe pourtant, et il a toute sa place dans notre nation : LA PARTICIPATION DE TOUS
L’expectative des Togolais provient, en effet, d’un sentiment diffus qu’ils ne peuvent, seuls ou groupĂ©s, influer rĂ©ellement sur leur choix qui les concernent. Instaurer la participation partout oĂč se prennent les dĂ©cisions, constitue l’antidote qui transformera des spectateurs dĂ©sabusĂ©s en citoyens engagĂ©s. Elle concerne le salariĂ© qui doit participer aux grands choix et aux rĂ©sultats de son entreprise. Elle concerne le membre de la communautĂ© citadine ou rurale, qui doit participer aux combats qui concernent son Ă©poque, et son espace de vie (dĂ©fense de l’environnement, Ă©quilibre entre les villes). Elle concerne, enfin l’individu qui appartient Ă  une civilisation en mouvement et qui doit participer Ă  son hĂ©ritage culturel, comme Ă  son devenir.
1- Associer les salariĂ©s Ă  la gestion et Ă  la vie de l’entreprise au Togo
2-Associer les salariés aux résultats
3-CrĂ©ation dans toutes les prĂ©fectures d’un centre de rĂ©flexion et d’action (je l’expliquerai aprĂšs)
4-CrĂ©ation de dispensaires dans tous les quartiers du Togo (soins prioritaires avec l’aide de la diaspora : Ă  expliquer aprĂšs)
5-CrĂ©ation de centres dans toutes les prĂ©fectures pour l’intĂ©gration et suivi des personnes handicapĂ©es Ă  la vie sociale (blessĂ©s, veuves, orphelins etc
)
 
LE TRAVAIL DES FEMMES AU TOGO (Hommage aux femmes Togolaises : MERCI A VOUS)
 
Nombreux seront ceux qui penseront que mettre en pratique les connaissances actuelles sur la santé des enfants est un travail des femmes.
Mais les femmes ont déjà bien du travail.
Dans le monde en dĂ©veloppement, ce sont le plus souvent elles qui produisent la nourriture, qui vendent les produits agricoles, qui vont chercher l’eau, qui ramassent les combustibles, qui nourrissent les animaux, qui dĂ©frichent les champs.
Et lorsqu’elles ont fini de travailler Ă  l’extĂ©rieur, elles rentrent chez elles pour faire du feu, prĂ©parer le repas, nettoyer la maison, faire la lessive, acheter les biens nĂ©cessaires et s’occuper des malades et des personnes ĂągĂ©es.
Elles s’occupent aussi des enfants qu’elles mettent au monde.
Les femmes assument des tĂąches trop nombreuses et trop lourdes.
Le plus grand des dĂ©fis Ă  relever en matiĂšre de communication consiste Ă  faire au Togo (et dans le monde) admettre qu’il est temps Ă  prĂ©sent pour les hommes de tous les pays de participer plus pleinement Ă  la tĂąche qui est Ă  la fois la plus difficile et plus vitale ; celle de protĂ©ger la vie, la santĂ© et la croissance de leurs enfants.
 
Savoir pour mieux vivre ensemble.
Je voudrais dire qu’expatriĂ©, on est comme sur une montagne d’oĂč l’on contemple mieux la vallĂ©e et le paysage environnant. De lĂ , j’ai pu me rendre compte de la profondeur de l’aspiration de notre peuple Ă  la paix et Ă  l’unitĂ© nationale, ainsi que de sa conviction Ă  y parvenir.
A l’étranger, on n’est ni du Nord, ni du Sud, ni de l’Est, ni de l’Ouest ; on est Togolais tout court et fier de l’ĂȘtre.
A l’étranger, on ne se rĂ©jouit jamais des divisions de son peuple ou de sa classe politique, on rĂȘve d’un pays fort, paisible et dĂ©veloppĂ©, positivement engagĂ© pour servir de modĂšle.
Nous sommes en face de défis qui exigent des sacrifices de nous tous.
 
 

  1. NOTRE DESTIN COMMUN

Pour recrĂ©er du Commun, il faut d’abord rappeler qu’il existe un intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral qui dĂ©passe la somme des intĂ©rĂȘts particuliers. C’est aller mĂȘme au-delĂ  du « collectif » : un bien collectif, par exemple l’éducation, est utilisĂ© individuellement par ses bĂ©nĂ©ficiaires ; qui peuvent donc en profiter de maniĂšre inĂ©gale, alors qu’un bien « commun », par exemple la libertĂ©, la dĂ©mocratie, l’environnement, bĂ©nĂ©ficie ipso facto Ă  tous et ne prive personne de s’en servir.
Le Commun, dans une RĂ©publique comme la nĂŽtre, c’est le contraire du populisme. Le Commun nous rappelle ce qui nous unit, et ce que nous avons Ă  perdre. Parler de Commun, c’est aussi lutter contre les discours de fermeture, ne pas leur laisser chercher des boucs Ă©missaires, plus simplement ne pas laisser offrir un programme simple promettant des satisfactions immĂ©diates. RecrĂ©er du Commun n’est pas unifier ni homogĂ©nĂ©iser. C’est reconnaĂźtre, respecter et valoriser la pluralitĂ© et la richesse de l’ensemble des individus qui forment la sociĂ©tĂ© Togolaise. Le Commun suppose le respect et la tolĂ©rance, la libertĂ© de conscience, l’égalitĂ© de toutes et de tous et la laĂŻcitĂ©.
AprĂšs maints rendez-vous manquĂ©s, il est temps pour toutes les filles et tous les fils du Togo tout entier, de se retrouver pour triompher ensemble de ce qui les oppose et sceller Ă  jamais leur destin. Il est temps de repenser l’équilibre entre le peuple et ses gouvernants. Le temps est bien venu de l’action citoyenne et de la refondation morale, spirituelle, politique et socioĂ©conomique du Togo.
Nous devons maĂźtriser notre destin Commun, travailler ensemble pour prĂ©server la biodiversitĂ© ou pour rĂ©pondre du dĂ©rĂšglement climatique, rĂ©sorber le chĂŽmage galopant et former, Ă©duquer et soigner notre population. Nos grands dĂ©fis contemporains sont mondiaux. Les transformations en cours auront des consĂ©quences directes sur nous et nos enfants. Elles produiront, si nous n’agissons pas collectivement des maladies, des conflits dĂ©truiront notre bien Commun le Togo.

  1. NOTRE ENJEU

L’enjeu est de savoir comment notre pays peut se doter de dirigeants publics qui puissent le reprĂ©senter davantage et qui soient Ă  la hauteur du moment. Les Togolais Ă  juste titre, considĂšrent que leurs reprĂ©sentants ne leur ressemblent pas. Pour renouveler la classe politique, le non-cumul du mandat est aussi une voie. Je suis favorable au non-cumul des mandats de parlementaires dans le temps. Le but n’est pas de sanctionner les Ă©lus qui ont de l’expĂ©rience : car la politique, comme tout le reste nĂ©cessite un savoir-faire et des compĂ©tences.
Toutefois, quand la politique n’est plus une mission mais une profession, les responsables politiques ne sont plus des engagĂ©s mais des intĂ©ressĂ©s.
Pour que la politique serre de nouveau les Togolais, je crois plus Ă  l’engagement qu’aux interdits. L’enjeu d’empĂȘcher les Ă©lus de le rester que d’encourager de nouvelles personnes Ă  se lancer en particulier ceux qui ne sont ni fonctionnaires, ni collaborateurs d’élus ou salariĂ©s d’un parti, ni professionnels libĂ©raux. Et c’est pourquoi il faut surtout s’occuper de ce qu’il se passe avant d’ĂȘtre Ă©lu, et travailler directement avec les reprĂ©sentants des salariĂ©s, et des employeurs pour accompagner ceux qui prennent des risques, ceux qui font campagne, ceux qui veulent s’engager pour notre pays.
Une mĂȘme dĂ©connexion de reprĂ©sentation est patente en termes d’ñge, de sexe. Il n’y a clairement pas assez de femmes, de jeunes au Parlement.
Les partis politiques deviennent des machines Ă  distribuer des postes. Le militantisme devient une affaire de professionnels.
Ces nouveaux Ă©lus ou ministres n’ont jamais eu de patrons, de collaborateurs, de clients, d’élĂšves. Ils ont Ă©tĂ© formĂ©s par un parti et ses organisations de jeunes et d’étudiants toutes organisations Ă©minemment respectables et utiles, mais on n’y apprend pas Ă  s’interroger, plutĂŽt Ă  indigner ; pas Ă  travailler des dossiers, mais Ă  organiser des rassemblements ; pas Ă  prendre des dĂ©cisions, mais Ă  rĂ©diger des motions. Le viatique d’une carriĂšre de ce type, c’est de rĂ©ussir quelques coups mĂ©diatiques, de montrer assez de capacitĂ© de communication – ou de nuisance -pour se faire intĂ©grer sur une liste, Ă  l’occasion de la synthĂšse Ă  la proportionnelle des courants. L’économie rĂ©elle n’est pas pour eux un champ d’interrogation ou d’études , mais un inĂ©puisable rĂ©servoir de postures , d’occasions de s’indigner .Quand ils deviennent ministres, il leur faut du temps pour s’habituer Ă  ce qui normalement s’apprend dans la vie Ă  cĂŽtĂ© de la dĂ©libĂ©ration politique :travailler , lire, Ă©crire , compiler , faire l’effort de comprendre des sujets qu’on ne connaĂźt pas ; apprendre Ă  trancher , c’est-Ă -dire produire de la dĂ©cision ;et en attendant , apprendre Ă  se taire . Et l’expĂ©rience de maire ou d’élu rĂ©gional ne saurait leur apporter les compĂ©tences d’une vraie confrontation au travail.
Ces hommes politiques, pour la plupart, ne voyagent pas ; ils ne parlent que rarement l’anglais ; ils ne savent rien des rĂ©formes menĂ©es chez les autres.
A cela s’ajoutent trois points essentiels, portant sur la fonction prĂ©sidentielle :

  1. MĂȘme si ce qu’on appelait « souveraineté » ou « prĂ© carré » prĂ©sidentiel s’est considĂ©rablement amenuisĂ©, l’agenda du prĂ©sident de la RĂ©publique reste lourdement prĂ©emptĂ© par la multiplication des rĂ©unions de nouvelles instances de rĂ©gulation politique et Ă©conomique mondiale.
  2. La rĂ©partition des rĂŽles entre prĂ©sident de la rĂ©publique et Premier ministre est brouillé ; le prĂ©sident se mĂȘle trop souvent de dĂ©tails.
  • Le chef de l’Etat Ă  la merci des partis alors qu’il devrait, une fois Ă©lu, non plus ĂȘtre le chef d’un parti mais le reprĂ©sentant de toutes les Togolaises et tous les Togolais, au service de toutes les Togolaises et tous les Togolais, Ă©lecteurs ou non-Ă©lecteurs.

Enfin les partenaires sociaux ne reprĂ©sentent que quelques acteurs de la sociĂ©tĂ©, puisqu’ils ne portent pas les intĂ©rĂȘts des chĂŽmeurs, ni inactifs, ni consommateurs, ni des citoyens. Il convient donc de rendre au Parlement des compĂ©tences injustement dĂ©lĂ©guĂ©s aux partenaires sociaux, en renforçant le rĂŽle de ces derniers dans l’entreprise et en leur donnant tous les moyens pour y ĂȘtre plus reprĂ©sentatifs.

  1. MES PROPOSITIONS
  2. Garantir l’intĂ©gritĂ©
  3. Passer le mandat présidentiel à cinq ans renouvelable 1 fois
  4. Rendre obligatoire une justification dĂ©taillĂ©e des frais de mandat et de l’utilisation de la rĂ©serve parlementaire et contrĂŽler cet usage.
  5. Faire certifier les comptes du Parlement.
  6. Créer une commission de déontologie qui statuerait sur les activités concomitantes au mandat de parlementaire.
  7. Instaurer une paritĂ© hommes-femmes obligatoire Ă  l’AssemblĂ©e nationale.
  8. Limiter Ă  deux dans le temps les mandats pour tous les parlementaires et Ă©lus locaux
  9. Former un gouvernement de confiance avec de nouveaux visages pour rassurer le peuple de la nouvelle dynamique enclenchée 2018 à 2020
  10. Revue de performance annuelle pour toutes les ministres et tous les ministres, les directeurs de cabinets et toutes les directrices et tous les directeurs des sociĂ©tĂ©s d’Etat.
  11. Libération des prisonniers politiques
  12. Créer un CNDT : Conseil National de la Diaspora Togolaise élu pour trois ans non renouvelables.
  13. Création de pÎles de compétitivité et de création de richesses

5.Pour ce qui concerne notre responsabilité.
Nous parlons tous de la paix et de la sĂ©curité ; nous voulons tous vivre libres et en toute quiĂ©tude. Une telle ambiance ne dĂ©coule pas du hasard et ne constitue pas un don gratuit ; c’est au contraire la rĂ©sultante d’un ensemble de comportements responsables ; la volontĂ© dĂ©libĂ©rĂ©e d’accepter et de respecter l’autre ; la capacitĂ© de nous comporter envers autrui comme nous aimons qu’on se comporte envers nous. La dĂ©mocratie est Ă  ce prix, la dĂ©crispation du climat social aussi.
Apprenons Ă  Ă©couter l’autre, pour nous informer. Mais au mĂȘme moment, faisons appel Ă  notre esprit critique, essayons de tout analyser, de dĂ©mĂȘler le vrai du faux et de dĂ©terminer en quoi des discours peuvent proposer ou non des solutions rĂ©alistes Ă  l’ensemble des problĂšmes auxquels notre pays est confrontĂ©.
Avant de poser, un acte, essayons par exemple d’envisager la rĂ©action de nos amis ou nos interlocuteurs surtout quand ceux-ci ne sont pas de la mĂȘme sensibilitĂ© que nous. Dans ce sens, ne perdons pas de vue que toute action dĂ©libĂ©rĂ©e de provocation et de violence en appelle d’autres, de mĂȘme nature, d’amplitude parfois et mĂȘme souvent plus grande et dĂ©clenche une logique infernale de destructions avec tout le cortĂšge de souffrances et de rancƓurs, que l’on peut aisĂ©ment imaginer.
Devenons donc plus raisonnables, plus responsables et plus courageux chers compatriotes afin que, dans une communion de pensĂ©e et dans un mĂȘme Ă©lan patriotique, nous puissions mettre en commun notre force et nos compĂ©tences pour que le Togo demain soit meilleur et prospĂšre.
 
Mr FORSON KUE
Analyste Politique et chef d’entreprise-France

 

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